Histoire des Comores
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Peuplé depuis la seconde milieu de la seconde moitié du premier millénaire, les différentes îles des Comores ont suivit une histoire très voisine sans être pour autant commune. C'est la France, puissance coloniale qui unie administrativement les îles. L'histoire des îles se séparent à nouveaux après 1976, après la formation de l'République fédérale islamique des Comores et le maintien de Mayotte sous administration française.
Sommaire |
[] Le peuplement originel
Les premières traces de peuplement datent du VIIIe siècle et sont probablement des bantous provenant de la côte africaine. Ces premiers habitants mirent en place une organisation politique et sociale proprement africaine. Entre le VIIe et le XIIe siècle on suppose que les Austronésiens qui contribuèrent au peuplement de l’île de Madagascar, sont passés par les Comores, mais ne s’y sont pas établis. nitialement, les villages étaient régi par les doyens des familles les plus influantes qui portaient le titre de mafé, mfaume ou mafani à Anjouan ou Mohéli (Mfalume en kiunguja). Ces deux termes désignent les doyens qui sont les chefs des grandes familles ou des villages. Les mafe laissent la place assez rapidement à des Mabedja qui forment une chefferie dirigeante dans chaque village.
[] L’islamisation
L'islam y apparaît au XIe siècle avec l'arrivée d'une population arabo-persane de Chiraz[1], accompagnés de leurs esclaves et introduire l'architecture et la charpente en construisant mosquée et habitation royale. La première mosquée de pierre fut construite à Mayotte en 1566 dans la ville de Chingoni. L’islamisation s’imposa dans toutes les Comores sur la côte, puis beaucoup plus lentement sur les hauteurs; Par la suite, les alliances politiques et matrimoniales des Arabo-Shiraziens avec les chefs comoriens entraînèrent un changement de l'organisation politique et la création de sultanats. L’organisation sociale de ces pseudo—sultanats n’est pas fondamentalement différente des chefferies côtières du continent. Ces îles formaient avec Zanzibar, Pemba, Lamou... et les villes de la côte kenyane et tanzanienne une unité de culture swahilie prospère et de renommée, vivant du commerce d'esclaves, de l'ivoire et d'autres marchandises africaines destinées aux marchés orientaux.
En 1506, une flotte d'arabo-Shirazi commandée par Mohamed ben Haïssa aborde l’archipel et en bouleverse la vie économique et sociale. Dès lors, des manuscrits en caractères arabes, notent l'arabe, le comorien ou le swahili, et permettent de reconstituer les généalogies des clans et des sultanats, au demeurant particulièrement complexes. Par la subjugation et par le jeux d'alliances, ils contribuèrent ainsi à l'établissement de nouveaux lignages matrimoniaux, surtout à la Grande Comore et à l’île d’Anjouan. Durant cette époque, le pouvoir est aux mains des nombreux sultans locaux dit batailleur[2]. Finalement Anjouan, qu'on dit la plus arabe des îles, fini par prendre controle, peu ou prou, de Mohéli.
[] structure sociale
Les systèmes issues de cette union superpose des coutumes africaines et arabo-musulmanes n'étaient pas à même de fournir au détenteur du pouvoir les moyen de controler de grande surface. Ainsi à la Grande Comore, existera plusieurs sultanats dirigés par différents sultans qui accordent une importance honorifique à l’un d’entre eux, le sultan Tibé. A Anjouan, trois lignages royaux implantés dans les trois principales villes (Mutsamudu, Ouani et Domoni) se partagent le pouvoir.
Dans un tel système, doit tenir compte des avis d’un Grand Conseil (Mandjelissa) qui réunit les principaux grands notables. Le sultan est aussi secondé par des vizirs qui sont des relais du pouvoir dans certaines régions. On trouve aussi sur le plan local d’autres agents administratifs: naïb (assimilables à des chefs de canton), chef de la police, collecteurs d’impôts, chefs de village (nommés par le sultan) et chefs religieux. C’est de cette époque que datent les documents écrits et les manuscrits en langue arabe, en swahili ou en comorien, le tout présenté en alphabet arabe.
[] Les invasions Malgaches
A partir du XVIe siècle, les malgaches Sakalavas effectuent des raides dans les îles et rafles des esclaves. La comoriens étaient eux même esclavagiste, traficant pour le mode arabe et européen. Les malgaches finissent par s'installer dans les îles et plus fermement à Mayotte. On parle encore malgache à Mayotte pour cette raisons.
Durant cette période, par l'exploration systématique de toute cette région, les Portugais abordèrent les îles de la Lune (K'm'r en arabe signifie lune) en 1505. En 1529, les Français, par l'intermédiaire d'un frère de Parmentier, visitèrent ces îles ainsi que la côte nord de Madagascar. Ces îles forment pendant plusieurs siècles une escale sur la côte est de l'afrique pour les européens et les pirates (voir Combat d'Anjouan). La Relation entre ces européens et les souverains locaux était un rapport de force. Une tradition rapporte ainsi qu'un chef de la Grande Comore fut obligé de se soustraire à la tyrannie des Portugais par la fuite, en se réfugiant avec une partie des siens à Mayotte. Anjouan est soumise, elle, à un seul pouvoir durant cette décennie.
Au XVIIe siècle, l’archipel devient un point de relâche pour les navires européens, Hollandais, Anglais ou Français, en route pour le Golfe Persique, les Indes ou l’Extrême-Orient. Anjouan devient également populaire pour les pirates et corsaires qui pillent les navires occidentaux qui doivent passer le Cap de Bonne Espérance. La Combat d'Anjouan fait référence à ces événements.
A partir d'une date inconnue, Mohéli s'est trouvée soumise au sultanat d'Anjouan jusqu'en 1830. En 1830, des migrants de Madagascar conduits par Ramanetaka, qui plus tard changea son nom en Abderemane, prirent l'île et établirent le sultanat de Mohéli.
Ces raides, restés dans les récits populaires, ont eux lieu jusq'au XVIIIe siècle. Des chiffres précisent les envahisseurs a plusieurs dizaines de miliers d'homme. Domoni sur Anjouan est détruite en 1780. Ces raides furent facilités par le fait que les îles n'ont pas eu ou (sauf pour Anjouan) de pouvoir central fort.
[] La main mise coloniale

Le sultan d'Anjouan Abdallah Ier se rend, en 1816, sur l’île Bourbon pour solliciter la protection de Louis XVIII. La divisions internes et la menace malgache ont permis aux puissance coloniales (France, Portugal, Angleterre, l'Allemagne qui rivalisaient pour imposer leur hégémonie dans cette zone stratégique qui controle le commerce vers l'Orient) d'intervenir dans les affaires politiques des souverains locaux. Le 25 avril 1841, suite à la signature d'un traité, Mayotte devient protectorat français et le sultan Adrian Tsouli, qui avait conquis l'île 9 ans plut tôt, reçoit, alors qu'il était en train de perdre le pouvoir réel, en compensation une somme d'argent[3] et les paiements des frais de scolarité de ses enfants à La Réunion. La France, trouve avec cet accord, qui constitue une véritable vente forcée pourtant présenté comme un accord commercial, un port stratégiquement important. Le roi Louis-Philippe entérina cette acquisition en 1843. L’esclavage y est aboli dès 1846.
En 1866, la France établit un protectorat sur Anjouan, et utilise même la marine pour s'imposer face au sultan Abdallah. Le 24 juin, le Sultan de Grande Comore qui a réussi à unifier l'île, grâce aux français, accèpte, sous la pression, de passer sous protectorat Français. Il fut ensuite exilé pour ne plus revenir, ses espoirs sur le sultanat de toutes les Comores fuent donc bien déçus. Mohéli est également placée sous protectorat cette même année. Même si les îles gardent une certaine indépendance du fait de la rivalité des grande puissance[4], elles sont bien soumises et les sultans locaux n'ont pas les moyens de s'y opposer. A partir de 1892, Le pouvoir sur les îles des Comores est exercé par les Résidents subordonnés aux gouverneurs de Mayotte, qui peu a peu prirent le pouvoir. Les exploitations coloniales possédaient près de la moitié de la Grande Comore, 40% d'Anjouan, 20% de Mohéli. Les îles deviennent alors colonie de «Mayotte et dépendances». Alors que la main-d'œuvre devenait de plus en plus chère à la Réunion, les Comores, oubliées par l'administration centrale, offraient aux colons et aux sociétés coloniales (comme la Bambao) des perspectives et une main-d'œuvre peu chère dans les plantations de plantes à parfums et de vanille. Durant cette période, les colons dépossédaient entièrement les paysans comoriens de leurs terres, et employaient ceux-ci dans les plantations coloniales à titre d'«engagés». La langue officiel devenant le français, l'enseignement passe de l'arabe au français. L'usage du swahili continuant pour le commerce.
En 1904 le ratachement juridique officiel se fait entre les îles. Il fut suivi, le 9 avril 1908, d’un second décret rattachant officieusement Mayotte et ses dépendances à Madagascar.
[] Le ratachement à Madacascar
Après plusieurs exactions et abus, désirant néanmoins poursuivre la colonisation, la France est résolue à surveiller les résidents par les Administrateurs de Mayotte. Pour ce faire la colonie de «Mayotte et dépendances» est rattachée par la loi du 25 juillet 1912 à la colonie de Madagascar. Peu à peu, les terres seront rétrocédées aux comoriens. Une révolte importante à lieu en 1915 en Grande Comore. La France envoie des gardes malgaches, puis un détachement de tirailleurs sénégalais, et dans le même temps demande à son administration de s'appuyer sur les notables pour ramener la paix. Peu à peu, le mouvement s'effrite, et l'administration exile certains meneurs. En 1940 à Anjouan, éclate une grève lorsque l'administration fait savoir qu'elle va réquisitionner la main d'oeuvre pour les exploitations coloniales. Des violences éclatent lorsque la grève échoue, les notables finissent par appeler au calme. Du 6 juin 1940 à 1942, l'administration coloniale était exercée par le régime de Vichy. Après 1942 celui ci échu, comme celui de Madagascar, au Royaume Uni jusqu'au 13 octobre 1946.
[] De 1946 à l'indépendance
Les Comores obtinrent en 1946 une autonomie administrative vis à vis de Madagascar et Dzaoudzi fut choisie comme capitale du nouveau territoire. À partir de 1946, les Comores furent représentées directement au Parlement français pour la première fois en tant que tel et acquiert une certaine autonomie administrative grâce notamment à l'action de au député Said Mohamed Cheikh. Les Comores obtiennent également un Conseiller de la République (Jacques Grimaldi), et un Conseiller à l'Union française (Georges Boussenot). Un Conseil général, assemblée locale, est mis en place dans l'archipel pour représenter la population et discuter des problèmes locaux, mais le véritable pouvoir est toujours détenu par l'administrateur supérieur de la République Française. Le 15 juin 1953, plusieurs politiques comoriens osent sans y croire faire une déclaration commune demandant l’indépendance. En 1958, l’Assemblée territoriale des Comores choisit le statut de Territoires d'outre-mer, et en application de la loi-cadre, on crée le Conseil de gouvernement, organe exécutif toujours présidé par l'administrateur supérieur, entouré par des ministres désignés par le Conseil régional. Le poste de vice-président du Conseil de gouvernement, confié à Mohamed Ahmed est symbolique. Certains politiciens reprochent à la France de ne pas traité les Comores comme les autres TOM.
En 1956, en application de la loi-cadre “Deferre“, le Conseil de gouvernement, un organe exécutif, est créé. Présidé par l'administrateur supérieur avec des ministres désignés par le Conseil régional, et un poste de vice-président confié à Mohamed Ahmed purement symbolique.
En 1961, les îles obtinnent une autonomie interne très importante. Saïd Mohammed Cheikh devient Président du Conseil de Gouvernement, le premier personnage du Territoire, avant le haut-commissaire de la République. C'est à un autochtone, premier élu sur une liste présentée à l'assemblée locale de 31 membres, à qui revient la charge de présider le Conseil de gouvernement. Si l'éducation est très lagement négligée depuis le début de la colonisation, on ouvre cependant le premier lycée en 1963 à Moroni; un second suivra à Mutsamudu en 1970. Il s'efforce de faire élargir les compétences territoriales, surtout à partir de 1968. Cette période d'autonomie est marquée par un certain développement économique et social. Le réseau routier commence à être bitumé et les politiciens les plus autonomistes, après les événement de 1968 réclament l'indépendance ce qui aboutit au "Accords de juin 1973". En 1966, Saïd Mohamed Cheick fera transférer la capitale des Comores de Dzaoudzi à Moroni, ce qui provoquera la méfiance des élus de Mayotte envers les indépendantistes.
[] La déclaration d'indépendance
Après les indépendances africaine des années 1960 des pays africains, un certain nombre d'intellectuels, grands Comoriens, pour la plupart, largement influencés par les idées zanzibarites, commencèrent à réclamer l'indépendance. D'un commun accord, dans un objectif d'indépendance concerté, la France proposa un référendum en 1973. En décembre 1974, Mayotte ne s'exprime pas comme les trois autres îles (à 65% pour le maintien contre 95% contre le maintien[5]. Plusieurs explications sont données pour expliquer ce choix :
- La craintes des anjouanais de se sentir marjinalisé dans un système politique dominé par la Grande Comore
- La crainte de voir le droit des femmes diminuées, épisode des mamies chatouilleuses
- La population est à près de 50% d'orgine malgache, utilisant le malgache comme langue première, et pour cette population relativement moins islamisé (pratique animiste sakalave).
La France quand a elle, estime que stratégiquement important de garder pied sur une de ces l'îles pour controler le canal du Mozambique. Une unité de la légion étrangère continu a y être stationnée.
Devant la volonté de la France de traité Mayotte d'une façon particulière, l'indépendance fut déclarée unilatéralement par la République Fédérale Islamique des Comores, le 6 juillet 1975, par la voix de l'anjouanais Ahmed Abdallah. En 1976 un autre référendum confirme le vote de Mayotte. Les périodes historiques suivantes qui divergent d'une façon importante, sont relatées dans l'histoire des Comores et l'Histoire de Mayotte
[] Notes
- ↑ La chronique de Kilwa, un sultanat formé en 975 et dirigé par un prine perse de Chiraz, fait remonter la venue des premiers Arabo-Shirazi au XIe siècle à Anjouan
- ↑ titre d’un ouvrage d'Urbain FAUREC publié en 1942
- ↑ 5000 Francs de l'époque
- ↑ en 1890, un accord de partage l’île de Zanzibar pour le Royaume-Uni et les Comores et Madagascar pour la France
- ↑ Ministère de l'Outre Mer (Mayotte))
[] Voir aussi
[] Lien interne
[] Voir aussi
- Tarehi
- site portail perso sur l'histoire des Comores
- (en) worldstatesmen
- Comoram sur l'Histoire des Comores
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