Esclavage en Grèce antique

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Esclave noir aux mains liées, Égypte ptolémaïque, musée du LouvreEsclave noir aux mains liées, Égypte ptolémaïque, musée du Louvre
Esclave noir aux mains liées, Égypte ptolémaïque, musée du Louvre

L’esclavage a été une composante essentielle du développement du monde grec antique pendant toute son histoire. Il est considéré par les Anciens non seulement comme indispensable, mais encore comme naturel : même les stoïciens ou les premiers chrétiens ne le remettront pas en cause.

Conformément à la tradition historiographique moderne, cet article ne traite que des esclaves-marchandises (forme qualifiée de chattel-slavery par les auteurs anglo-saxons) — non des groupes dépendants comme les Pénestes thessaliens, les Hilotes spartiates ou encore les Clarotes crétois aux statuts complexes, plus proches du servage médiéval. L’esclave-marchandise, lui, est un individu privé de liberté et soumis à un propriétaire qui peut l’acheter, le vendre ou le louer, comme un bien.

L'étude de l'esclavage en Grèce antique pose des problèmes méthodologiques non négligeables. La documentation est disparate et très fragmentaire, concentrée sur la cité d'Athènes. Aucun traité ne porte spécifiquement sur le sujet. Les plaidoyers judiciaires du IVe siècle av. J.-C. ne s'intéressent à l'esclave qu'en tant que source de revenus. La comédie décrit des esclaves de comédie ; la tragédie des esclaves de tragédie. Il est difficile de distinguer avec certitude un esclave d'un artisan dans la production iconographique ou parmi des stèles. Même la terminologie (cf. ci-dessous) est souvent vague.

Sommaire

[] Terminologie

Le grec ancien possède un grand nombre de mots pour désigner l'esclave, dont beaucoup demandent un contexte pour éviter toute ambiguïté. Dans la langue homérique, l'esclave est appelé δμώς / dmôs. À l'âge classique, on le nomme ἀνδράποδον / andrápodon (littéralement « qui a des pieds d’homme », par opposition à τετράποδον / tetrapodon, le quadrupède, c'est-à-dire le bétail). Dans un contexte militaire, le terme désigne le prisonnier en tant que part du butin, c'est-à-dire en tant que bien. Le mot le plus courant est sans doute δοῦλος / doûlos (dérivé du doero mycénien), employé par opposition à l'homme libre (ἐλεύθερος / eleútheros) et plus particulièrement au citoyen (πολίτης / polítês). La δουλεῖα / douleia désigne le rapport de soumission de l'esclave à son maître, mais aussi celle des enfants par rapport à leur père ou celle des citoyens aux magistrats. Enfin, on emploie aussi le terme οἰκέτης / oikétês : littéralement, « celui qui habite la maison », par extension, le « domestique ».

Les autres termes utilisés sont beaucoup moins précis et nécessitent un contexte :

  • θεράπων / therápôn : chez Homère, le mot désigne l'écuyer (Patrocle est ainsi le therapôn d'Achille et Mérion celui d'Idoménée) ; à l'âge classique, il désigne le serviteur ;
  • ἀκόλουθος / akólouthos, littéralement, le « suivant », « celui qui escorte » ;
  • παῖς / pais, littéralement « enfant », emploi que l'on peut rapprocher de celui de « boy » ;
  • σῶμα / sôma, littéralement « corps », employé dans le contexte de l'affranchissement.

[] Origines de l'esclavage

Les femmes, butin de guerre : Ajax fils d'Oïlée enlevant Cassandre pendant la prise de Troie, 370-360 av. J.-C.Les femmes, butin de guerre : Ajax fils d'Oïlée enlevant Cassandre pendant la prise de Troie, 370-360 av. J.-C.
Les femmes, butin de guerre : Ajax fils d'Oïlée enlevant Cassandre pendant la prise de Troie, 370-360 av. J.-C.

La présence d'esclaves (do-e-ro) est attestée dans la civilisation mycénienne. D'après les tablettes de Pylos, on peut identifier avec certitude 140 do-e-ro. On peut distinguer deux catégories juridiques : les « simples » esclaves et les « esclaves du dieu » (te-o-jo do-e-ro), le dieu étant probablement Poséidon. Certains d'entre eux, comme le prouve leur nom (un ethnique de Cythère, Chios, Lemnos ou encore Halicarnasse), ont probablement été réduits en esclavage par des pirates. Les tablettes montrent que les unions entre esclaves et non-esclaves ne sont pas rares ; que les esclaves peuvent être artisans indépendants ; qu'ils peuvent détenir un lot de terre. De fait, il semble que la division majeure dans la civilisation mycénienne ne passe pas entre libres et non-libres mais entre dépendants du palais et non-dépendants.

Chez Homère, où les stuctures sociales reflètent celles des siècles dits « obscurs », on n’observe aucune continuité avec l’époque mycénienne. Même la terminologie change : l’esclave est dmôs et non plus do-e-ro. Dans l'Iliade comme dans l'Odyssée, les esclaves sont avant tout des femmes, prises comme butin de guerre alors que les hommes sont rançonnés ou tués sur le champ de bataille. Elles sont servantes et parfois concubines. Il existe quelques esclaves masculins, surtout dans l'Odyssée : ainsi du porcher Eumée. L’esclave a la particularité d'être membre à la part entière de l’oikos (cellule familiale, maisonnée). Le terme dmôs n’est pas péjoratif et Eumée, le « divin » porcher, bénéficie des mêmes épithètes homériques que les héros grecs. Malgré tout, l’esclavage reste une déchéance. Eumée lui-même déclare que « Zeus l'Assourdissant prend la moitié de sa valeur / à l'homme, dès le jour où on le livre à l'esclavage.[1] »

À l'âge archaïque, il est difficile de déterminer quand naît l’esclavage-marchandise. Dans les Travaux et les Jours (VIIIe siècle av. J.-C.), il apparaît qu’Hésiode possède plusieurs dmôes dont le statut n'est pas clair. La présence de douloi est attestée chez des poètes lyriques comme Archiloque ou Théognis de Mégare. Selon la tradition, la loi de Dracon (v. 620 av. J.-C. sur l'homicide aurait mentionné des esclaves. Selon Plutarque (Vie de Solon, I, 6), Solon (v. 594-593 av. J.-C.) aurait interdit aux esclaves de pratiquer la gymnastique et la pédérastie. À partir de cette époque, les mentions se multiplient. C’est au moment où Solon établit les bases de la démocratie athénienne que s'impose donc l'esclavage. Moses Finley remarque également qu'à Chios, qui selon Théopompe a été la première cité à pratiquer le commerce des esclaves, le VIe siècle av. J.-C. voit aussi une démocratisation précoce. Ainsi, conclut-il, « un des aspects de l’histoire grecque, c'est en bref l’avance, main dans la main, de la liberté et de l'esclavage[2]. »

[] Rôle économique

Pour plus de détails, voir l’article Économie de la Grèce antique.

L'agriculture, principale activité utilisant des esclaves, British MuseumL'agriculture, principale activité utilisant des esclaves, British Museum
L'agriculture, principale activité utilisant des esclaves, British Museum

Il n’existe pas d’activité servile à proprement parler : toute tâche est susceptible d’être effectuée par un esclave, à l'exception de la politique, seule activité dont le citoyen ait le monopole — ou plutôt, pour les Grecs, seule activité qui soit digne d’un citoyen, le reste devant être abandonné le plus possible aux non-citoyens. C’est le statut qui importe, et non le type d’activité.

La principale activité utilisant des esclaves est l’agriculture, base de l'économie grecque. Une abondante littérature de manuels pour propriétaires terriens (comme l’Économique de Xénophon ou celui du pseudo-Aristote) en atteste. On recourt à la main d’œuvre servile dès que l'exploitation dépasse la cellule familiale. Dans les grands domaines, les intendants sont la plupart du temps esclaves. Pour autant, on ne trouve pas en Grèce les immenses populations d'esclaves des latifundia romaines.

Dans les mines et les carrières, le travail servile est de loin le plus important. On y trouve d’importantes populations d’esclaves, souvent loués par de riches particuliers. Ainsi, le stratège Nicias loue un millier d’esclaves aux mines d’argent du Laurion, en Attique, Hipponicos 600 et Philomidès, 300. Xénophon (Des revenus) indique qu’ils rapportent une obole par esclave et par jour, soit 60 drachmes par an. C’est l’un des placements les plus prisés des Athéniens. Xénophon estime au total à 30 000 le nombre d’esclaves travaillant au Laurion ou aux moulins de traitement du minerai attenants (ibid., IV, 14). Il propose même que la cité se dote d’une importante population d’esclaves d'État, à hauteur de trois par citoyen, dont la location permettrait d’assurer l’entretien de tous les citoyens.

Les esclaves sont également utilisés dans l’artisanat. À l'instar de l’agriculture, on y recourt dès que l’activité dépasse la famille. Cependant, la proportion de main d’œuvre servile est beaucoup plus importante dans les ateliers. La fabrique de boucliers de Lysias emploie ainsi 120 esclaves et le père de Démosthène, 32 couteliers et 20 fabricants de lits.

Enfin, les esclaves sont également employés à la maison. Le domestique a pour rôle de remplacer le maître de maison dans son métier et de l’accompagner dans ses trajets et voyages. En temps de guerre, il sert de valet d'armes à l’hoplite. La femme esclave s’occupe quant à elle des tâches domestiques, en particulier de la cuisson du pain et de la fabrication des tissus. Seuls les plus pauvres n'ont pas d'esclave domestique.

[] Démographie

[] Population

Esclave éthiopien tentant de maîtriser un cheval, date inconnue, Musée national archéologique d'AthènesEsclave éthiopien tentant de maîtriser un cheval, date inconnue, Musée national archéologique d'Athènes
Esclave éthiopien tentant de maîtriser un cheval, date inconnue, Musée national archéologique d'Athènes

Il est difficile d’estimer le nombre d’esclaves en Grèce antique, faute de recensements précis et en raison d’importantes variations en fonction de l’époque.

Il est certain qu’Athènes possède la population globale la plus importante, jusqu’à peut-être 80 000 esclaves aux Ve et VIe siècle av. J.-C.[3], soit en moyenne trois ou quatre esclaves par ménage. Au Ve siècle av. J.-C., Thucydide évoque sans s'y apensantir la désertion de 20 000 esclaves au cours de la guerre de Décélie, en majorité des artisans. L’estimation la plus basse basse de 20 000 esclaves au temps de Démosthène[4] correspond à un esclave par ménage. Enfin, entre 317 et 307, le tyran Démétrios de Phalère ordonne (Ctésiclès préservé par Athénée, VI, 272c), un recensement général de l’Attique qui aboutit aux chiffres suivants : 21 000 citoyens, 10 000 métèques et 400 000 esclaves. L’orateur Hypéride, dans son Contre Aristogiton, évoque le projet d’enrôler 150 000 esclaves (donc mâles et en âge de porter les armes) suite à la défaite grecque de Chéronée (338), ce qui concorde avec le chiffre de Ctésilès.

D’après la littérature, il semble que la grande majorité des Athéniens possèdent au moins un esclave : Aristophane, dans Plutus, dépeint des paysans pauvres propriétaires de plusieurs esclaves ; Aristote (Politique, 252a26-b15) définit une maison comme contenant des hommes libres et des esclaves. Inversement, ne pas en posséder du tout est un signe clair de pauvreté. Ainsi, dans le célèbre discours de Lysias Sur l’invalide, un infirme, faisant appel du retrait de sa pension, explique : « ce que je tire de mon métier est peu de chose ; déjà j’ai de la peine à l’exercer moi-même, et je n’ai pas encore le moyen d’acheter un esclave qui me remplace. » Cependant, les immenses populations d’esclaves des Romains sont inconnues chez les Grecs. Quand Athénée (VI, 264d) cite le cas de Mnason, ami d’Aristote et propriétaire de mille esclaves, cela reste exceptionnel. Platon (lui-même propriétaire de 5 esclaves au moment de sa mort), quand il évoque des gens très riches (République, IX, 578d-e), se contente de leur attribuer 50 esclaves.

En termes de densité, Thucydide (VIII, 40, 2) estime que l’île de Chios est le territoire grec qui possède proportionnellement le plus d'esclaves.

[] Filières d’approvisionnement

Il existe trois filières d’approvisionnement principales en esclaves : la guerre, la piraterie (maritime) ou brigandage (terrestre), et le commerce international.

[] La guerre

Dans le droit de la guerre antique, le vainqueur possède tous les droits sur le vaincu, que celui-ci ait combattu ou non. L’asservissement, sans être systématique, est pratique courante. Ainsi, Thucydide (VI, 62 et VII, 13) évoque les 7000 habitants d’Hyccara, en Sicile, faits prisonniers par Nicias et vendus ensuite (pour 120 talents) dans la ville voisine de Catane. De même, en 348, la population d’Olynthe est réduite en esclavage ; celle de Thèbes le sera en 335 par Alexandre le Grand et celle de Mantinée en 223 par la Ligue achéenne.

L’existence d’esclaves grecs est une source de gêne constante pour les Grecs libres. Aussi l’asservissement des cités est une pratique très contestée. Certains généraux s’y refusent, ainsi des spartiates Agésilas II (Plutarque, Vie d'Agésilas, VII, 6) ou encore Callicratidas (Xénophon, Helléniques, I, 6, 14). Certaines cités passent des accords interdisant la pratique : ainsi, au milieu du IIIe siècle, Milet convient de ne réduire aucun Cnossien libre en esclavage, et réciproquement. L’affranchissement d’une cité entière réduite en esclavage (moyennant rançon) apporte inversement un très grand prestige : ainsi Cassandre de Macédoine, en 316, restaure la cité de Thèbes. Avant lui, Philippe II de Macédoine avait successivement réduit en esclavage puis relevé la cité de Stagire.

[] La piraterie

La guerre fournit donc des contingents importants et réguliers d’esclaves grecs. Il en va de même de la piraterie (maritime) et du brigandage (terrestre), dont l’importance varie selon les époques et les régions[5]. Pirates et brigands demandent une rançon lorsque leur proie est de qualité. Lorsque celle-ci n’est pas payée, ou si le prisonnier n’est pas rançonnable, il est vendu à un trafiquant. Ainsi, nul homme libre n’est à l’abri de tomber en servitude. Dans certaines régions, piraterie ou brigandage sont de véritables spécialités nationales, que Thucydide qualifie de vie « à la manière ancienne » (I, 5, 3) : c’est le cas de l’Acarnanie, de la Crète ou encore de l’Étolie. Hors de Grèce, c'est également le cas des Illyriens, des Phéniciens et des Tyrrhéniens. À l’époque hellénistique s’y ajoutent les Ciliciens et les peuples montagnards de la côte d’Asie mineure. Strabon explique la vogue de l’activité chez les Ciliciens par sa rentabilité : Délos, située non loin, permet « d’écouler quotidiennement des myriades d’esclaves » (XIV, 5, 2). L’influence croissante de l’Empire romain, grand demandeur en esclaves, développe le marché et aggrave la piraterie. Au Ier siècle, les Romains tenteront au contraire d’écraser la piraterie, souhaitant exploiter de manière différente les nouvelles provinces de l’Empire.

[] Le commerce

Il existe par ailleurs un commerce d’esclaves avec les peuples barbares voisins : Thraces, Scythes, Cappadocciens, Paphlagoniens, etc. Les mécanismes sont relativement identiques à ceux de la traite des Noirs : des professionnels locaux vendent leurs congénères aux marchands d’esclaves grecs. Les principaux centres de commerce d’esclave semblent avoir été Éphèse, Byzance ou encore Tanaïs, sur l’embouchure du Don. Si certains esclaves barbares sont eux-mêmes victimes de guerre ou de piraterie locale, d'autres sont vendus par leurs parents (Hérodote, V, 6 ; Philostrate, Vie d’Apollonius de Tyane, 18, 7, 12). Il existe peu de témoignages sur le trafic d’esclaves, mais plusieurs éléments en attestent. D’abord, certaines nationalités sont représentées de manière importante et constante parmi la population servile, ainsi du corps d’archers scythes utilisé par Athènes comme force de police (300 individus à l’origine, près d’un millier ensuite). Ensuite, les prénoms attribués aux esclaves dans les comédies ont souvent une connotation de lieu : ainsi, « Thratta », utilisé par Aristophane dans les Guêpes, les Acharniens ou encore la Paix signifie simplement « femme thrace »[6].

Au reste, la nationalité de l’esclave est un critère essentiel pour les acheteurs importants : les Anciens conseillent de ne pas concentrer en un même lieu trop d’esclaves de la même origine, afin de limiter les risques de révolte. Il est probable également que, comme chez les Romains, certaines nationalités soient considérées comme produisant de meilleurs esclaves que d’autres.

Le prix des esclaves varie en fonction de leur compétence. Ainsi, Xénophon évalue à 180 drachmes le prix d'un mineur du Laurion — en comparaison, un ouvrier de grands travaux est payé une drachme par jour — mais les couteliers du père de Démosthène valent bien 500 ou 600 drachmes chacun. Le prix est également fonction de la quantité d'esclaves disponibles à la vente : au IVe siècle, ceux-ci sont abondants et donc bon marché.

[] L’accroissement naturel

Stèle funéraire élevée pour deux jeunes enfants et leur pédagogue, morts dans un tremblement de terre, Nicomédie, Ier siècle av. J.-C., musée du LouvreStèle funéraire élevée pour deux jeunes enfants et leur pédagogue, morts dans un tremblement de terre, Nicomédie, Ier siècle av. J.-C., musée du Louvre
Stèle funéraire élevée pour deux jeunes enfants et leur pédagogue, morts dans un tremblement de terre, Nicomédie, Ier siècle av. J.-C., musée du Louvre

Curieusement, il semble que les Grecs ne pratiquaient pas l’« élevage » des esclaves. Parfois, la cause en est naturelle : les mines ne font travailler que du personnel masculin. Cependant, les femmes esclaves sont nombreuses dans la domesticité. L’exemple des Noirs dans les États sudistes montre par ailleurs qu’une population servile peut tout à fait se reproduire. Ce point reste donc relativement inexpliqué. Xénophon conseille de loger esclaves hommes et femmes séparément, de peur qu’ils « ne f[a]ssent des enfants contre [le] vœu [des propriétaires] car, si les bons domestiques redoublent d’attachement pour nous quand ils sont de la famille, les mauvais acquièrent en famille de grands moyens pour nuire à leurs maîtres » (Économique, IX). Plus simplement, l'explication est sans doute économique : il revient moins cher d’acheter un esclave que de l’élever. En outre, l’accouchement met en danger la vie de la mère esclave, et le bébé n’est pas assuré de survivre jusqu’à l’âge adulte.

Par ailleurs, les esclaves nés à la maison, minoritaires, constituent souvent une classe privilégiée. On leur confie par exemple le soin d'emmener les enfants à l'école : ce sont les « pédagogues », au sens premier du terme (cf. éducation en Grèce antique).

[] Statuts serviles

La Grèce ancienne ne possède pas un mais plusieurs statuts serviles. Plus précisément, il existe une multitude de statuts allant du citoyen libre à l’esclave-marchandise, en passant par les esclaves-serfs (Pénestes ou Hilotes), les citoyens déclassés, les affranchis, les bâtards ou les métèques.

Moses Finley (1997) propose une grille de lecture des différents statuts :

  • droit à une forme de propriété ;
  • pouvoir sur le travail d’un autre homme ;
  • pouvoir de punir un autre homme ;
  • droits et devoirs judiciaires (possibilité d'être arrêté et/ou puni arbitrairement, capacité à ester en justice) ;
  • droits et privilèges familiaux (mariage, héritage, etc.) ;
  • possibilité de mobilité sociale (affranchissement) ;
  • droits et devoirs religieux ;
  • droits et devoirs militaires (servir à l’armée comme simple servant, soldat lourd ou léger ou comme marin).

[] Esclaves athéniens

Loutrophore funéraire, à droite un jeune esclave porte le bouclier et le casque de son maître, v. 380-370 av. J.-C., Musée national archéologique d'AthènesLoutrophore funéraire, à droite un jeune esclave porte le bouclier et le casque de son maître, v. 380-370 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Loutrophore funéraire, à droite un jeune esclave porte le bouclier et le casque de son maître, v. 380-370 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

À Athènes, les esclaves n’ont juridiquement aucun droit. Un délit passible d’amende pour l’homme libre donne lieu à des coups de fouet pour l’esclave, à hauteur, semble-t-il, d’un coup par drachme. À quelques exceptions près, le témoignage de l’esclave n’est pas recevable, sauf sous la torture. L’esclave n’est protégé qu’en tant que bien : si quelqu’un le maltraite, son maître peut intenter une action en dommages et intérêts (δίκη βλάϐης / dikê blabês). Inversement, si son maître le maltraite avec excès, tout citoyen peut poursuivre ce dernier (γραφὴ ὕϐρεως / graphê hybreôs) : il ne s’agit pas là d’humanité envers l’esclave, mais de la réprobation de toute forme d'excès (ὕϐρις / hybris). Il en va de même pour le meurtre d’un esclave : c’est la souillure du meurtrier qui est en cause. Ainsi, le suspect est jugé par le tribunal du Palladion, et non par l’Aréopage, et la peine prévue est l’exil, comme pour l’homicide involontaire.

[] Esclaves de Gortyne

À Gortyne, dont le code gravé sur la pierre date du VIe siècle, l'esclave (doulos ou oikeus) se trouve dans un état de dépendance très large. Ainsi, ses enfants appartiennent à son maître ; celui-ci est responsable de tous les délits de son esclave et inversement, il perçoit les amendes versées par d’autres pour des délits commis contre ses esclaves. Dans le code de Gortyne, où toutes les peines sont monnayées, un esclave voit tous les montants doublés lorsqu’il commet un crime ou un délit. Inversement, un délit commis à l’encontre d’un esclave coûte beaucoup moins cher qu’un délit commis contre un homme libre. Ainsi, le viol d'une femme libre par un non-libre est frappé d’une amende de 200 statères, alors que le viol d’une esclave non-vierge par un non-libre n’aboutit qu’à une amende d’une obole.

L’esclave a cependant le droit de posséder un domicile et du bétail, qui peuvent être transmis à ses descendants, de même que ses vêtements et les objets nécessaires à son ménage.

[] Un cas particulier : la servitude pour dettes

Avant l’interdiction de Solon, Athènes pratique l’asservissement pour dettes : un citoyen incapable de payer sa dette à son débiteur lui est asservi. Il s’agit principalement de paysans dits « hectémores », louant des terres affermées à de grands propriétaires terriens, et incapables de verser leurs fermages. En théorie, l’asservi pour dettes est libéré quand il peut rembourser sa dette initiale. Le système, développé avec des variantes dans tout le Proche-Orient et cité par la Bible (Deutéronome, 15, 12-17), semble avoir été formalisé à Athènes par le législateur Dracon.

Solon y met fin par la σεισάχθεια / seisakhtheia, la libération des dettes, l’interdiction de toute créance garantie sur la personne du débiteur et l'interdiction de vendre un Athénien libre, y compris soi-même. Aristote fait ainsi parler Solon dans sa Constitution d'Athènes (XI, 4) :

« J’ai ramené à Athènes, dans leur patrie fondée par les dieux, bien des gens vendus plus ou moins justement (…), subissant une servitude (douleia) indigne et tremblant devant l’humeur de leurs maîtres (despôtes), je les ai rendus libres.[7] »

Bien que le vocabulaire employé soit celui de l’esclavage « classique », la servitude pour dettes en diffère parce que l’Athénien asservi reste Athénien, et dépendant d’un autre Athénien, dans sa cité natale. C’est cet aspect qui explique la grande vague de mécontentement populaire du VIe siècle av. J.-C., qui n’entend pas libérer tous les esclaves mais seulement les asservis pour dettes. Enfin, la réforme de Solon laisse subsister une exception à l'interdiction de vendre un Athénien : le tuteur d'une femme non mariée ayant perdu sa virginité a le droit de la vendre comme esclave[8].

[] L’affranchissement

La pratique de l’affranchissement est attestée à Chios dès le VIe siècle. Il est probable qu’elle remonte à l’époque archaïque, la procédure se faisant alors par oral. Des affranchissement informels sont également attestés à la période classique : il suffit de s’assurer des témoins, ce qui conduit des citoyens à affranchir leur esclave en pleine représentation théâtrale ou en pleine délibération du tribunal. La chose sera au reste interdite à Athènes au milieu du VIe siècle, pour éviter des troubles à l’ordre public.

La pratique devient plus courante à partir du IVe siècle et donne lieu à des actes gravés sur pierre, qui ont été retrouvés dans des sanctuaires comme ceux de Delphes ou Dodone. Ils datent principalement du IIe et du Ier siècle, ainsi que du Ier siècle ap. J.-C. D’après cette documentation, l’affranchissement paraît un acte volontaire de la part du maître — un homme mais aussi, surtout à partir de l'époque hellénistique, une femme. L’esclave ne paraît guère avoir son mot à dire et les femmes ne semblent guère en bénéficier plus que les hommes. L’esclave est souvent tenu de se racheter, pour un montant au moins équivalent à sa valeur marchande. Pour se faire, il peut prélever sur son éventuel pécule, contracter un prêt amical (ἔρανος / eranos) ou à son maître. L’affranchissement a souvent une nature religieuse : soit l’esclave est réputé vendu à la divinité (bien souvent Apollon delphien), soit il est consacré après son affranchissement. Le temple perçoit alors une partie de la somme versée en rachat, et garantit la validité du contrat. L’affranchissement peut aussi être entièrement civil, des magistrats jouant alors le rôle de la divinité.

La liberté gagnée par l’esclave peut être totale ou partielle, au choix du maître. Dans le premier cas, l’affranchi est protégé juridiquement contre toute tentative de le réduire de nouveau en esclavage, par exemple de la part des héritiers de son ancien maître. Dans le second, l’affranchi peut être soumis à un certain nombre d’obligations vis-à-vis de son ancien maître. Le contrat le plus contraignant est la paramonê, sorte de servitude à durée limitée durant laquelle le maître garde presque tous ses droits sur l’affranchi.

Au regard de la cité, l’affranchi est loin d’être l’égal d’un citoyen de naissance. Il est soumis à toutes sortes d’obligations dont on peut se faire une idée au vu de celles que propose Platon dans les Lois (XI, 915 a-c) : présentation trois fois par mois au domicile de l’ancien maître, interdiction de devenir plus riche que ce dernier, etc. En fait, le statut de l’affranchi se rapproche de celui du métèque.

[] Condition des esclaves

Stèle funéraire : l'esclave est représentée comme un personnage de petite taille, près de sa maîtresse, Glyptothèque de MunichStèle funéraire : l'esclave est représentée comme un personnage de petite taille, près de sa maîtresse, Glyptothèque de Munich
Stèle funéraire : l'esclave est représentée comme un personnage de petite taille, près de sa maîtresse, Glyptothèque de Munich

Il est difficile d’apprécier la condition des esclaves grecs. Selon le pseudo-Aristote (Économique, 1344a35), le quotidien de l'esclave se résume à trois mots « le travail, la discipline et la nourriture ». Xénophon conseille de traiter les esclaves comme des animaux domestiques, c’est-à-dire de les punir en cas de désobéissance et de les récompenser en cas de bonne conduite (Économique, XIII, 6). Aristote pour sa part préfère en user comme avec les enfants, et de recourir aux ordres mais aussi aux recommandations, car l'esclave après tout est capable de comprendre les raisons qu'on lui donne (Politique, I, 3, 14).

La littérature grecque abonde en scènes de flagellations d’esclaves : la flagellation est un moyen de pousser l’esclave au travail, de même que l’octroi de nourriture, de vêtements ou de repos. Cette violence peut être le fait du maître, mais aussi de l’intendant, pourtant également esclave. Ainsi, au début des Cavaliers Aristophane présente deux esclaves se plaignant des « bleus sans arrêt et des raclées[9] » que leur inflige le nouvel intendant. Cependant, Aristophane lui-même dénonce par ailleurs (La Paix, v. 743-749) ce qui est une véritable scie dans la comédie grecque :

« C'est lui [Aristophane] qui (…) a donné congé aux esclaves qu’on tirait de de leur trou, pleurnichant à tout propos, et ça à seule fin de les faire blaguer par un copain pour avoir été rossés, en lui faisant demander : « Mon pauvre bougre, qu'est-ce qui t’est arrivé à l'épiderme ? Serait-ce le chat à neuf queues qui a déclenché une offensive en force sur tes flancs, et t’a fait voler des copeaux d'échine ? »

De fait, la condition des esclaves varie beaucoup selon leur statut : l’esclave mineur du Laurion connaît des conditions de travail particulièrement pénibles, tandis que l'esclave en ville jouit d’une relative indépendance. Il peut vivre et travailler seul, moyennant paiement d’une redevance (ἀποφορά / apophora) à son maître. Il peut ainsi mettre de l’argent de côté, parfois suffisamment pour se racheter. L’affranchissement est en effet un levier puissant de motivation, dont il est difficile d’estimer l'ampleur réelle. Le pseudo-Xénophon va jusqu’à déplorer la licence dans laquelle vivent les esclaves athéniens : « quant aux esclaves et aux métèques, ils jouissent à Athènes de la plus grande licence ; on n’y a pas le droit de les frapper et l’esclave ne se rangera pas sur votre passage » (République des Athéniens, I, 10).

Ce bon traitement prétendu n’empêche pas 20 000 esclaves athéniens de s’enfuir à la fin de la guerre du Péloponnèse, sur l’incitation de la garnison spartiate stationnée en Attique, à Décélie. Or ceux-ci sont composés essentiellement d’esclaves artisans qualifiés, probablement parmi les mieux traités. Inversement, l’absence de grande révolte des esclaves grecs, comparable par exemple avec celle de Spartacus à Rome, s’explique sans doute par leur dispersion relative, empêchant toute action concertée de grande envergure. Force est également de constater que, même à Rome ou dans les États sudistes des États-Unis, les révoltes d'esclaves ont été rares[10].

[] Conceptions de l’esclavage grec

[] Conceptions antiques

Esclave de théâtre assis sur un autel, vidant la bourse qu'il vient de dérober, v. 400-375 av. J.-C., musée du LouvreEsclave de théâtre assis sur un autel, vidant la bourse qu'il vient de dérober, v. 400-375 av. J.-C., musée du Louvre
Esclave de théâtre assis sur un autel, vidant la bourse qu'il vient de dérober, v. 400-375 av. J.-C., musée du Louvre

Aucun auteur antique ne remet en cause l’existence de l’esclavage — au plus se bornent-ils à admettre que certains esclaves le sont injustement. Chez Homère et les auteurs pré-classiques, l’esclavage est une conséquence inévitable de la guerre. Héraclite reconnaît ainsi : « Le combat est père de tout, roi de tout (…) : il a rendu les uns esclaves, les autres libres » (fr. 53, Diels).

À l’époque classique émerge l’idée de l’esclavage « par nature » : ainsi, comme le dit Eschyle (les Perses, v. 242) les Grecs « ne sont ni esclaves, ni sujets de personne » tandis que les Perses, comme le résume Euripide (Hélène, v. 276) « sont tous esclaves, sauf un » — le Grand Roi. Cette idée latente est théorisée à la fin du Ve siècle par Hippocrate : selon lui, le climat tempéré d'Asie mineure produit des hommes placides et soumis. Cette explication est reprise par Aristote dans son Politique, où il raffine la théorie de l’esclavage par nature : « L’être qui, grâce à son intelligence, est capable de prévoir est gouvernant par nature ; l’être qui, grâce à sa vigueur corporelle, est capable d'exécuter est gouverné et par nature esclave » (I, 2, 2). Contrairement aux animaux, l’esclave peut percevoir la raison mais il est « complètement dépourvu de la faculté de délibérer » (I, 13, 17). Platon, lui-même réduit en esclavage puis racheté par l'un de ses amis, donne au contraire une condamnation explicite de l'exclavage dans le Ménon en faisant participer un esclave à la discussion philosophique. Par là, le statut de celui-ci comme humain à part entière est reconnu, et le fondement essentiel de l'esclavage est démenti.

Parallèlement se développe chez les sophistes l’idée que tous les hommes appartiennent à une même race, qu’ils soient Grecs ou Barbares — et donc que certains hommes sont esclaves alors qu’ils ont l’âme d'un homme libre, et réciproquement. Aristote lui-même reconnaît cette possibilité (Pol., I, 5, 10) et argumente que l’esclavage ne peut être imposé que si le maître est meilleur que l’esclave, rejoignant ainsi sa théorie de l’esclavage par nature. De leur côté, les sophistes finissent par conclure que la véritable servitude n’est pas liée au statut mais est celle de l’esprit : ainsi, dit Ménandre, « sois libre d’esprit, bien que tu sois esclave : dès lors, tu ne seras plus esclave » (fr. 857). Cette idée, reprise à la fois par les stoïciens et les épicuriens, n’est en rien une opposition au système de l’esclavage, qu'elle contribue au contraire à banaliser.

Même dans l’utopie, les Grecs ne parviennent guère à penser l’absence d’esclaves. Les « cités idéales » des Lois ou encore de la République postulent bien leur existence, de même que la Coucouville-les-Nuées des Oiseaux d’Aristophane. Les « cités renversées » montrent les femmes au pouvoir ou encore la fin de la propriété privée (Lysistrata, l’Assemblée des femmes) mais non les esclaves gouvernant les maîtres. Les seules sociétés sans esclaves sont celles de l’âge d'or ou de pays de Cocagne, où la satisfaction des besoins n’est pas un problème. Dans ce genre de société, explique Platon (Politique, 271a-272b), on récolte à profusion sans semer. Dans les Amphictyons de Télékleidès (cité par Athénée, 268 b-d), le pain d’orge se bat avec le pain de froment pour être mangé par les hommes. Mieux encore, les objets se meuvent d’eux-mêmes : la farine se pétrit elle-même et la carafe verse toute seule. La société sans esclave est donc reléguée à un au-delà chronologique ou géographique. Dans une société normale, on a besoin d'esclaves.

[] Conceptions modernes

Masque de théâtre appartenant au type du Premier esclave de la Nouvelle Comédie, IIe siècle av. J.-C., Musée national archéologique d'AthènesMasque de théâtre appartenant au type du Premier esclave de la Nouvelle Comédie, IIe siècle av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Masque de théâtre appartenant au type du Premier esclave de la Nouvelle Comédie, IIe siècle av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes

Chez les Modernes, l’esclavage en Grèce antique est longtemps l’objet d’un discours apologétique chrétien qui s’attribue la responsabilité de la fin du système. À partir du XVIe siècle, le discours sur l’esclavage antique devient moralisateur : il doit être interprété à la lumière de l’esclavage colonial, soit que les auteurs en louent les mérites civilisateurs, soit qu’ils en dénoncent les méfaits. Ainsi Henri Wallon publie en 1847 une Histoire de l’esclavage dans l’Antiquité dans le cadre de son combat pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies françaises.

Au XIXe siècle émerge un discours différent, de type économico-politique. Il s’agit désormais de distinguer des phases dans l’organisation des sociétés humaines, et d’interpréter correctement la place qu'y joue l’esclavage grec. L’influence de Marx est ici déterminante : pour lui, la société antique est caractérisé par un essor de la propriété privée et par le caractère dominant — et non secondaire, comme dans les autres sociétés pré-capitalistiques — de l'esclavage comme mode de production.

S’oppose bientôt à l’interprétation marxiste le courant positiviste représenté par l’historien Eduard Meyer (l’Esclavage dans l’Antiquité, 1898) : selon lui, l’esclavage est l’envers de la démocratie grecque. Il est donc un phénomène juridique et social, et non économique. Ce courant historiographique évolue au XXe siècle : mené par un auteur comme Joseph Vogt, il voit en l’esclavage la condition du développement de l’élite, en l’espèce les citoyens. Inversement, il insiste sur les possibilités offertes aux esclaves de s’agréger à l’élite. Enfin, il estime que la société moderne, fondée sur des valeurs humanistes, a permis de dépasser ce mode de développement.

Aujourd’hui, l’esclavage grec fait toujours l’objet de débats historiographiques, en particulier sur deux questions. Peut-on dire que la société grecque était esclavagiste ? Les esclaves grecs formaient-ils une classe sociale ?

[] Sources

[] Notes

  1. XVII, 322-323. Extrait de la traduction de Philippe Jaccottet pour les éditions François Maspéro, 1982.
  2. M. I. Finley, « La civilisation grecque était-elle fondée sur le travail des esclaves ? », Économie et société en Grèce ancienne, p. 170-171.
  3. (de) Lauffer, « Die Bewerkssklaven von Laureion », dans Abhandlungen no 12 (1956), p. 904-916.
  4. (en) A. H. M. Jones, Athenian Democracy, Oxford, Blackwell, 1957, p. 76-79.
  5. Cf. H. A. Ormerod, Piracy in the Ancient World, Liverpool University Press, 1924 ; P. Brûlé, La Piraterie crétoise hellénistique, Belles Lettres, 1978. V. Gabrielsen, « La piraterie et le commerce des esclaves », in E. Erskine (éd.), Le monde hellénistique. Espaces, sociétés, cultures 323-31 av. J.-C., Presses Universitaires de Rennes, 2004, 495-511.
  6. Aux époques classique et hellénistique, c'est le maître qui nomme son esclave. Celui-ci peut donc porter celui de son maître ; un ethnique, comme mentionné ; un nom de lieu (Asia, Carion, Lydos, etc.) ; un nom issu de sa patrie d'origine (Manès pour un Lydien, Midas pour un Phrygien, etc.) ; un nom de personnage historique (Alexandre, Cléopâtre, etc.). Bref, un esclave peut porter pratiquement n'importe quel nom ; seuls ceux forgés sur des noms de pays barbares sont spécifiquement réservés aux esclaves. Cf. O. Masson, « Les noms des esclaves dans la Grèce antique », Actes du colloque 1971 sur l'esclavage, p. 9-21.
  7. Vers 4-5, traduction de Victor-Henry Debidour pour les éditions Gallimard, 1965.
  8. Extrait de la traduction de G. Mathieu et B. Haussoulier revue par C. Mossé pour les Belles Lettres, 1985.
  9. (en) S. B. Pomeroy, Goddesses, Whores, Wives and Slaves, Schoken, 1995, p. 57.
  10. Sur la question, cf. Paul Cartledge, "Rebels and Sambos in Classical Greece", Spartan Reflections, 2001, University of California Press, p. 127-152.

[] Voir aussi

[] Articles connexes

[] Bibliographie

  • P. Brûlé et J. Oulhen (dir.), Esclavage, guerre, économie en Grèce ancienne. Hommages à Yvon Garlan, Presses universitaires de Rennes, diff. SODIS, coll. « Histoire », 1997 (ISBN 2868472893).
  • Moses Finley :
    • Économie et société en Grèce ancienne (Economy and Society in Ancient Greece), Seuil, coll. « Points » (n° 234), 1997 (1re édition 1970) (ISBN 2-02-014644-4),
    • Esclavage antique et idéologie moderne (Ancient Slavery and Modern Ideology), éd. de Minuit, coll. « le Sens commun », 1989 (1re édition 1980) (ISBN 2707303275),
    • (en) Slavery in Classical Antiquity. Views and Controversies, Heffer, Cambridge, 1960.
  • Yvon Garlan, Les Esclaves en Grèce ancienne, La Découverte, coll. « Textes à l'appui », 1989 (1re édition 1982) (ISBN 2-7071-2475-3).
  • Peter Garnsey, Conceptions de l’esclavage d’Aristote à saint Augustin, Belles Lettres, coll. « Histoire », Paris, 2004 (ISBN 2-251-38062-0).
  • Pierre Vidal-Naquet :
    • « Les Femmes, les esclaves, les artisans », troisième partie de Le Chasseur noir, La Découverte, coll. « Poche », 2005 (1re édition 1981) (ISBN 2-7071-4500-9),
    • avec Jean-Pierre Vernant, Travail et esclavage en Grèce ancienne, Complexe, coll. « Historiques », Bruxelles, 2006 (1re édition 1988) (ISBN 2870272464).
  • (en) Thomas Wiedemann, Greek and Roman Slavery, Routledge, Londres, 1989 (1re édition 1981) (ISBN 0415029724).

[] Liens externes


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