Crucifixion
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La crucifixion est une méthode de mise à mort consistant à placer le supplicié sur une croix, un support en forme de T ou un arbre et à l'attacher par divers moyens (clous, cordes, chaînes, etc.). Plusieurs variantes du supplice existent.
Sommaire |
[] Antiquité
C'était un supplice en usage chez les peuples barbares orientaux, les Celtes et chez les Perses et les Phéniciens. Alexandre le Grand en fit usage en crucifiant des milliers de prisonniers après la prise de Sidon. Les Carthaginois l'appliquèrent, notamment dans la répression de la guerre des Mercenaires.
L'Ancien Testament ne mentionne pas la crucifixion qui n'était donc pas une peine prévue par la loi juive ; la peine capitale était appliquée chez les Juifs par lapidation. Des Juifs furent cependant crucifiés sous Alexandre Jannée (Flavius Josèphe Guerre des Juifs 1, 97s) et sur ordre du légat romain Varus (Flav. Jos. Antiquités juives 17, 295).
Chez les Romains cette peine est infâmante et réservée d'abord aux esclaves (voir Spartacus[1]), puis plus tard aux brigands et aux pirates, parfois aux prisonniers de guerre et aux condamnés pour motifs politiques. L'empereur romain Constantin Ier fit abolir le supplice de la crucifixion en 313, après son édit de tolérance du Christianisme.
Selon les textes néotestamentaires, Jésus-Christ fut condamné à mort par le préfet romain Ponce Pilate, à l'instigation des autorités juives, et exécuté par crucifixion.
[] Déroulement de l'exécution
La peine est généralement précédée de supplices préliminaires (flagellation), censés « préparer » le condamné à la crucifixion, sans l'achever prématurément. Le supplicié devait ensuite porter sa croix (ou selon les sources, uniquement le patibulum) jusqu'au lieu de l'exécution. On peut noter que le mot français "patibulaire", issu du mot latin "patibulum", signifie "qui mérite de porter une croix".
Le condamné était attaché bras écartés sur une poutre (patibulum) avec des cordages (effet de garrot), éventuellement doublé d'un enclouage des poignets (souffrances accrues), plus probablement quand il était encore au sol. Les pieds, encloués ou attachés, reposaient sur une console en bois fixée sur le montant vertical (stipes). Cette barre transversale était fixée, soit au sommet (crux commissa en forme de T), soit en-dessous (crux immissa) de la pièce verticale fichée en terre.
Contrairement à ce que laisse penser la tradition picturale, les clous n'étaient pas enfoncés dans les paumes des mains, ce qui aurait déchiré les chairs, mais dans les os des tarses. La croix de Jésus était vraisemblablement une crux immissa puisque, selon les Évangiles, un écriteau était fixé au sommet, et relativement haute puisqu'un soldat lui donne à boire avec une éponge imprégnée de vinaigre au bout d'une branche d'hysope.
La mort survient par asphyxie : dans la position du crucifié, les muscles des épaules, pectoraux et intercostaux soutiennent le corps, et se fatiguent rapidement. Or, ces muscles sont ceux qui assurent la respiration. Pour les soulager, le condamné se soulève sur ses pieds éventuellement encloués, créant une nouvelle douleur. Les muscles des jambes se fatiguent à leur tour et le corps retombe. Cette alternance entre blocage et détente respiratoire finit par créer des crampes conduisant à l'asphyxie.
Pour accélérer la mort, les jambes du condamné sont brisées à la barre de fer (crurifragium). Le condamné ne peut plus alors se redresser et s'épuise rapidement.
[] Persistance
Durant la Seconde Guerre mondiale, les nazis ont exécuté des condamnés par crucifixion, afin de se livrer à des « expériences médicales ». Selon leur constitution, les condamnés survivaient entre une dizaine de minutes et plusieurs heures.
Chaque année aux Philippines, des fanatiques religieux se font volontairement fouetter et crucifier (parfois même avec des clous) afin d'endurer les mêmes souffrances que le Christ [2].
En juin 2005, Daniel Corogeanu, prêtre roumain, crucifie illégalement une jeune sœur afin de l'exorciser[3]
En septembre 2006, le leader islamiste Anjem Choudary porte une affiche à la cathédrale de Westminster qui demander de crucifier le pape Benoît XVI.
En octobre 2006, un jeune garçon innocent de 14 ans est crucifié par des intégristes musulmans en Irak. [1]
[] Voir aussi
- la Passion, (thème religieux), dont la crucifixion fait partie.
- Vraie Croix, croix de crucifixion du Christ
- Méthodes d'exécution
[] Liens externes
- Toute la Passion de Jésus racontée par la célèbre visionnaire Anne Catherine Emmerich, dont se serait inspiré Mel Gibson pour la reconstitution de certaines scènes de son film.
[] Références
- ↑ Si dans le film de Stanley Kubrick, Spartacus est crucifié, le vrai Spartacus est mort en combattant
- ↑ http://news.bbc.co.uk/1/hi/world/asia-pacific/1901095.stm
- ↑ « Le prêtre exorciste traduit en justice » dans Le Nouvel Obs.com, 19/05/2006