Denis Sassou-Nguesso
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Denis Sassou-Nguesso, né en 1943 à Edou (nord du Congo) est président du Congo du 8 février 1979 au 3 août 1992 et revient au pouvoir le 25 octobre 1997 suite à un coup d'État qui précède les élections présidentielles de 1997 et qui se prolonge en guerre civile.
Sommaire |
[] Général et homme d'État congolais
D'ethnie Mbochi,après une formation à l'école des instituteurs de Dolisie, il s'engage dans l'armée congolaise en 1961 et suit une formation militaire de réserviste à Cherchell (Algérie). Il intègre les forces armées et le corps des parachutistes en 1964. Il en devient le sous-chef de corps quelques années plus tard avec Kimbouala Nkaya comme chef de corps. Il fera assassiner ce dernier en 1977 par un commando dirigé par son homme de main Garcia. C'est dans cette folie meurtrière qu'il fera exécuter le cardinal Émile Biayenda et l'ancien président Alphonse Massamba-Débat.
En 1970, Sassou-Nguesso adhère au Parti congolais du travail (PCT) et est nommé ministre de la défense, de la sécurité et des milices populaires en 1975. Il assure plus tard l'intérim de la présidence, du 18 mars au 2 avril 1977, après l'assassinat du président Marien Ngouabi. Il est supplanté par Joachim Yhombi-Opango, l'officier le plus gradé à la tête du Comité militaire du parti, qui entend assurer le contrôle du pouvoir politique. Il est ensuite élu président du PCT à l'issue du congrès du 5 février 1979 et devient de fait le nouveau président de la République.
[] Première présidence
Il met en place un plan quinquennal économique et social de reconstruction du Congo visant notamment à la construction de routes et de ponts. Ce plan est confronté à la baisse du cours du pétrole, car son financement est assujetti aux avances sur production, en réalité des prêts gagés sur le pétrole (principale ressource du pays). Face à l'échec de ce plan, Sassou-Nguesso est contraint de mener des négociations avec le Fonds monétaire international qui consent à aider le Congo sous réserve de l'adoption de mesures de transparences financières et de démocratisation du pays.
Sur le plan international, il entretient des relations avec des mouvements de libération nationale africains et avec le pouvoir marxiste angolais tout en conservant des liens étroits avec la France. En 1986, il prend ses distances avec le marxisme pour sortir de son isolement diplomatique. En 1988 il réunit à Brazzaville des représentants de l'Angola et d'Afrique du Sud. Cette même année, il sera élevé au grade de Général des armées (de sa propre volonté car l'armée congolaise n'a aucun général à cette époque).
Le 25 février 1991, pressé par les travailleurs qui menacent de descendre dans la rue, il se voit obligé de tenir une Conférence nationale, au cours de laquelle, sa mauvaise gestion est mise au grand jour. Il est rendu seul responsable du désastre économique en raison de sa liaison avec des milieux politico-mafieux. Il est également condamné à une amende de 2 milliards de francs CFA et on lui impute la responsabilité personnelle des assassinats perpétrés suite à l'assassinat du président Ngouabi. À l'issue de la conférence, un gouvernement de transition est mis en place et celui-ci fixe la date des élections présidentielles. Candidat à sa propre succession aux élections du 2 juin 1992, Sassou-Nguesso arrive en troisième position derrière Pascal Lissouba et Bernard Kolélas. Il choisit de soutenir Lissouba, à qui il apporte ses voix, du fait de son expérience ministérielle.
[] Traversée du désert
Il se retire dans le village d'Oyo, dans le nord du Congo, où il fourbit sa revanche en organisant ses milices appelées Cobras. En 1995, il s'installe au Vésinet, près de Paris, pour prendre contact avec ses futurs mentors, qui vont le ramener au pouvoir dans les bagages de l'armée angolaise, et une multinationale de mercenaires. Dans la perspective des élections présidentielles de juin 1997, Sassou-Nguesso rentre au Congo. Mais dès le mois d'avril, des assassinats sont perpétrés par ses milices à Owando et sur la rivière Alima. Sur commission rogatoire du procureur de la République d'Owando, des forces de police se présentent devant la résidence de Sassou-Nguesso à Mpila où se sont réfugiés les présumés assassins. Les miliciens Cobras déclenchent un feu nourri contre les forces de police. C'est le 5 juin 1997 que se déclenche le début d'une nouvelle guerre civile qui fera plus de 10 000 morts. À la mi-octobre, l'armée angolaise, les mercenaires et les milices de Sassou-Nguesso prennent le contrôle du pays et ce dernier s'autoproclame président. Il suspend la constitution approuvée après la Conférence nationale et approuvée par plus de 93% des Congolais et confisque les libertés individuelles chèrement acquises. Il met en place une transition à durée flexible et des mécanismes de gestion patrimoniale des ressources naturelles comme le pétrole pour mieux piller le pays. La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) et d'autres sociétés offshore, installés aux îles Caïmanes, sont créés et confiés à des cousins, neveux, fils et autres membres du clan et de la famille Sassou-Nguesso.
[] Seconde présidence
Après avoir fait approuver une nouvelle constitution taillée sur mesure par référendum, il est officiellement élu lors d'une élection truquée pour un mandat de 7 ans (alors qu'il est de 5 dans la précédente constitution) le 10 mars 2002 avec 89,54% des suffrages exprimés. Depuis il maintient des régions entières sous la coupe d'hommes en armes qui sèment la désolation, la misère et la mort, modifiant ainsi une démographie qui ne peut lui être favorable. Une région particulièrement sinistrée démographiquement et économiquement, le Pool, est soustraite du fonctionnement normal de la République. Depuis 1997, aucune ligne budgétaire n'est votée et les écoles sont fermées tout comme les structures sanitaires à l'exception de celles des ONG, comme Médecins sans frontières, qui sont régulièrement menacées de fermeture.
En 2006, Denis Sassou-Nguesso assure pour un an la présidence de l'Union africaine.
