Humanité

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Pour les articles homonymes, voir Humanité (homonymie). 

Schéma d'un représentant de l'Humanité formant partie du message d'Arecibo transmis en 1974. L'élément sur sa gauche la taille moyenne d'un homme : 1764 mm. L'élément sur sa droite correspond à la population humaine (en 1974) encodée en 32 bits soit 4 292 591 583.Schéma d'un représentant de l'Humanité formant partie du message d'Arecibo transmis en 1974. L'élément sur sa gauche la taille moyenne d'un homme : 1764 mm. L'élément sur sa droite correspond à la population humaine (en 1974) encodée en 32 bits soit 4 292 591 583.
Schéma d'un représentant de l'Humanité formant partie du message d'Arecibo transmis en 1974. L'élément sur sa gauche la taille moyenne d'un homme : 1764 mm. L'élément sur sa droite correspond à la population humaine (en 1974) encodée en 32 bits soit 4 292 591 583.

L'humanité est un terme polysémique

  1. Dans un premier sens il désigne l'ensemble des êtres humains : il a une dimension exclusivement descriptive, et est synonyme de Homo sapiens.
  2. Dans un deuxième sens, évaluatif, il insiste sur l'unité constistutive du groupe humain et prend une dimension moral à prétention normative sur les visions tendant à créer une distinction entre ses membres. La source de cette unité constitutive est problématique : le patrimoine génétique, le partage d'une rationnalité, d'un rapport à l'existence, ou encore la reconnaissance mutuelle : dans cette acception l'humanité dispose d'une force expressive qui dépasse le débat du fondement conceptuel. Cette définition est celle qui donne sens au Crime contre l'humanité et trouve un écho dans dans les questions de discriminations.
  3. Enfin dans un troisième sens, également évaluatif, l'humanité designe une prescription proprement comportementale, pour certains relevant d'un modèle existant, mais qui n'est pour d'autres qu'un idéal qui reste à réaliser. Cette définition exprime son sens lorsque les actes réalisés par des hommes sont relevés comme manquant d'humanité, ou encore qualifiés d'"inhumains". C'est dans cet unique acception que prend également sens les jugements populaires selon lesquel certains animaux ont plus d'humanité que certains hommes.

Sommaire

En philosophie

Antiquité

L'idée d'une unité de l'humanité est apparue dans les temps les plus anciens.

En Chine, Confucius (551-479 av J.-C.), contemporain des présocratiques, proposa, dans le climat de décadence du pouvoir central de cette époque, proposent un idéal éthique de l'homme où la vertu est centrale, ainsi qu'un idéal politique (les Entretiens).

Le ren ou jen est la vertu d'humanité, de dignité de l'homme, sens de l'humain et de la sagesse. La Voie Dao est, à côté du ren, le chemin des anciens.

Cet idéal politique se retrouve quelques siècles plus tard en occident, à travers la conscience d'une unité de l'humanité. Par exemple, dans le stoïcisme : « les hommes ne doivent pas se séparer en cités et en peuples ayant chacun leurs lois particulières, car tous les hommes sont des concitoyens » (Plutarque). « Ma patrie, c'est le monde » (Sénèque).

Moyen Âge

Il faut noter au Moyen Âge l'intégration des concepts de métaphysique en occident (Thomas d'Aquin), à partir des échanges qui eurent lieu avec la civilisation arabo-musulmane. Cette possibilité a résulté d'une similitude d'approche entre les grandes religions sur des concepts fondamentaux de la philosophie antique, celle-ci étant représentée principalement par Aristote sur les questions métaphysiques : substance, être, essence, existence.

Lumières

cette notion de destin collectif a été développée au XVIIIe siècle par les philosophes, à travers les notions de droit naturel.

XIXe siècle

L'idée de destin collectif est contestée au XIXee siècle par Arthur Schopenhauer et Friedrich Nietzsche.

Auguste Comte reprit l'idée d'humanité à travers ce qu'il appela le Grand-Être et la religion de l'humanité (voir positivisme religieux) : cette idéologie fut rapidement déformée par certains de ses successeurs. Par exemple, Charles Maurras s'inspira de la synthèse subjective d'Auguste Comte (1854), et réduisit le Grand-Être à la nation. Il introduisit les formes modernes de nationalisme en France, et inspira de nombreux mouvements politiques, quelquefois extrêmistes.

XXe siècle

Henri de Lubac critiqua les conceptions humanistes du XIXe siècle (le Drame de l'humanisme athée, 1942).

Les progrès techniques vont provoquer des changements imprévisibles dans la définition de ce qu'est l'« être humain », notamment des actions sur la génétique et des cyborgs. Par exemple, l'écrivain de science-fiction Isaac Asimov a énoncé les trois lois de la robotique pour encadrer les pouvoirs délégués aux robots, et s'est interrogé dans plusieurs de ses romans sur ce qui ferait d'un robot un membre de l'humanité.

La notion d'humanité a donné la notion de solidarité étendue à toute l'humanité, souvent résumée par le mot « humanitaire ».

L'humanité est donc l'ensemble des êtres humains, quelles que soient leurs différences, qu'elles soient culturelles, ethniques, religieuses, philosophiques, sexuelles ou autres.

Voir aussi

Humanite