Économie de la Basse-Normandie

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Sommaire

[] Chiffres clés

Répartition des estimations d'emploi salarié et non salarié par secteur d'activité (Source INSEE) :

  • Secteur primaire : 7,13%
  • Secteur secondaire : 25,06 %
  • Secteur tertaire : 67,81%

La Basse-Normandie est :

  • la première région agricole notamment 1ère pour la production de beurre, de fromages frais et de fromages à pâte molle, la production de pommes à cidre et de produits cidricoles, la production de poireaux et navets,
  • la première région en nombre de chevaux, avec 12% du cheptel équin national,
  • la troisième région pharmaceutique,
  • la quatrième région pour l'industrie automobile (derrière la Franche-Comté, l'Alsace et la Lorraine).
Moutons pré-salés dans la baie du Mont-Saint-MichelMoutons pré-salés dans la baie du Mont-Saint-Michel
Moutons pré-salés dans la baie du Mont-Saint-Michel
Le Redoutable, sous-marin contruit à partir de 1964 et 1967, à l'Arsenal de CherbourgLe Redoutable, sous-marin contruit à partir de 1964 et 1967, à l'Arsenal de Cherbourg
Le Redoutable, sous-marin contruit à partir de 1964 et 1967, à l'Arsenal de Cherbourg

[] Historique

Terre de bocages, la Basse-Normandie est traditionnellement agricole. La réputation des produits laitiers normands (crème, beurre, fromages) a alimentée le développement progressif d'une industrie agro-alimentaire, à travers des coopératives laitières et puis les abattoirs industriels. Au XVIIIe siècle, plusieurs gisements de fer participent à l'éclosion d'une industrie métallurgique. Quelques villes normandes se font connaître également pour leur textile (dentelle d'Alençon) tandis que l'implantation d'un arsenal militaire à Cherbourg structure une filière de construction navale dans le Nord-Cotentin.

Alors qu'à la faveur de la révolution industrielle, agriculture et agro-alimentaire se mécanisent, le XXe siècle voit l'émergence de quelques établissements industriels phares. Au début du XXe siècle, l'allemand Thyssen ouvre la Société des Hauts Fourneaux et Aciéries de Caen, qui devient en 1924 la Société Métallurgique de Normandie (SMN). En 1937, la société Moulin-Légumes (Moulinex à partir de 1957) s'installe à Alençon et ouvre plusieurs établissements en Basse-Normandie et en Mayenne.

Au sortir de la Seconde guerre mondiale, plus de la moitié des actifs travaillait encore dans l'agriculture, contre une gros tiers au niveau national. Les Trente Glorieuses voient le développement d'un tissu industriel géographiquement spécialisé : la région caennaise développe l'électronique (Radiotechnique en 1957, filiale de Philips, aujourd'hui Philips Composants) et l'automobile (la Saviem en 1956, à Blainville-sur-Orne, et de Citroën en 1963 à Cormelles-Le-Royal), le Nord-Cotentin adopte l'industrie nucléaire (usine de retraitement de la Hague en 1966, sous-marins nucléaires à la DCN de Cherbourg) et maritime (les Constructions Mécaniques de Normandie et l’Union Industrielle et d’Entreprise, construction de plates-formes pétrolières en 1973, à Cherbourg). S'ajoutent l’électronique à Alençon, la construction mécanique à Lisieux, Alençon et Flers, le textile à Flers et Condé-sur-Noireau.

La crise s'est abattue dans les années 1980. La SMN, devenu Unimétal sous le giron d'Usinor-Sacilor en 1981, a réduit peu à peu sa voilure, jusqu'à sa fermeture en 1993. Dans le même temps, l'industrie automobile caennaise se séparait de la moitié de ses effectifs et le textile normand licenciait lourdement. À Cherbourg, les établissements de Cogema-la Hague et EDF à Flamanville ont absorbaient la fermeture de l'UIE et les réductions d'effectifs d'Alcatel-CIT. Après une faible reprise, la région a affronté plusieurs grosses crises à la fin des années 90, dont la fermeture de 2 des 5 plus gros employeurs. En effet, Moulinex, plus gros employeur industriel (6700 employés en 1990 à Alençon, Ifs, Saint-Lô, Argentan, et Falaise) en redressement judiciaire a été racheté par Seb en 2001, qui ferme les usines bas-normandes, tandis que sa filiale CGME est reprise par ses cadres sous le nom d'Euromoteurs, avec les unités de Carpiquet et Saint-Lô sans réussir à se relancer. Unimetal (Mondeville) et Akai (Honfleur) ont également mis la clé sous la porte, la DCN et les CMN ont taillé sévèrement dans leurs effectifs.

[] Le secteur primaire

Bateaux de Port-en-BessinBateaux de Port-en-Bessin
Bateaux de Port-en-Bessin

Avec 73% du territoire en surface agricole, et la part de l'emploi agricole la plus forte en France (7%), la Basse-Normandie est une région à forte identité agricole. L'élevage (bovins pour le lait et la viande, porcs, volailles et lapins, moutons, chevaux) et la culture (céréales et oléoprotéagineux, lin, betteraves, pommes de terre, légumes, fruits, horticulture) se côtoient.

La Basse-Normandie est la première région française pour la production de beurre, de fromages frais et de fromages à pâte molle, la production de pommes à cidre et de produits cidricoles, la production de poireaux et navets, la production de lin textile, et est la première région en nombre de chevaux. La filière équine emploie 6000 salariés sur 70 000 hectares dédiés, dont deux haras nationaux, celui de Saint-Lô et le Haras du Pin. De ces élevages sont nées les races du cob normand et du selle français.

Région côtière sur 471 km, la Basse-Normandie concentrait en 2002 10,7% de la flotte française avec 602 navires en activité et 2 400 marins professionnels. Les ports de pêche principaux sont : Cherbourg, Granville, Port-en-Bessin et Grandcamp-Maisy (disposant tous les 4 d'une criée), ainsi que Honfleur, Saint-Vaast-la-Hougue, Ouistreham, et Trouville. La région accueille aussi plusieurs bassins conchylicoles (huîtres et moules).

Les produits laitiers, cidricoles et coquillages normands sont certifiés par 12 AOC (produits laitiers, cidricoles), de nombreux Labels Rouges et Certificats de Conformité Produit.

[] Le secteur secondaire

L'industrie s'est traditionnellement développée autour de 2 pôles régionaux : Caen (électronique et automobile) et Cherbourg (construction navale et énergie).

La Basse-Normandie compte très peu d'établissements importants, parmi lesquels on trouve de grands groupes français ou internationaux (Renault, Peugeot SA, Valeo, Robert Bosch, Philips, Lactalis, Areva NC, EDF) et quelques réussites locales (ACOME, Maîtres Laitiers du Cotentin…).

[] Agroalimentaire

Pont-l'évêquePont-l'évêque
Pont-l'évêque

Réputée pour son élevage bovin et sa production laitière, l'industrie agroalimentaire est le premier employeur industriel régional.

Représentant 21 000 emplois, soit 21,4% des emplois industriels de la région, elle s'articule autour de la transformation du lait (Elvir, Maîtres laitiers du Cotentin, Coopérative Isigny-Sainte-Mère, Compagnie des fromages, Lactalis, Danone, Nestlé, Gloria) et de la production de viandes (SOCOPA, Viandes du Cotentin, Soviba, Société normande de volaille, Charal, Abattoirs industriels de la Manche, Les Salaisons de Brocéliande, Fléchard, Charles Amand (andouilles)…).

L’industrie liée aux produits de la mer se développe également à travers Cuisimer à Carentan, Salmona à Cherbourg-Octeville, Charles Amand à Vire, Frial à Bayeux et Nutrimer à Carpiquet.

[] Construction électrique et électronique

Ce secteur, longtemps moteur de l'industrie normande (19000 emplois en 2000) n'est plus que l'ombre de lui même. Moulinex a entraîné dans sa chute (suppression de 3000 emplois directs) des sous-traitants, tout comme les usines d'Alcatel de Tourlaville et de Coutances, repris par Sanmina France et Elvia avec réductions d'effectif, réduisant d'un tiers les emplois de cette filière. L'électrique et l'électronique restent cependant le deuxième employeur de la région (16% de l'effectif industriel total bas-normand).

Aujourd'hui, le secteur se structure autour de l'agglomération caennaise, avec Philips, et la fabrication de composants pour automobile par Robert Bosch Electronique et SC2N-Valéo. L'électronique s'appuie également sur les 1200 employés d'Acome, SCOP fabriquant de la fibre optique. L'électroménager n'existe plus qu'à travers les 143 salariés d'Euromoteurs (ex Compagnie générale des moteurs électriques) à Saint-Lô, en redressement judiciaire depuis octobre 2006.

La constitution d'un pôle de compétitivité « Transactions électroniques sécurisées » autour de Philips semi-conducteurs, Oberthur, France Telecom R&D et des laboratoires de recherches de Caen, ainsi que la constitution du Campus Normandie Technologie (dont l'École nationale supérieure d'ingénieurs), devrait redonner une bouffée d'oxygène à cette filière.

[] Automobile

Le secteur automobile emploie 13% des salariés de l'industrie bas-normande. Les trois quarts de la dizaine de milliers d'emplois : PSA Peugeot Citroën à Cormelles-le-Royal, Renault Trucks à Blainville-sur-Orne, Faurecia à Flers, Robert-Bosch Electronique à Mondeville, Thyssenkrupp Sofédit au Theil, Chéreau à Ducey. En ajoutant la sous-traitance liée (travail des métaux, plasturgie, équipements électriques), la filière automobile dépasserait les 26 000 emplois.

Le pôle de compétitivité « Normandy Moteur Valley » (filière énergétique-propulsion et automobile) a été mis en place en 2005, autour de Renaut Trucks, Citroën (Ifs), Valéo (Condé-sur-Noireau), Faurecia, Labinal (Vire), et Société Bertrand Faure.

[] Métallurgie et transformation des métaux

L'Orne a longtemps accueilli sur ses rives des forges, s'appuyant sur les mines de fer de Soumont, Saint-Rémy, La Ferrière-aux-Étangs, ainsi que celles de Diélette (Flamanville), Barenton et Mortain, ou encore les mines de charbon du Molay-Littry. Les Hauts-fourneaux de la SMN à Mondeville symbolisait cette industrie. Villedieu-les-Poêles travaille le cuivre et les cloches depuis plusieurs siècles.

Actuellement, malgré les fermetures de Vaujois, APM-Valfond, et Sonofoque, après celle d'Unimétal-SMN, le travail des métaux représente encore le quatrième secteur de la région avec 11 000 salariés, répartis dans beaucoup de petits établissements (les 2/3 ont moins de 10 salariés). On trouve notamment les sociétés Tréfimétaux (Rai), Nomel (La Ferté-Frênel) et Guy Degrenne (Vire).

3 systèmes productifs locaux ont été mis en place contre la crise, autour de la quincaillerie (Tinchebray), de la mécanique (Flers), et du travail des métaux (le triangle Vire - Sourdeval - Villedieu-les-Poêles appelé Vallée des Alliages).

[] Nucléaire et énergie

Le Nord-Cotentin concentre une importante spécialisation nucléaire, avec la centrale nucléaire de Flamanville, l'usine de retraitement de La Hague et la Direction des constructions navales.

La Basse-Normandie a produit en 2003 17700 Gwh d'électricité. L'implantation future de l'EPR sur le site de Flamanville devrait accentuer encore la puissance locale de cette filière.

[] Textile et accessoires

L'industrie du textile du XVIIIe et XIXe siècle présente à Flers, Condé-sur-Noireau et Alençon, a subit des mutations n'a pas résistée à la mécanisation et à la concurrence internationale. Elle est désormais orienté vers le luxe, et hors des zones traditionnelles, avec dans le Sud-Manche les Tricots Saint-James et Louis Vuitton, et la fabrique des Véritables Parapluies de Cherbourg à Tourlaville.

[] Transformation du bois

Malgré le département de la Manche qui est le moins boisé de France (6,5% du territoire), le secteur du bois, du papier et du carton (Alliora, Otor) représente 5200 emplois en Basse-Normandie, s'appuyant sur les forêts ornaises et l'important trafic de bois via le port de Caen.

[] Sciences, pharmaceutique et hygiène

Concentré dans le Calvados, le secteur pharmaceutique et de l'hygiène est l'un des rares à créer des emplois (1800 en 2004). Schering-Plough (médicaments), Laboratoires Gilbert (parfums et produits de toilettes), Bottu Aventis Pharma dans l'agglomération caennaise, Famar (médicaments) à L'Aigle, Roval (parfums et produits de toilette) à Flers sont les entreprises principales du secteur.

La région accueille un important pôle de recherche avec Cyceron (Cyclotron Biomédical de Caen), l'Institut des sciences de la matière et du rayonnement (ISMRA) et le Grand accélérateur national d’ions lourds (GANIL).

[] Plasturgie

La filière plasturgique emploie 4 500 salariés (4% de l'effectif industriel bas-normand), particulièrement dans l'Orne pour laquelle elle a permis une redynamisation de l'industrie. Alençon a développé un pôle de formation adaptée, avec l’Institut Supérieur de Plasturgie d’Alençon (ISPA) et l’Institut Supérieur du Moule (ISMO).

[] Le secteur tertiaire

[] Le tourisme et les loisirs

Le tourisme en Normandie est une tradition, essentiellement avec les stations balnéaires de la côte que symbolise la création de Deauville en au XIXe siècle. Avec quelques lieux phares, comme le Mont-Saint-Michel, les plages du Débarquement, ou Deauville-Trouville, 7% des emplois bas-normands sont liés au tourisme, et 8% du PIB régional, essentiellement sur la côte, et très saisonnier.

A l'intérieur des terres se trouvent la Suisse normande, le long de l'Orne, et la station thermale de Bagnoles-de-l'Orne.

Avec 3 Parcs naturels régionaux (Parc naturel régional des Marais du Cotentin et du Bessin, Parc naturel régional du Perche et Parc naturel régional Normandie-Maine), le tourisme vert prend un essor particulier, permettant un rééquilibrage vers des zones traditionnellement moins fréquentées (Orne et Sud-Manche) un rééquilibrage.

La diversité des paysages permet tout type de tourisme, qu'il soit culturel, historique, balnéaire ou rural.

Les ports de plaisances bas-normands proposent 10 000 places.

[] Le commerce

La Basse-Normandie est le fief de la famille Haley, créateurs du groupe Promodès, qui détenait les magasins Continent, Promocash, avant sa fusion avec Carrefour.

Comme ailleurs en France, les grandes surfaces nationales remplacent les petits commerces, avec la particularité de la préservation de petits bourgs commerçants dans les campagnes. L'emploi dans la commerce a crû de 1,2% l'an dernier, principalement dans le commerce de détail.

Le commerce de gros dépend essentiellement de l'agriculture et de l'agroalimentaire.

[] Transports

La façade maritime favorise les échanges, d'où l'existence de plusieurs ports de commerce liés au transit passagers et marchandises (Cherbourg-Octeville et Ouistreham).

[] Voir aussi

[] Liens externes

[] Sources

  • INSEE
  • Chambre régionale d'Agriculture de Normandie
  • La Situation Économique et de l'Emploi en Basse-Normandie au 1er janvier 2006, Alain CARTEL, Rapport au CES de Basse-Normandie
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