Dinosaure

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Pour les articles homonymes, voir Dinosaure (homonymie). 

Dinosauria
squelette de Tricératops
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Archosauriens
Taxons de rang inférieur
Ordres :
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Les dinosaures (Dinosauria) sont des Sauropsidés (Sauropsida) — groupe monophylétique regroupant les "reptiles" et les oiseaux (Aves) — dont les plus emblématiques représentants ont vécu depuis la fin du Trias (-220 millions d'années) jusqu'à la fin du Crétacé (-65 millions d'années) durant l'ère mésozoïque (ou ère secondaire). Des découvertes récentes semblent indiquer que leur apparition daterait du Trias moyen, voire du Trias inférieur, soit entre -220 et -250 millions d'années).

Hormis les oiseaux, tous les taxons dinosauriens ont disparu plus ou moins précocement au cours du mésozoïque et la crise crétacé-tertiaire (aussi appelée crise K-T) a définitivement éteint les grands taxons de dinosaures non-aviens existant au crétacé supérieur. La Pangée n'étant pas encore fragmentée au triasique, les dinosaures ont pu coloniser tous les continents à pied sec. [1] [2]

Le nom vient de Dinosauria (de saura : « lézard », deinos : « formidable, terrible »), proposé par Richard Owen. En effet, un grand nombre de dinosaures pouvaient être d'une taille considérable (plus de quinze mètres de long) qui leur a valu un succès certain. Toutefois, ces animaux pouvaient (et peuvent encore) aussi avoir une très petite taille (quelques centimètres). L'épithète spécifique de certains dinosaures correspond au nom des personnes qui les ont découverts.

Sommaire

[] Métabolisme

Une étude française sur la composition isotopique en oxygène des dents et os de 80 dinosaures du Crétacé (sauropodes, ornithopodes, théropodes) a montré que ceux-ci devaient être homéothermes. Le rapport 18O/16O — qui dépend de la température interne de l'animal vivant — est identique à celui des mammifères et oiseaux, homéothermes, et diffère nettement de celui des reptiles actuels, ectothermes, et des chéloniens et crocodiliens fossiles du Crétacé. La présence de structures de Havers (micro-canaux entourés d'une couche d'os concentrique au sein des squelettes) dans les os fossilisés serait également un élément en faveur caractère endotherme [3]. Une autre équipe, de Floride, a estimé que la température était proportionnelle à la masse et au taux de croissance, allant de 25 °C pour les petits dinosaures jusqu'à 41 °C pour les plus grands [4]. Ils ont appliqué un modèle numérique, permettant d'estimer la température corporelle en fonction de la taille et du rythme de croissance, à huit espèces, du psittacosaure (Psittacosaurus mongoliensis, 12 kg) à l'apatosaure (Apatosaurus excelsus, 26 000 kg). D'après cette équipe, la température interne de Sauroposeidon proteles, le plus lourd des dinosaures connus (60 tonnes), devait atteindre 48 °C. Ce modèle tendrait donc à prouver que les gros dinosaures étaient chauffés par « homéothermie inertielle ».

[] La crise crétacé-tertiaire (crise K-T) ou « l'extinction des dinosaures »

→ Article détaillé: Extinction du Crétacé

La disparition des dinosaures engendra des milliers de théories, certaines farfelues comme la destruction des dinosaures par des extraterrestres, et d'autres plus probables et scientifiquement testables. Il convient toutefois de noter que l'extinction des dinosaures est un problème sémantique : les dinosaures ne sont pas éteints puisqu'il subsiste des oiseaux.

En revanche, il y a bien eu une crise à la fin du crétacé, il y a 65 millions d'années. Bien que cette dernière ait eu un impact moyen sur la biodiversité en général (si on la compare à la crise permo-triasique ou même à celle de l'ordovicien) et qu'elle a surtout décimé des organismes marins tels les foraminifères et non des organismes terrestres dont l'extinction relative est beaucoup moins élevée, elle est devenue très célèbre en raison de la sur-médiatisation relative aux dinosaures.

La comparaison du taux d'extinction taxon par taxon montre que certains des clades contemporains des dinosaures ont été très affectés (tels les plésiosaures et les ptérosaures) et d'autres beaucoup moins (crocodiliens et chéloniens par exemple). Même si cette crise a effectivement causé l'extinction de la plupart des taxons dinosauriens vivant à la fin du crétacé, de nombreux taxons se sont éteints avant, pas parce que les dinosaures étaient dans un déclin prédictible mais par le simple fait de l'extinction continue d'espèces au cours des temps géologiques.

Les causes les plus probables ayant induit la crise K-T sont :

  • La chute d'une météorite de plusieurs dizaines de kilomètres de diamètre provoquant une catastrophe majeure qui, par le biais de débris dus à la collision, plongea la Terre dans l'obscurité et le froid pendant plusieurs années, empêchant ainsi la photosynthèse, ce qui induisit un appauvrissement massif en plantes et surtout en plancton et conduisit à l'extinction de nombreuses espèces dépendants de ces ressources quel que soit leur niveau trophique. Cette théorie, de nos jours très argumentée (cratère de Chicxulub au Mexique daté de -65 millions d'années), permet notamment d'expliquer dans une certaine mesure les survies différentielles des taxons ;
  • éruptions à la fin du crétacé d'un supervolcan (trapps du Deccan, en Inde) pendant une période assez courte au niveau des temps géologiques, provoquant un cataclysme planétaire en modifiant le climat et empêchant la photosynthèse en plongeant la Terre dans l'obscurité par le biais de nuages de cendres. Cette théorie est aussi argumentée que la théorie précédente, entre autres par la datation de -65 millions d'années des trapps du Deccan, dont la superficie équivaut à plusieurs fois la France , et par des résultats sur la baisse de la luminosité à la surface de la Terre lors de l'éruption récente du Pinatubo (avril 1991) aux Philippines. Cette théorie recoupe en partie celle de la collision météorique ;
  • régressions marines très importantes à la fin du crétacé changeant la conformation et l'étendue des milieux littoraux et benthiques tout en induisant un important changement climatique. Cette théorie est elle aussi basée sur des preuves solides et on sait maintenant qu'une très grande régression marine a eu lieu au crétacé supérieur.

Ces trois théories sont basées sur des faits et la crise K-T pourrait être la conséquence de la quasi-simultanéité de ces trois événements. Les avis divergent en ce qui concerne l'importance relative de chacun d'eux.

[] Sources

  • La fin des dinosaures : comment les grandes extinctions ont façonné le monde vivant. Éric Buffetaut, Fayard, 2003 (ISBN 2-213-61489-X) ;
  • L'arbre à remonter le temps : les rencontres de la systématique et de l'évolution. Pascal Tassy, Éd. C. Bourgois, 1991 (ISBN 2-267-00712-6) ;
  • Comme les huit doigts de la main : réflexions sur l'histoire naturelle. Stephen Jay Gould, Éd. du Seuil, 1996, (ISBN 2-02-019426-0 0-393-03416-X).

[] Les représentants actuels des dinosaures

un œuf de dinosaureun œuf de dinosaure
un œuf de dinosaure

Le premier fossile d'oiseau, l'Archæopteryx, a été découvert dans les années 1860. Sa grande ressemblance avec certains petits dinosaures carnivores bipèdes, comme les Compsognathus, a immédiatement fait apparaître la théorie selon laquelle les oiseaux descendaient d'une espèce appartenant à ce groupe de dinosaures, les Cœlurosauriens.

Pendant un siècle, la théorie est restée très controversée, voire rejetée. En effet, les oiseaux ont des clavicules, quand les cœlurosauriens n'en avaient pas.

Dans les années 1970, cependant, des Cœlurosauriens dotés de clavicules ont été découverts, et la théorie dinosaurienne sur l'origine des oiseaux est redevenue dominante.

Dans les années 1990, de nombreux fossiles de dinosaures à plumes ont été découverts, en particulier en Chine, et ont achevé d'imposer cette théorie. Il ne s'agit pas de fossiles intermédiaires entre dinosaures et oiseaux, mais bien de dinosaures cœlurosauriens avec des plumes ou des proto-plumes. L'interprétation qui est faite de ces découvertes est qu'une espèce de dinosaure cœlurosaurien (voire l'ancêtre des Cœlurosauriens lui-même) a développé le caractère « plume » et que parmi les descendants de cette espèce se trouve entre autres l'ancêtre commun à tous les oiseaux. Il est à noter qu'en 2005, aucun fossile intermédiaire entre oiseaux et dinosaures non aviens (un proto-oiseau) n'a été découvert.

Certains scientifiques pensent que le développement des plumes pourraient être plus ancien que l'apparition des cœlurosauriens, mais en 2005, aucune découverte irréfutable ne conforte cette thèse.

Les oiseaux ne descendent pas du tout des reptiles volants, les Ptérosaures, qui sont un groupe (ou clade) cousin des Dinosaures, au sein du groupe plus large des Archosauriens (Dinosaures, Crocodiles, Ptérosaures...).

[] Histoire de leur étude

On connaît des fossiles de dinosaures depuis des millénaires, sans que leur vraie nature soit comprise. Pour les Chinois c'étaient des os de dragons, pour les Européens des restes des Géants et d'autres créatures tuées par le Déluge. Les premières espèces identifiées et baptisées furent l'iguanodon, découvert en 1822 par le géologue anglais Gideon Mantell, qui a remarqué des similitudes entre ses fossiles et les os de l'iguane contemporain. Le premier article scientifique sur les dinosaures parut deux ans après, il fut publié par le révérend William Buckland, professeur de géologie à l'université d'Oxford, et concernait Megalosaurus bucklandii, dont un fossile avait été découvert près d'Oxford. L'étude de ces "grand lézards fossiles" fit l'objet d'un grand intérêt dans les cercles scientifiques européens et américains, et le paléontologiste anglais Richard Owen inventa le terme "dinosaure" en 1842. Il remarqua que les restes précédemment trouvés (Iguanodon, Megalosaurus et Hylaeosaurus) avaient de nombreux caractères en commun, et décida de créer un nouveau groupe taxonomique. Avec l'aide du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, mari de la reine Victoria, il créa le Muséum d'histoire naturelle de Londres, à South Kensington (Natural History Museum), pour exposer la collection nationale de fossiles de dinosaures, ainsi quelques autres objets d'intérêt botanique et géologique.

En 1858 le premier fossile de dinosaure américain fut découvert, dans des marnières près de la petite ville de Haddonfield, dans le New Jersey (ce n'est pas le premier fossile de dinosaure trouvé en Amérique, mais le premier identifié comme tel). L'animal fut nommé Hadrosaurus foulkii, du nom de la ville et de son découvreur : William Parker Foulke. Cette découverte fut très importante car il s'agissait du premier squelette presque complet découvert, et il mettait en évidence sans doute possible que l'animal était bipède. Jusqu'alors la plupart des scientifiques croyaient que les dinosaures marchaient à quatre pattes comme les lézards. Cette découverte marqua le début d'une chasse aux fossiles de dinosaures aux États-Unis. La lutte acharnée entre Edward Drinker Cope and Othniel Charles Marsh fut connue sous le nom de "guerre des os" ("Bone Wars"). Leur querelle dura presque 30 ans, et finit en 1879 quand Cope mourut après avoir dépensé toute sa fortune dans cette quête. Marsh sortit vainqueur, grâce surtout à l'aide financière de l'Organisation Géologique des États-Unis (United States Geological Survey). La collection de Cope se trouve aujourd'hui au muséum d'histoire naturelle de New York, celle de Marsh au muséum d'histoire naturelle de Peabody, à l'université de Yale.

Depuis, la recherche de fossiles s'est étendue à toute la surface du globe, y compris en Antarctique, où un Nodosaurid ankylosaurus fut découvert en 1986, sur l'île de Ross. C'est cependant en 1994 qu'un dinosaure habitant réellement l'Antarctique, Cryolophosaurus ellioti, fut décrit dans un journal scientifique. Les zones particulièrement intéressantes sont aujourd'hui l'Amérique du Sud, et surtout l'Argentine, et la Chine, dont le sous-sol a révélé de nombreux squelettes très bien conservés.

[] Classification des dinosaures

[] Tableau récapitulatif

Sur la base du code international de nomenclature zoologique, on peut reconnaître de 630 à 650 espèces de dinosaures. un peu plus de la moitié de ces espèces ne sont représentées que par un seul spécimen (souvent incomplet) et moins de 20 pour cent des espèces sont connues par plus de cinq spécimens. Ce tableau général fournit des liens entre les principaux groupes de dinosaures. On trouvera à droite quelques genres illustrant les ordres et les familles représentés.

saurischiens théropodes
coélusauriens cératosaure herrerasaure dilophosaure
tétanures tyrannosaure allosaure vélociraptor
segnosauriens segnosaure thérizinosaures
sauropodomorphes
prosauropodes anchisaurus platéosaurus massospondylus
sauropodes brachiosaurus apatosaurus diplodocus
ornithischiens thyréophores
scélidosauriens scélidosaurus fabrosaurus
stégosauriens stégosaure kentrosaure huayangosaure
ankylosauriens euoplocéphalus saichania ankylosaurus
marginocéphales
pachylocéphalosauriens prenocephale pachycéphalosaurus stégocéras
cératopsiens tricératops protocératops torosaurus
ornithopodes iguanodon hadrosaurus dryosaure

[] Ordre des Saurischiens

[] Sous-ordre des théropodes

[] Sous-ordre des sauropodomorphes

[] Ordre des ornithischiens

[] Sous-ordre des ornithopodes (iguanodontoïdés)

[] Sous-ordre des thyréophores

[] Sous-ordre des marginocéphales

[] Reptiles contemporains aux dinosaures

De nombreux reptiles qui vivaient aux mêmes périodes géologiques que les dinosaures ont parfois été confondus avec les dinosaures par le cinéma ou la littérature, alors qu'ils ne sont pas scientifiquement classés comme tel. Les plus connus sont :

[] Musée

Quelques musées qui abritent des squelettes de dinosaures :

[] Voir aussi

[] Notes et références

  1. Classification phylogénétique du vivant -- Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader ; illustrations Dominique Visset, Editeur Paris , Belin -- DL 2006, ISBN 2-7011-4273-3
  2. Tree of Life www.tolweb.org
  3. Les dinosaures avaient le sang chaud, R. Amiot, Pour la science, octobre 2006, p70-74
  4. Gillooly et al., PLoS Biology, août 2006

[] Articles connexes

Wikimedia Commons propose des documents multimédia sur Dinosauria.

[] Articles scientifiques

[] Le dinosaure dans les arts et la littérature

[] Liens externes

  • (fr) Gigadino : site sur la paléontologie présentant notamment des fiches et des dossiers ;
  • (fr) Geopolis: les caractéristiques qui définissent les dinosaures ;
  • (fr) DinoNews: le site d'un professeur de sciences naturelles passionné par les dinosaures ;
  • (fr) À la découverte des dinosaures: des informations sur les dinosaures ;
  • (fr) Au temps des dinosaures : site sur la paléontologie contenant des cartes d'identité sur les dinosaures ;
  • (fr) Jurassic-World.com : histoire de la vie sur terre au temps des dinosaures ;
  • (en) Dinosauria : classification récente des dinosaures issue du projet scientifique international Tree of Life. ]
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