Deuxième République (France)

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La Deuxième République est la forme de gouvernement de l'État français du 4 novembre 1848 au 2 décembre 1851. Elle fait suite à la Monarchie de Juillet et est remplacée par le Second Empire. On parle parfois improprement de la Seconde République. et la guerre se termina

La Deuxième République est un régime original dans l'histoire de France d'abord par sa brièveté, ensuite car c'est le dernier régime à avoir été institué à la suite d'une révolution. C'est enfin le régime qui a instauré le suffrage universel masculin et aboli définitivement l'esclavage.

Sommaire

[] Les causes du changement de régime

Les principales causes de la chute de la Monarchie de Juillet sont

  • crise économique
  • usure du pouvoir
  • aspirations démocratiques.

La crise économique qui ronge l'Europe depuis 1845, d'abord agricole (épidémie de mildiou qui affecte la culture de pommes de terre, qui provoque aussi la Grande Famine (The Great Famine, en Irlande), s'est étendue à l'industrie. La baisse de la production agricole (raréfaction du blé, du seigle et de l'orge) ruine les populations rurales (représentant 75 % en France) qui consomment moins. Même si la crise n'est pas uniforme (les départements méditerranéens et la vallée du Rhône apparaissant comme un secteur abrité, les pays de la Loire et les plaines du Centre, en revanche, semblant avoir le plus souffert de la disette) et malgré une accalmie en 1847, les conséquences touchent principalement les paysans les plus pauvres.

Des centaines de milliers de ruraux étant obligés de restreindre leurs achats de vêtements, les industries de laine, coton et lin sont fragilisées. L'industrie se trouve en situation de surproduction et rapidement les usines ferment, notamment les unités de production de petite taille, plus sensibles à la conjoncture.

La crise révèle la fragilité de la structure bancaire française : la plupart des banques n'ayant pu assurer une circulation suffisante de monnaie et les investissements nécessaires à la bonne marche de l'industrie, les industriels ont vite été dépourvus de capitaux. Cette diminution des capitaux en circulation explique la panique bancaire dans les grands centres comme Paris ou Lyon. Même si la fin de l'année 1847 et les premières semaines de 1848 sont placées sous le signe d'une reprise apparente, la grande incertitude et la réelle précarité de la conjoncture économique a des conséquences démographiques : le chômage augmente, activant la paupérisation et la migration vers les grandes villes où les chômeurs espèrent trouver le travail qu’ils n’ont plus dans la petite industrie rurale. Ainsi la crise accélère l'urbanisation de la France (exode rural) et par conséquent le poids politique de la « populace » urbaine, notamment parisienne.

La concentration de la population ouvrière dans les villes favorise la propagation des idées progressistes. Les notables parisiens commencent aussi à préférer le parti du Mouvement à celui du roi, irrités par la crise financière, ils rendent François Guizot, le chef du gouvernement, responsable de la situation.

Les réunions publiques étant interdites, l'opposition organise des banquets au cours desquels les toasts sont l'occasion de discours. La session parlementaire qui s'ouvre le 28 décembre 1847 s'annonce agitée. Dès le 3 janvier suivant les étudiants protestent contre la fermeture du cours de Jules Michelet. Au Parlement, les députés mènent bataille contre le gouvernement sur les affaires de corruption et surtout sur la politique générale.

[] La révolution de février 1848

Voir l’article Révolution française de 1848.

Le 22 février 1848 un banquet « réformiste » (appelés ainsi car les opposants réclament la réforme de la loi électorale) de la garde nationale est interdit dans le douzième arrondissement de Paris, ce qui provoque l’émeute. Le 23 février au soir, les troupes en poste devant le ministère des Affaires étrangères, boulevard des Capucines ouvrent le feu sur les manifestants, ce qui transforme l’émeute en révolte. On dénombre 16 morts. Les corps furent montrés la nuit-même aux Parisiens, promenés sur des charrettes. Les armureries sont dévalisées, des barricades fleurissent. Le général Bugeaud reste impuissant. Les insurgés sont victorieux le lendemain et investissent le château des Tuileries, la demeure du roi Louis-Philippe. C’est la révolution, le roi abdique. Les révolutionnaires envahissent le Palais Bourbon pour forcer les députés à proclamer un gouvernement provisoire et la République. Les manifestants brûlent le trône de Louis Philippe place de la Bastille, ce qui constitue un double symbole, celui de la Révolution française et celui de la Révolution de 1830, commémoré par la Colonne de Juillet.

[] Période du Gouvernement Provisoire

Voir l’article Gouvernement provisoire de 1848.

Le gouvernement provisoire est composé de républicains, pour moitié de démocrates et pour moitié de libéraux. Il compte également Louis Blanc, un théoricien socialiste et Alexandre Martin, un ouvrier surnommé « l'ouvrier Albert ». L'écrivain Alphonse de Lamartine est l'homme le plus célèbre de ce gouvernement provisoire.

[] La préparation de la nouvelle constitution

Pour reprendre la tradition républicaine, le gouvernement décide de faire rédiger la nouvelle constitution par une assemblée constituante, comme en 1789 et 1792. Cette assemblée est élue au suffrage universel masculin le 23 avril par 7 800 000 Français. Ce sont des républicains modérés qui sont élus, mais ils sont moins à gauche que les républicains ayant proclamé la Deuxième République.

[] L'institution de la République

La constitution de la Deuxième République répartit ainsi les pouvoirs :

  • Le pouvoir exécutif : Le président est élu pour 4 ans au suffrage universel masculin direct, à la majorité relative avec un minimum de 2 millions de voix ; il n'est rééligible que 4 ans après la fin de son mandat. Il doit avoir au moins 30 ans. Il dispose de la force armée, sans pouvoir jamais la commander en personne. Il ne peut pas non plus dissoudre l'assemblée. C'est lui qui nomme les ministres. Il dispose du droit de grâce. Certains amendements avaient pour objet d'interdire à certaines personnes de se présenter à la présidence (les constituants voulaient éviter un dévoiement du régime en excluant de la course à l'élection le neveu de Napoléon et les membres de la famille royale), mais ils ne furent pas retenus.
  • Le pouvoir législatif : Une assemblée unique (monocamérisme), l'Assemblée Nationale (750 membres d'au moins 35 ans, élus pour 3 ans au suffrage universel direct). Ses membres perçoivent une indemnité.

La constitution de la Deuxième République est promulguée par le président de l'Assemblée constituante le 4 novembre 1848. Le 10 décembre, Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République avec 74% des suffrages exprimés.

[] Vie politique sous la Deuxième République

[] Le coup d'État

Voir l’article Coup d'État du 2 décembre 1851.

Pour la préparation du coup d'État de 1851, Louis-Napoléon Bonaparte place des proches aux postes-clés. Le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris, le général Saint-Arnaud est choisi comme Ministre de la Guerre et le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris. C'est Louis-Napoléon lui-même qui fixe le coup d'État au 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d'Austerlitz en 1805.

Après avoir fait arrêter les principaux opposants et placé l'armée aux points névralgiques de la capitale, Louis-Napoléon fit afficher une proclamation à destination des Français. Il expliquait, dans cet Appel au peuple qu'il avait l'intention de restaurer « le système créé par le Premier consul ». Louis-Napoléon fit ensuite ratifier son coup d'État par référendum, qui prenait plutôt en l'occurrence la forme d'un plébiscite. Une immense majorité de Français accepta de suivre le président nouvellement élu.

La constitution fut donc modifiée. Celle-ci confiait le pouvoir exécutif à un président élu pour dix ans, titulaire de l'initiative législative, réduisant ainsi très fortement la marge d'action du corps législatif.

On peut donc qualifier ce régime d'autoritaire. D'ailleurs il se mua au bout d'un an en un second Empire, ce qui ne surprit personne. C'est le sénatus-consulte du 7 novembre 1852 qui a rétabli « la dignité impériale » au profit de Louis-Napoléon qui devenait ainsi Napoléon III.

Précédé par :
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Histoire de France Lui succède :
Second Empire

[] Références

  • Karl Marx a publié sept articles de 1851 à 1852 qu'il a rassemblés sous le titre « Le 18 brumaire de Louis Bonaparte ». Il y décrit, pour ainsi dire à chaud, les évènements qui ont mené au coup d'État du 2 décembre 1851 en les replaçant dans leur contexte économique et social.
  • Inès Murat, La IIe République (1848-1851), Fayard, Paris, 1987, 533 p. (ISBN 2-213-01832-4)

[] Citation

« La République, en France, a ceci de particulier, que tout le monde y tient mais que personne n'en veut. »

(Comte Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français, 1816-1882).

[] Voir aussi

[] Liens internes

[] Liens externes

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