Euskadi ta Askatasuna

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Logo de l'ETALogo de l'ETA
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L'ETA (sigle de Euskadi ta Askatasuna, Pays basque et liberté en basque) est une organisation armée clandestine indépendantiste basque d'orientation socialiste et agissant par le terrorisme.

L'ETA veut obtenir par la lutte armée l'autodétermination des régions suivantes: la Biscaye (Bizkaia en basque), l'Alava (Araba), le Guipuzcoa (Gipuzkoa) et la Navarre (Nafarroa) actuellement espagnoles, ainsi que le Labourd (Lapurdi), la Soule (Xiberoa/Zuberoa) et la Basse-Navarre (Nafarroa Beherea) actuellement françaises.

Sommaire

[] Histoire

Sa création remonte au 31 juillet 1959. Elle jouit à ses débuts d'une grande popularité, non seulement au Pays basque, mais aussi dans le reste de l'Espagne.

Eusko gudariak gara Euskadi askatzeko gerturik daukagu odola bere aldez emateko
« Nous sommes des défenseurs basques pour libérer Euskadi ; généreux, c'est notre sang que nous versons pour elle »

En 1962 a lieu sa première assemblée, dans laquelle elle est définie comme une « organisation clandestine révolutionnaire ». En 1965 commencent les attaques à main armée et l'encaissement de l'impôt révolutionnaire. Le 7 juin 1968, le policier José Pardines Arcay est abattu, c'est le premier meurtre etarra. L'auteur, Txabi Etxebarrieta, est abattu par la police. Le 2 août, en représailles, le commissaire Melitón Manzanas est à son tour abattu devant la porte d'entrée de son domicile.

L'attentat qui tua en 1973 Luis Carrero Blanco, chef du gouvernement et successeur présumé du dictateur Franco, eut un rôle dans la fin du régime franquiste.

À partir de 1974, l'accroissement des attentats de plus en plus indiscriminés aboutit à la scission d'ETA en deux branches, l'une dite « ETA militaire » composée en grande partie d'exilés vivant au Pays basque français qui privilégient le terrorisme, l'autre « ETA politico-militaire » composée principalement de militants vivant au Pays basque espagnol et qui donnent de l'importance aux actions politiques, sans renoncer au terrorisme.

En 1976 les « poli-milis » privilégient la voie politique, subordonnant la voie militaire à celle-ci ; et participent à la création de la coalition nationaliste de gauche Euskadiko Ezkerra (« gauche basque »).

En 1977 les commandos spéciaux (bereziak) de l'ETA « politico-militaire » rejoignent l'ETA « militaire ».

En 1982 des pourparlers ont lieu entre le gouvernement central espagnol et la coalition Euskadiko Ezkerra pour mettre fin aux violences ; une amnistie pour les membres d'ETA poursuivis ou incarcérés est accordée en contrepartie de l'arrêt des activités terroristes. L'ETA « politico-militaire » s'auto-dissout cette même année, ses militants abandonnant l'usage de la violence pour atteindre leurs objectifs.

Cependant, l'ETA « militaire » (qui est désormais désignée simplement par « ETA », l'ETA « politico-militaire » s'étant dissoute) considéra comme traîtres ceux qui acceptaient de mettre fin à la lutte armée, et fit assassiner des membres d' ETA en exil qui rentraient au pays sous couvert de l'amnistie.

En 1997, l'ETA commença à cibler des élus basques, des intellectuels basques ou des policiers basques considérés comme « traîtres ». Le point de départ de cette politique est l'assassinat d'un élu du Parti populaire, Miguel Angel Blanco.

Le sentiment de voir l'action de l'ETA dégénérer en guerre civile, ainsi que la lassitude de la population devant la violence, ont érodé le support populaire à l'ETA.

En septembre 1998, l'ETA décida d'une trêve unilatérale. Devant l'échec des négociations avec le gouvernement espagnol, l'ETA rompit la trêve en novembre 1999. Les attentats ont recommencé.

A partir de 2002 le gouvernement central espagnol de José María Aznar poursuit une série d'actions contre les organisations politiques et culturelles basques proches de l'ETA (interdiction de partis politiques, d'associations, fermeture de journaux et de radios), ce qui a re-insufflé une certaine vitalité à l'ETA. L'ETA peut désormais clamer que la voie politique est impossible, le gouvernement central espagnol ne la permettant pas. Mais cette politique a aussi eu pour conséquence une difficulté croissante pour le camp nationaliste radical et ses organisations satellites à s'organiser et à collecter des fonds.

Les coups policiers portés à l'organisation par la police espagnole et la police française (la France servant souvent de base arrière aux commandos de l'ETA et à ses dirigeants) ont profondément déstabilisés l'organisation.

Répression policière efficace, baisse des résultats électoraux (environ 150000 voix pour les indépendantistes aux dernières élections), étouffement des organisations satellites du nationalisme radical, l'ETA traverse après 2002 une crise profonde, et ses capacités à commettre des attentats apparaissent de plus en plus faibles. Le nombre des attentats est nettement en baisse. Il n'y a eu aucun attentat mortel entre mai 2003 et décembre 2005.

En 2005, le nouveau gouvernement espagnol de José Luis Rodríguez Zapatero a fait voter un texte acceptant le principe de négociations limitées (ne portant pas sur l'indépendance du pays basque) en échange d'un abandon de la violence.

L'ETA a déclaré une trêve des attentats en mars 2006.

[] Naissance du nationalisme basque

Au milieu du XIXe siècle, la société basque est engagée dans un déclin irréversible, attachée quelle est à soutenir des causes réactionnaires, comme l'absolutisme carliste.

[] Chronologie des actions terroristes

  • 7 juin 1968 : Premier attentat mortel de l'ETA au Pays basque : le garde civil José Pardines est tué par balles.
  • 2 août 1968 : L'ETA abat Meliton Manzanas, chef de la brigade politico sociale de Gipuzkoa et considéré comme un des plus importants tortionnaires pendant le franquisme.
  • 20 décembre 1973 : Une bombe explose sur le passage de la voiture de l'amiral Luis Carrero Blanco qui est tué. Il présidait le gouvernement espagnol et était considéré comme l'un des successeurs potentiels du général Franco.
  • 13 septembre 1974 : Attentat à la bombe dans la cafétéria Rolando à Madrid : 12 personnes sont tuées.
  • Septembre 1985 : Premier attentat à la voiture piégée à Madrid : 16 policiers et un civil sont tués.
  • 14 juillet 1986 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 12 gardes civils sont tués.
  • 19 juin 1987 : Attentat à la voiture piégée sur le parking du centre commercial Hipercor à Barcelone : 21 morts et 45 blessés.
  • Décembre 1987 : Attentat à la voiture piégée près d'une caserne de la garde civile à Saragosse : 11 morts.
  • Avril 1995 : Attentat manqué contre le futur premier ministre espagnol, José Maria Aznar.
  • Août 1995 : La police déjoue un attentat en préparation contre le roi Juan Carlos d'Espagne
  • 12 juillet 1997 : Assassinat de Miguel Angel Blanco, conseiller municipal de la ville d'Ermua au Pays-Basque. Des millions de personnes manifestent contre l'ETA.
  • 28 novembre 1999 : Rupture de la trêve unilatérale observée par l'ETA depuis septembre 1998.
  • 21 janvier 2000 : Attentat à la bombe contre l'officier de l'armée de terre Pedro Antonio Blanco Garcia tué dans sa voiture piégée.
  • 12 juillet 2000 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 10 blessés.
  • 21 novembre 2000 : Assassinat de l'ancien ministre socialiste, Ernest Lluch, tué dans son appartement à Madrid.
  • 6 mai 2001 : Assassinat du sénateur et président du Parti populaire d'Aragon, Manuel Jimenez Abad, tué à Saragosse.
  • 6 novembre 2001 : Attentat à la voiture piégée à Madrid : 95 blessés.
  • 1er mai 2002 : Attentat à la voiture piégée à Madrid, devant le stade du Real quelques heures avant un match : 9 blessés.
  • 4 août 2002 : Attentat à la voiture piégée devant une caserne de la Garde civile, à Santa Pola, station balnéaire au sud-ouest d'Alicante : 2 morts dont une fillette de 6 ans et 34 personnes blessées.
  • Décembre 2003 : Découverte dans un train, d'une valise bourrée de 20 kg d'explosifs. Attribuée à l'ETA.
  • 29 février 2004 : Interception d'une camionnette chargée de 500 kg d'explosifs. Le véhicule devait exploser dans Madrid.
  • le 3 octobre 2004 : Une vaste opération policière autour de Salies-de-Béarn, en France, a permis l'arrestation du numéro un présumé de l'appareil politique de l'ETA, Mikel Albizu Iriarte, alias Antza, et de sa compagne Soledad Iparragirre Genetxea, dite Anboto chargée de la gestion de l'« impôt révolutionnaire » sur les entreprises.
  • le 22 mars 2006 : L'organisation annonce un cessez-le-feu permanent, à partir du 24 mars 2006.
Personnes tuées par attentats
Civiles 339
Policiers ou militaires 478
Total 817
Source: Ministère de l'Interieur espagnol (janvier 2006)

Au total, les attentats attribués à l'ETA ont fait plus de 800 morts en 35 ans.

L'attribution immédiate à l'ETA des attentats à Madrid du 11 mars 2004 dans les trains commis par des islamistes a entrainé la perte du pouvoir par la coalition de droite aux élections qui ont suivi.

Le journal italien Corriere della Sera a accusé en 2004 l'ETA d'avoir envoyé des combatants en Irak par l'intermédiaire du Camp Anti Impérialiste, mais ces accusations semblent fausses.

Un film permettant d'avoir une vision « de l'intérieur » de la relation qu'ont les Basques avec leur histoire politique est La pelote basque, la peau contre la pierre (Julio Medem, 2003). Operacion Ogro relate l'organisation et le succès de l'attentant contre l'amiral Carrero Blanco. Voir aussi le film de Miguel Courtois, El lobo, Espagne, 2006. Celui-ci raconte la véritable histoire d'un basque devenant agent des services secrets espagnols et s'infiltrant au cœur de l'organisation basque entre 1973 et 1975.

[] Voir aussi

[] Liens externes


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