Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon (Turenne)

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TurenneTurenne

Henri de la Tour d'Auvergne-Bouillon, vicomte de Turenne, généralement connu sous le nom Turenne (Sedan, 11 septembre 1611 - Sasbach, 27 juillet 1675), il est nommé maréchal de France en 1643 et maréchal général des camps et armées du roi en 1660.

Petit-fils par sa mère de Guillaume le Taciturne, né au château de Sedan , il est l'un des meilleurs généraux de Louis XIII puis Louis XIV. Protestant, il se convertit sous l'influence de Bossuet, et la pression royale, et accède aux plus hautes dignités : il est fait prince étranger en 1651, maréchal de France et maréchal général.

Pendant la Guerre de Trente Ans il a participé aux batailles de Fribourg (1644) et Nördlingen (1645), avec Condé. D'abord proche des Frondeurs en 1648, il se rallie à Mazarin et devient le chef des armées royales. En 1658, il bat Condé et les espagnols à la Bataille des Dunes (Dunkerque). Durant la guerre de Hollande, battu par les Impériaux de Montecuccoli, il est obligé de repasser le Rhin en 1673. Il prend sa revanche en juin 1674 à la bataille de Sinzheim, où il empêche la jonction des deux armées ennemies et ravage le Palatinat.

Il vainc à nouveau les Impériaux en Alsace à la bataille d’Entzheim en octobre 1674, mais, devant la disproportion des forces, il se replie sur Saverne et Haguenau, laissant les Allemands prendre leurs quartiers d’hiver en Alsace. Contrairement à tous les usages militaires du temps, il n’hésite pas à attaquer en plein hiver, fond sur Belfort le 27 décembre 1674, entre dans Mulhouse le 29.

Les impériaux sont basés à Turckheim, dans une vallée des Vosges (côté Alsace). Sa stratégie consiste à surprendre l'ennemi en attaquant par la montagne. Il monte au-dessus de la ville de Thann, passe à côté du château de l'Engelburg (qui n'a pas encore été détruit par Louis XIV), et établit son camp à l'endroit encore dénommé aujourd'hui « camp Turenne ». Puis son armée longe la crête et, arrivée au-dessus du camp adverse le 5 janvier 1675, déboule dans la vallée et prend l'adversaire par surprise : il y a très peu de victimes et l'adversaire est mis en fuite.

Les Impériaux sont contraints de battre en retraite et de repasser le Rhin. Louis XIV donne de nouveau à Turenne le commandement de la campagne de 1675, où il se trouve de nouveau face à son vieil adversaire, Montecuccoli. Pendant deux mois, tous deux déploient leurs plus beaux dons de manœuvriers ; mais, enfin, Turenne se voit sur le point d’amener son adversaire sur les positions qu’il juge souhaitables pour une bataille décisive, lorsqu’il est tué peu après par un boulet, lors de la bataille de Sasbach contre Montecuccoli. Ce dernier, qui commande les troupes autrichiennes, se serait alors écrié : « Il est mort aujourd'hui un homme qui faisait honneur à l'homme ! ».

La bataille de Turckheim est un modèle du genre :

  • Information plusieurs jours à l'avance sur la viabilité du terrain,
  • Préparation de la marche d'approche,
  • Surprise (froid, arrivée par la montagne), etc.

Louis XIV accordera à Turenne l'honneur posthume d'être enseveli à la basilique Saint-Denis, avec les rois de France. Le tombeau de Turenne fut profané pendant la Terreur (Révolution), en octobre 1793.

Napoléon 1er transfèrera sa dépouille à l'église Saint-Louis des Invalides, nécropole des gloires militaires de la France.

Napoléon s'est inspiré 130 ans plus tard de la tactique d'arrivée par surprise de Turenne, notamment à Austerlitz.

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