Gravitation
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La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.
Sommaire |
[] Interprétation prérelativiste
Pour la physique prérelativiste, la gravitation explique l'attraction mutuelle entre tous les corps ayant une masse. Elle est régie par une loi établie par Isaac Newton en 1687. Le phénomène de gravitation se traduit donc par une force, au sens de la mécanique newtonienne. On peut déduire de la formule que :
- plus un corps a une masse importante, plus il exercera une attraction sur un autre corps ;
- plus les objets sont éloignés moins ils s'attirent ;
- l'accélération que subit un objet à cause de la gravitation est indépendante de sa masse.
On constate aussi que cette formule est compatible avec le principe des actions réciproques.
Cette loi est bien vérifiée expérimentalement. D'un point de vue de technique, elle suffit à faire voler des objets plus lourds que l'air ou pour envoyer des hommes sur la Lune. Elle est considérée aujourd'hui comme une très bonne approximation de la théorie relativiste de la gravitation, suffisante lorsque les vitesses considérées sont très petites devant la vitesse de la lumière ou lorsque la gravitation est voisine de celle de la Terre. Elle ne s'applique plus aussi bien à un couple comme celui de Mercure et du Soleil, où l'espace-temps est davantage déformé.
[] Définition
Attraction universelle, qui s’exerce entre les corps ; plus un corps est massif, plus sa force d’attraction est forte.
[] Formule
La gravitation newtonienne s'exprime selon la formule :
étant la force gravitationnelle exercée par le corps 1 sur le corps 2 (en newton ou m·kg·s-2) ;- G, la constante gravitationnelle, qui vaut 6,6742×10-11 N·m2·kg-2 (ou m3·kg-1·s-2) (l'incertitude sur cette constante est cependant très élevée : 1 500 ppm, soit une incertitude de
0,0010×10-11 N·m2·kg-2) ; - m1 et m2, les masses des deux corps en présence (en kilogrammes) ;
- d, la distance entre les 2 corps (en mètres) ;
est un vecteur unitaire dirigé du corps 1 vers le corps 2 ;- le signe - indique que le corps 2 est attiré par le corps 1 ; d'après la troisième loi de Newton on a
.
[] Approche relativiste
À partir de 1915, Albert Einstein donnera une autre vision de la gravitation dans sa théorie de la Relativité générale. La gravitation n'est plus une force mais la manifestation d'une déformation de l'espace par les corps massifs qui y sont plongés.
Ce qui avait intrigué Einstein, et même Galilée et Newton, dans l'interprétation mécanique de la gravitation, est ce que Einstein posera comme principe de base, à savoir le principe d'équivalence : tous les objets, quelle que soit leur masse, accélèrent de la même façon sous l'effet de leur poids. Or, cela implique qu'un objet deux fois plus massif est toujours attiré deux fois plus fort, indépendamment de sa composition.
Pour bien comprendre le problème posé par l'interprétation mécanique de la gravitation, il suffit de comparer cette force à d'autres forces de même nature. Si vous devez pousser ou tirer un petit chariot ayant une masse de 50 kg et qu'une autre personne à côté de vous en pousse un autre ayant une masse de 10 kg, il est évident que pour aller à la même vitesse, vous devrez exercer sur votre chariot une force 5 fois plus importante que celle de l'autre personne. Les deux chariots vont alors à la même vitesse, ainsi en est-il des objets pesants qui tombent à la même vitesse quelque soient leurs masses respectives et leur composition. Mais si dans le cas des chariots, ceux-ci vont à la même vitesse, c'est parce des êtres humains doués de raison, appliquent respectivement une force appropriée à chacun des chariots pour que leur vitesse soit identique. Alors qu'en est-il de la gravitation qui parvient au même résultat ? Serait-elle douée de raison elle aussi ? D'où l'étrangeté de cette force « intelligente » et qui intrigua Newton.
Einstein exprime le problème en remarquant qu'on peut distinguer deux concepts de masse :
- la masse « gravitationnelle », qui correspond à la force d'attraction exercée par un corps (cette force étant proportionnelle à cette masse), force qu'on peut traduire, de façon imagée, en une pente dans l'espace-temps induite par la présence d'un corps, et qui fait descendre les autres corps vers lui ;
- la masse « inerte » ou « inertie », qui correspond à la réaction d'un corps à n'importe quelle force, l'accélération acquise sous l'effet d'une force quelconque étant inversement proportionnelle à cette inertie.
A priori, ces deux concepts sont différents et leur rapport devrait varier selon les corps, un peu comme masse et volume ont des rapports très variés. Or une balle de plume de 1 g et une balle de plomb de 1 g, soumises à la même force gravitationnelle, tombent de manière identique dans le vide (célèbre expérience du tube de Newton). Ce qui relève d'une relation fondamentale qu'exprime justement la relativité générale.
[] Voir aussi
- Eplastophème
- Gravité
- Histoire de la gravitation au XVIIe siècle
- loi universelle de la gravitation
- Masse de la Terre
- Figure de la Terre et gravitation universelle
| Les quatre Forces fondamentales en Physique | |
|---|---|
| Force gravitationnelle | Force électromagnétique | Interaction forte | Interaction faible | |
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