Corée du Nord
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| Devise nationale : 강성대국 (强盛大國) (Un pays puissant et prospère) |
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| Langue officielle | Coréen | ||||
| Capitale | P'yŏngyang | ||||
| Président du Comité de la défense nationale | Kim Jong-il | ||||
| Président du présidium de l'Assemblée populaire suprême | Kim Yong-nam | ||||
| Premier ministre | Pak Pong-ju | ||||
| Superficie - Totale - Eau (%) |
Classé 97e 120 540 km² 0,1% |
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| Population - Totale (2006) - Densité |
Classé 49e 23 113 000 hab. 190 hab./km² |
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| Indépendance - Date |
15 août 1945 |
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| Gentilé | Nord-Coréens | ||||
| Monnaie | Won (₩n) (KPW) |
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| Fuseau horaire | UTC + 9 | ||||
| Hymne national | A ch'im un pinnara, i kangsan ungum e [3] |
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| Domaine internet | Aucun (.kp est réservé) |
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| Indicatif téléphonique |
+850 |
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La Corée du Nord, officiellement la République populaire démocratique de Corée, est un État qui couvre la moitié nord de la péninsule coréenne à la pointe nord-est de l'Asie. Elle est limitrophe de la Chine (1 416 km de frontières communes) et de la Russie au nord (19 km de frontières), ainsi que de la République de Corée au sud (238 km de frontières). Cette dernière frontière méridionale est constituée par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en réalité la plus militarisée au monde. Le Japon, proche voisin maritime de la Corée, n'a pas de frontière terrestre avec celle-ci, mais est séparé de la Corée du Nord par la Mer du Japon.
[] Nom
La forme courte est Corée du Nord ou rarement Corée-du-Nord[1]. Puk Chosŏn, en Hangul 북조선 ; en Hanja 北朝鮮 ; on trouve aussi dans les média sud-coréens Buk Han, en Hangul : 북한 ; en Hanja : 北韓.
La forme longue officielle est République populaire démocratique de Corée (RPDC, Chosun Minchu-chui Inmin Konghwa-guk, en Hangul : 조선민주주의 인민공화국 ; en Hanja : 朝鮮民主主義人民共和國).
Le nom officiel de Choson (Corée) en Corée du Nord correspond à celui de la dernière dynastie indépendante coréenne avant l'invasion japonaise, la dynastie des Ri ou Choson (1392-1910). En Corée du Sud, le nom coréen du pays est Hangouk, lequel fait référence au « pays (gouk) des Han », nom d'une ancienne tribu préhistorique du sud de la péninsule. Quant au nom occidental de Corée, il renvoie à la dynastie Koryŏ qui a régné de 918 à 1392.
[] Histoire
[] Géographie
[] Environnement
[] Une situation géographique défavorable à l’environnement de toute la péninsule
Selon Jeong Hoi-sung, chercheur à l'Institut coréen de l'environnement, l’ensemble de la péninsule coréenne pourrait être la zone la plus atteinte par les pluies acides au cours du 21ème siècle en raison de sa position géographique, entre la Chine et le Japon industrialisés, et du caractère transfrontalier de ce phénomène.
En outre, la température moyenne annuelle en Corée du Sud, qui était comprise entre 10 et 11 degrés Celsius de 1908 à 1940, a atteint 12 à 13 degrés après 1970. Cette augmentation de la température a aussi un effet sur le niveau de la mer.
Les experts de l'Institut coréen de l'environnement estiment ainsi que l'augmentation du niveau de la mer autour de la péninsule sera comprise entre 33,9 et 40,7 centimètres d'ici 2090. Les zones côtières de l'ouest et du sud sont considérées comme plus vulnérables que la côte est, mais c’est surtout la Corée du Nord qui devrait être touchée[2].
[] Une aggravation de la situation environnementale depuis les années 1950
Byon Byung-seol, un chercheur à l'Institut coréen de l'environnement, a mentionné les problèmes environnementaux suivants en Corée du Nord[3] :
- les habitants de zones industrielles telles que Hungnam, Hamhung, Chongjin, Wonsan, Nampo et Songrim souffriraient de dermatites et de maladies respiratoires à cause des gaz émanant d'usines.
- les déchets liquides provenant d'usines seraient rejetés dans les rivières sans avoir été purifiés, ce qui a éradiqué tous les poissons dans plusieurs d'entre elles.
- afin de nourrir sa population, des zones immenses de forêts ont été dévastées (passant de 97 726 kilomètres carrés en 1970 à 75 330 kilomètres carrés en 1998) et de grandes surfaces de terre polluées et acidifiées par l'emploi massif d'engrais et de produits chimiques.
Ces problèmes auraient également eu certaines conséquences néfastes pour leurs voisins régionaux, notamment la Corée du Sud. D'autre part, certaines des mesures de surexploitation des terres destinées à nourrir la population ont finalement conduit à une baisse de plus d'un tiers de la production effective des céréales.
Toujours selon l’Institut coréen de l’environnement, les problèmes d’environnement en Corée du Nord ressemblent à ceux de la Corée du Sud dans les années 70. Ces problèmes, principalement liés à l‘industrie, sont qualifiés de «pollution de production», par opposition à la «pollution de consommation» que connaît aujourd’hui la Corée du Sud et caractérisée par les conséquences d'une urbanisation rapide que sont l’émission de gaz automobiles, l’évacuation des eaux usées des habitations, etc.[4].
[] Le programme de coopération environnementale officiel
En mars 2006, la Corée du Nord a adopté une loi relative à la reconnaissance des effets sur l'environnement, laquelle dispose notamment que la Corée du Nord va continuer à « développer les échanges et la coopération pour reconnaître les effets sur l'environnement et cesser les développements et les constructions préjudiciables à l'environnement »[5].
Cette loi complète un dispositif législatif et d'engagements internationaux théoriquement très complet pour protéger l'environnement : selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), « la RPDC a révisé son cadre légal et administratif et a désigné la protection de l’environnement comme une priorité dans toutes les pratiques de production et comme une condition au développement durable. Elle a adopté des lois nationales sur les forêts, la pêche, les ressources hydrologiques et la pollution marine. Le pays - qui abrite des espèces sérieusement menacées comme le léopard de l’Amour, l’ours brun d’Asie et le tigre de Sibérie - a aussi signé les accords internationaux de l’environnement comme la Convention sur la diversité biologique »[6].
Ces choix s'inscrivent dans le cadre du lancement en août 2004, conjointement par la Corée du Nord et le Programme des Nations unies pour le développement, de la première évaluation de l'état de l'environnement en Corée du Nord : les catastrophes climatiques des années 1990 et la déforestation conduite pour accroître les terres agricoles se sont en effet traduites par une pollution accrue de l'eau, de l'air et des terres. (sources : fil-info France du 28 août 2004, [7].
En coopération avec l'agence suédoise de développement international, l'ONG lyonnaise Triangle génération humanitaire a conduit, de janvier à décembre 2005, un programme de reforestation et protection de l'environnement dans les provinces de sud Pyongyang et sud Hwangae[8].
Par ailleurs, la zone démilitarisée, entre les deux Corée, accueille désormais une faune et une flore parmi les plus riches au monde.
En 2004, la biosphère du mont Kuwol a été classée au Réseau mondial des réserves de biosphère de l’UNESCO [9], à l'instar de la biosphère du mont Paektu.
Toujours en 2004, une nouvelle espèce de pins blancs a été découverte en Corée, dans le village de Raengjong-gol, dans l’arrondissement de Rinsan (province du Hwanghae du Nord)[10]. Voir aussi l'article détaillé pin blanc de Corée.
[] Démographie
(Les données ci-après proviennent de la CIA : ici, reprenant les données des experts occidentaux et sud-coréens, compte tenu de certaines lacunes dans les sources officielles nord-coréennes).
La population nord-coréenne était estimée à 23.113.000 habitants en juillet 2006.
L'indice synthétique de fécondité atteint 2,1 enfants par femme. Le taux d'accroissement naturel de la population (0,84% par an) résulte d'un taux de natalité de 15,54 pour mille et d'un taux de mortalité de 7,13 pour mille. Le taux de mortalité infantile est estimé à 23,29 pour mille.
En 2006, l'espérance de vie à la naissance s'élève à 71,65 ans (en progression de + 0,25 an par rapport à 2005).
La répartition de la population par tranche d'âge s'établit comme suit :
- 0-14 ans : 23,8%
- 15-64 ans : 68%
- plus de 65 ans : 8,2%
Le taux de malnutrition aiguë s'établissait à 16% à la fin des années 1990, après la famine. Il est aujourd'hui estimé (2005) à 7%. Le taux de malnutrition chronique est lui passé 62% à 37%. Cependant, 40% des enfants présentent des retards de croissance. Sur la pénurie alimentaire, voir Point sur la situation actuelle.
Au sein de l'importante diaspora coréenne (présente notamment en Chine, aux États-Unis, au Canada, au Kazakhstan), plus d'un tiers des quelque 600.000 Coréens du Japon sont citoyens de la République populaire démocratique de Corée. Il sont regroupés au sein de l'association générale des Coréens résidant au Japon, généralement désignée par son acronyme Chongryon (nom japonais : Chôsen Soren), lequel peut également être orthographié Chongryun.
Entre 1959 et 1962, 93 000 Coréens du Japon sont venus s'installer en Corée du Nord, parfois accompagnés d'un conjoint japonais. La Corée du Nord compte ainsi une petite minorité japonaise estimée à 1.800 personnes. En outre, une minorité chinoise de 50 000 personnes est présente en Corée du Nord, ainsi qu'une minorité d'origine vietnamienne.
[] Organisation administrative
La Corée du Nord compte neuf provinces et quatre villes sous statut administratif propre.
Les neuf provinces sont :
- Kangwon, au sud-est (principales villes : Wonsan, chef-lieu de province, et Kosong), où se situent les monts Kumgang ou Kumgangsan ("san" signifie montagne en coréen) ;
- Jagang, au nord-ouest, frontalière avec la Chine (chef-lieu de province : Kanggye) ;
- Ryanggang, au nord (chef-lieu de province : Hyesan), le Mont Paektu, point culminant de la Corée du Nord à la frontière sino-coréenne, appartient au Ryanggang ;
- les deux provinces du Nord et du Sud Pyongan, à l'ouest, dont les chef-lieux sont respectivement Sinuiju, à la frontière chinoise, et Pyongsong ; les monts Myohyang sont à la limite de la province du Sud Pyongan et du Jagang ;
- les deux provinces du Nord et du Sud Hamgyong (chef-lieux de province : respectivement Chongjin et Hamhung, au nord-est du pays (autre ville importante : le port de Sinpo dans le Sud Hamgyong ;
- le nord et le sud Hwanghae, à l'extrême-sud du pays (chefs-lieux de province : Sariwon et Haeju).
Les quatre villes ayant un statut particulier sont Pyongyang et sa province, Nampo, la conurbation de Rajin-Sonbong et Kaesong, les deux derniers cités étant également des zones économiques spéciales.
Voir aussi les subdivisions administratives de la Corée du Nord sur le du ministère sud-coréen de la réunification.
[] Politique
[] Régime politique

Selon la Constitution du 27 décembre 1972 (révisée le 9 avril 1992, révisée et amendée le 5 septembre 1998), la République populaire démocratique de Corée est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen (article 1).
La qualification, due aux observateurs occidentaux, de la Corée du Nord comme le « dernier régime stalinien du monde » ou la « première dynastie stalinienne du monde » est discutée dans l'article sur le stalinisme en Corée du Nord.
La République populaire démocratique de Corée prend pour guide de ses activités les idées du juche (article 3), qui s'inscrit dans le prolongement des principes marxistes-léninistes.
Le suffrage est universel. Le droit de vote est exercé à partir de 17 ans (article 66).
Si le président du présidium de l'Assemblée populaire suprême exerce les fonctions de chef de l'État, le principal dirigeant est Kim Jong-il, en qualité de président du comité de la défense nationale et de secrétaire général du Parti des ouvriers coréens (ou Parti du travail de Corée). Si d'autres partis existent(le Parti social-démocrate de Corée et le Parti Chondogyo-Chong-u), ils sont essentiellement sous le contrôle du Parti des ouvriers coréens (source: CIA world book) et la Corée du Nord présente les caractéristiques essentielles d'un régime socialiste soviétique à parti unique.
Les autres principales organisations sociales nord-coréennes sont : le Front démocratique pour la réunification de la patrie, l'Union de la jeunesse socialiste Kim Il Sung, la Fédération générale des syndicats de Corée, l'Union des travailleurs agricoles de Corée et l’Union démocratique des femmes de Corée, dont les positions reprennent celles du Parti de travail de Corée.
Le dirigeant Kim Jong-il a succédé à son père, le président Kim Il-sung, fondateur du régime, décédé en 1994 et honoré en 1998 du titre de « président éternel ».
[] Droits de l'homme
[] Conventions internationales signées
La république populaire démocratique de Corée a signé les conventions internationales suivantes des Nations unies (source [4]):
- la Convention sur l'interdiction de la mise au point, de la fabrication et du stockage des armes bactériologiques (biologiques) ou à toxines et sur leur destruction (1972);
- le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (1966);
- le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966) ;
- la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979);
- la Convention relative aux droits de l'enfant (1990);
- le Protocole de Kyoto à la Convention-Cadre sur les Changements climatiques (1997);
- les quatre Conventions de Genève (1949) :
- pour l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne,
- pour l'amélioration du sort des blessés et des malades et des naufragés dans les forces armées sur mer,
- relative aux traitement des prisonniers de guerre,
- relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.
[] Les observations des ONG
Étant donné « le bilan en matière de droits humains du gouvernement nord-coréen », malgré le manque de sources (cf. infra), Amnesty International, à l'instar d'autres ONG, « exhorte le gouvernement de Corée du Nord à prendre sans plus attendre des mesures en vue d’améliorer le respect des droits humains dans le pays », en mettant tout particulièrement l'accent sur le respect des obligations résultant des traités internationaux relatifs aux droits humains, l'abolition de la peine capitale, la libération des citoyennes et citoyens emprisonnés « pour avoir exercé de manière pacifique leurs libertés fondamentales » et la garantie de la liberté d’expression, d'information et de mouvement pour tous les Nord-Coréens, - tout en invitant « la communauté internationale, notamment les gouvernements donateurs et les Nations unies, à faire pression sur le gouvernement nord-coréen pour qu’il mette en œuvre les recommandations ci-dessus. » (source: Amnesty International, 07/2005, http://web.amnesty.org/library/Index/FRAASA240022005?open&of=FRA-PRK)
[] Difficulté à recueillir des informations sur place
Des experts des Nations Unies des droits des femmes et des droits des enfants ont été reçus en Corée du Nord, sur l'invitation du gouvernement nord-coréen. Par ailleurs, Amnesty International s'est rendue à deux reprises en Corée du Nord, avec l'accord des autorités coréennes, en 1991 et en 1995.
S'agissant d'une source non-gouvernementale (ONG), Amnesty International, entièrement indépendante financièrement des gouvernements mais actuellement persona non grata en Corée du Nord, recoupe des informations obtenues directement auprès de transfuges haut placés et de réfugiés, ainsi qu'auprès d'observateurs étrangers indépendants, faute d'avoir pu enquêter sur place depuis 1995. D'après le rapport 2005 de cette organisation,
« les informations restent sévèrement contrôlées, tout comme l’accès au territoire. En dépit de demandes répétées, le gouvernement a continué de refuser l’autorisation de pénétrer sur le sol nord-coréen au rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans la République populaire démocratique de Corée [i. e. le rapporteur de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies], au rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation des Nations unies, mais aussi à Amnesty International et à d’autres observateurs indépendants de la situation des droits humains. Cette interdiction d’accès au territoire faite à Amnesty International et à d’autres observateurs indépendants compromet les recherches sur la situation des droits humains. Toutefois, certaines informations font état d’une politique gouvernementale qui se traduit par des violations systématiques des droits fondamentaux, notamment des exécutions, des actes de torture, des incarcérations de prisonniers politiques et des conditions de détention inhumaines.(source : [5]) »
Par conséquent, les récits des réfugiés, - lesquels sont pris en charge, dès leur arrivée en Corée du Sud, par les autorités sud-coréennes, puis par Amnesty International et d’autres ONG comme Médecins sans frontières (un réfugié sur deux souffre de troubles psychotraumatiques), Human Rights Watch ou Reporters sans frontières - ne peuvent être recoupés avec des informations recueillies sur place. En ce sens, Frédéric Durand, qui se garde toutefois de contester globalement la valeur des témoignages, remarque dans un commentaire d'ouvrage du Monde diplomatique que « beaucoup d’exilés et d’organisations non gouvernementales qui les soutiennent ont compris les discours qu’attendent la plupart des médias occidentaux. Ils leur servent donc, voire leur monnayent, des récits poignants, sensationnels, dramatiques … » Et il ajoute : « Pourtant, si les Nord-Coréens ne sont guère dupes des errances de leurs dirigeants, certains, par-delà leurs souffrances, n’évoquent pas sans nostalgie l’époque où le défunt Kim Il-Sung incarnait l’espoir d’un avenir radieux » (source : [6])
[] Liberté d'expression et liberté d'association
Selon le rapport annuel d'Amnesty international pour l'année 2005,
« la liberté d’expression et d’association était toujours sévèrement restreinte. Les médias étaient contrôlés par un parti politique unique, auquel les journalistes étaient contraints de s’affilier. D’après certaines informations, depuis les années 1990, au moins 40 journalistes ont été soumis à une « rééducation » parce qu’ils avaient commis des erreurs comme, par exemple, celle d’avoir mal orthographié le nom d’un haut fonctionnaire. »
Toujours d'après Amnesty International, les informations relatives aux emprisonnements de journalistes sont toutefois impossibles à vérifier sur place.
Selon le même rapport, aucune opposition au régime n'est tolérée, et tout rassemblement ou association non-autorisés sont sanctionnés en tant que "perturbation collective".
La liberté religieuse, bien que garantie par la constitution, est sévèrement réprimée, l'exercice de la foi chrétienne pouvant mener aux camps de concentration.
En mai 2006, l’agence britannique AP Television News est devenue la première agence occidentale à disposer d'un bureau permanent en Corée du Nord (source : Itar-Tass [7]). AP Television News avait auparavant couvert divers événéments en Corée du Nord, notamment la Foire commerciale internationale de Pyongyang. Cette installation fait suite à une ouverture sans précédent de la Corée du Nord à des journalistes occidentaux lors des cérémonies du soixantième anniversaire de la Libération de la Corée et de la fondation du Parti du travail de Corée à l'automne 2005.
Comme dans les anciennes démocraties populaires, des permis intérieurs réglementent les déplacements des citoyens dans leur pays.
[] Convention des Nations unies contre la torture et application de la peine de mort
Le pays n'a pas signé la Convention contre la torture des Nations unies et les réfugiés font état de cas de torture et de mauvais traitement, plus particulièrement dans les camps, mais aussi durant les interrogatoires, ou se pratiquent notamment le supplice de l'eau, consistant a forcer a boire des quantites importantes d'eau en peu de temps. Les conditions de detentions se sont apparemment largement deteriorees, notamment sous l'angle de la malnutrition, ou des morts ont ete provoques par malnutrition en 2005
La peine de mort est en vigueur et appliquée. Selon Amnesty international, l'amélioration de la situation économique se serait toutefois traduite par une diminution du nombre d'exécutions publiques. Les autorités nord-coréennes ont pour leur part affirmé, en 2001, ne pas avoir appliqué la peine de mort depuis 1992, puis, selon le rapport d'Amnesty, il a annoncé l'arrêt des exécutions en 2003.
Selon le dernier rapport (2006) d'Amnesty International (source [8]), "des cas d’exécution d’opposants politiques emprisonnés ont été signalés. Des personnes accusées de crimes économiques (vol de nourriture, par exemple) auraient également été exécutées. Selon des informations qui n’ont pas pu être confirmées, plusieurs responsables d’Églises clandestines auraient subi le même sort.
Des informations sont parvenues au mois de février selon lesquelles quelque 70 Nord-Coréens, qui avaient tenté de se réfugier en Chine, avaient été exécutés en public le mois précédent, après avoir été renvoyés de force par les autorités de Pékin. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées.
Un enregistrement vidéo montrant l’exécution publique par balle de deux personnes est parvenu à l’étranger. Cette exécution aurait eu lieu le 1er mars à Hoeryong, une ville du nord-est du pays, à l’issue d’un procès au cours duquel 11 personnes auraient été jugées pour trafic d’êtres humains et assistance visant à faciliter des visites en Chine, interdites. Le même enregistrement montrait également une autre exécution, qui aurait eu lieu le 2 mars dans la ville voisine de Yuson".
[] Les réfugiés
Les ONG relèvent aussi la responsabilité des États étrangers, notamment la Chine et les ambassades étrangères, dans le refoulement de réfugiés vers la Corée du Nord où ils peuvent encourir de lourdes condamnations (notamment la déportation dans des camps de concentration pour les multi-récidivistes et en cas de départ définitif, ou encore la peine de mort). Des peines peuvent également être infligées aux membres de la famille proche[11]. On rapporte que celles-ci sont particulièrement sévères[12].
Toutefois, selon "Evadés de Corée du Nord" (op. cit.), le gouvernement nord-coréen a récemment assoupli la législation relative aux départs à l'étranger, en autorisant les sorties du territoire dès lors qu'elles ne sont pas définitives. De nombreux réfugiés cherchent ainsi à faire valoir qu'ils étaient dans cette situation en cas d'arrestation.
[] Pénuries alimentaires
De fait, alors que la pénurie alimentaire a conduit après 1994 de nombreux Coréens à se réfugier en Chine où existe une forte minorité coréanophone (2 millions d'individus, lesquels s'étaient naguère réfugiés en Corée du Nord lors des périodes de difficulté alimentaire en Chine, dans les années 1960 et 1970), la plupart des Nord-Coréens aujourd'hui présents en Chine envisageraient de retourner dans leur pays, après s'être procuré des produits ou des médicaments difficilement accessibles en Corée du Nord (sur cette évolution des flux de population entre la Corée du Nord et la Chine, voir l'ouvrage de Juliette Morillot et Dorian Malovic, Evadés de Corée du Nord, Presses de la Cité, Paris, 2004).
En 1998, alors que la Corée du Nord recevait encore une forte aide alimentaire du programme alimentaire mondial (PAM), les rations alimentaires atteignaient 2390 kcal par jour selon la FAO (agence de l'ONU), soit des niveaux comparables à ceux du Vietnam, du Venezuela et des Philippines, et au-dessus de la quasi-totalité des pays d'Afrique subsaharienne (source : [9]).
Malgré les améliorations que reflètent l'évolution de la production agricole (en 2005, la récolte de céréales a dépassé 4,5 millions de tonnes, soit la meilleure récolte depuis dix ans : voir l'article détaillé Économie de la Corée du Nord), selon le rapport de juillet 2005 d'Amnesty International, "Des millions de Nord-Coréens continuaient de souffrir de famine et de malnutrition chronique" à cette date. Toujours selon le rapport d'Amnesty International, « selon les estimations du PAM, près de la moitié des 23,7 millions de Nord-Coréens sont sous-alimentés et plus d’un tiers de la population (près de 6,5 millions de personnes) souffre de malnutrition chronique. Les rations octroyées par le système de distribution publique (SDP), qui constituent la base de l’alimentation pour plus de 70% de la population, auraient diminué et seraient passées de 319 grammes par jour et par personne en 2003 – ce qui était déjà insuffisant – à 250 grammes en mars 2005. »
Par ailleurs, une étude sur l’alimentation infantile et maternelle conduite, en octobre 2004, en collaboration avec l’UNICEF et le PAM, par le Central Bureau of Statistics (Bureau central des statistiques) et l’Institute of Child Nutrition (Institut pour l’alimentation infantile) du gouvernement nord-coréen, a donné les résultats suivants :
- le taux de jeunes enfants soufrant de malnutrition chronique ou d’un retard de croissance (le rapport taille/âge) est passé de 42% (en 2002, lors de la dernière étude) à 37% ;
- la malnutrition aiguë, ou « étisie » (le rapport poids/taille), a décliné de 9% (en 2002) à 7% ;
- la proportion d’enfants âgés de moins de six ans souffrant de déficience pondérale (le rapport poids/âge) a augmenté de 21 à 23%, ce même taux parmi les enfants âgés de un et deux ans – groupe le plus vulnérable en termes de nutrition – a diminué de 25 à 21% ;
- environ un tiers des mères nord-coréennes souffrent de malnutrition et d’anémie.
[] Le point de vue nord-coréen : la primauté des droits sociaux

Sur la question des droits de l'homme, la Corée du Nord, à l'instar de la Chine, met en avant la généralisation de l'éducation primaire et secondaire et la gratuité de la santé, ainsi que la garantie d'un emploi pour tous, en estimant que les droits sociaux (accès à l'éducation, au logement, à la nourriture) représentent des besoins primordiaux par rapport aux libertés individuelles.
S'agissant des droits des femmes, la loi nord-coréenne proclame l'égalité des sexes et le Parlement compte plus d'un cinquième de femmes, mais leur accès aux fonctions gouvernementales apparaît en revanche réduit. L'avortement est autorisé dans certaines conditions légales ou médico-sociales. L'union des femmes démocratiques représente l'organisation de masse permettant l'insertion sociale et politique des femmes.
[] Diplomatie
[] Forces armées
La CIA estime que le pays consacre entre 20% et 25% de son PIB à l'armée, soit des taux comparables aux pays les plus armés au monde, comme la Syrie. La Corée du Nord justifie l'importance de l'effort militaire par la volonté de maintenir une parité militaire avec la Corée du Sud et les forces américaines qui y sont stationnées. Les dépenses militaires sud-coréennes représentent ainsi une part nettement plus faible de l'économie sud-coréenne (2,5% du PIB).
Néanmoins, selon Selig Harrison, directeur du programme Asie au Center for International Policy et chercheur au Woodrow Wilson International Center for Scholars à Washington, « la présence américaine permet à la Corée du Sud de minimiser les sacrifices qui seraient autrement nécessaires afin de maintenir ses hauts niveaux actuels de dépenses pour la défense. De même, le retrait des forces américaines obligerait Séoul à décider s’il recherche le même niveau de sécurité que celui aujourd’hui fourni par la présence américaine en augmentant ses dépenses de défense, ou si, à la place, l’objectif d’un compromis et d’une réunification avec le Nord serait mieux servi par la négociation avec ce dernier d’une réduction mutuelle des forces. » (source : The Korea Policy Review, février 2006, repris sur le site Korea is One [10]).
Il faut cependant noter que que la contribution américaine n'est que de 22 500 hommes, alors que l'armée sud-coréenne compte environ 600 000 hommes sous les drapeaux. La Corée du Nord, quant à elle, consacre 25% de son PIB à l'armée et compte 49 militaires pour 1000 habitants[13], soit un niveau nettement superieur à un pays comme Israël (33 pour 1000 habitants, source:http://factsofisrael.com/en/stats.shtml), bien moins peuplé, et qui malgré un état de guerre latent ne consacre que 7,7% de son PIB à l'armée.
La comparaison des seuls effectifs des troupes présentes au nord et au sud de la péninsule coréenne ne doit toutefois pas masquer les différences technologiques entre les deux camps ni le fait que la présence des forces américaines en Corée du Sud s'inscrit dans le « dispositif général de défense américain ». Ainsi, « en plus des coûts directs engendrés par leurs forces en Corée, 2 milliards de dollars par an en moyenne, les Etats-Unis dépensent plus de 40 milliards de dollars chaque année afin de maintenir le dispositif général de défense américain en Asie orientale et dans l’ouest du Pacifique, duquel dépend leur capacité à intervenir en Corée. » Et, toujours selon Selig Harrison : « Tout comme le complexe militaro-industriel s’oppose au Sud à des réductions mutuelles des forces, il y a aussi un complexe militaro-industriel au Nord, allié aux tenants de la ligne dure au sein du Parti du travail. Les réductions de forces ne sont pas appréciées par cette faction de la ligne dure à Pyongyang. » (source : The Korea Policy Review, février 2006, repris sur le site Korea is One [11]).
Le rôle majeur des forces armées en Corée du Nord (Armée populaire de Corée, APC) reflète la politique de songun : selon les mots de Kim Jong Il, "l'Armée d'abord". Pour Alexander Vorontsov, chercheur au Centre d'études politiques sur l'Asie du nord-est de la Brookings Institution, la politique de songun ne devrait cependant pas être réduite à une « impasse idéologique ». En effet, comme le démontre l'expérience de la Corée du Sud dirigée par le dictateur Park Chung-hee, une orientation militaire peut, sous certaines conditions, avoir des effets positifs sur la société. Il n' y a donc pas lieu de s'étonner, d'après A. Vorontsov, qu'au cours des derniéres années Kim Jong-il « se soit mis à parler en termes favorables de Park Chung-hee. »
Ainsi, la mise en œuvre de la politique de Songun au milieu des années 90 a amené l'armée à participer encore plus aux prises de décision sociales et économiques, au développement d'infrastructures à grande échelle et à la production de sa propre nourriture. Même si le service militaire dure 10 ans, il est en majorité consacré à des travaux dans divers secteurs de la vie socio-économique. L'idée selon laquelle l'armée serait un fardeau pour l'économie nord-coréenne devrait donc être relativisée, en ce qu'elle pourrait être aussi, sous certaines conditions, une ressource et un catalyseur pour le développement de l'économie nationale.
Toujours selon Alexander Vorontsov, la priorité donnée à l'armée accompagne une transformation graduelle de l'économie planifiée de la Corée du Nord dans la direction d'une économie mixte. Le résultat final pourrait être un réseau de grandes sociétés sur lesquelles l'État exerce un moindre contrôle et partageant des relations étroites avec les agences gouvernementales, similaires aux chaebol créées par Park Chung-hee en Corée du Sud (source : Alexander Vorontsov, North Korea's Military-First Policy: A Curse or a Blessing, Nautilus Institute [12]).
[] Forces nord-coréennes
- Effectifs : 1 082 000 hommes (dont Armée de Terre : 950 000)
- Réservistes : 4 700 000
- Chars : 3 500 (T-62, T-59, T-54, T-55, T-34)
- Artillerie : 10 400 pièces
- Missiles anti-aériens : 10 000
- Bombes nucléaires : 6 (selon AIEA)
- Navires de surface : environ 330
- Sous-marins : 26
- Avions de combat : 621 (MiG-17, MiG-21, MiG-23, MiG-29, H-5)
- Hélicoptères de combat : 24
- Hélicoptères de transport : 250
(Sources : Military Balance IISS, repris par AFP)
[] Missiles balistiques
- Scud C : missile balistique à un étage, de longueur 11,25 m, à charge conventionnelle de 700 kg, de portée 500 km. (Corée du Sud, sud de la Mandchourie, Vladivostok). Opérationnel.
- Rodong-1 : missile balistique à un étage, de longueur 15,5 m, à charge nucléaire de 1 000 kg, de portée 1 300 km (Japon, Mandchourie, Pékin, cote Nord de la Chine). Opérationnel.
- Taepodong-1 : missile balistique à 2 ou 3 étages, de longueur 25 m, à charge nucléaire de 1 000 kg, de portée 2 500 km (est de la Chine et de la Mongolie, Taïwan, sud-est de la Sibérie). Au banc d'essai.
- Taepodong-2 : missile balistique à charge nucléaire de très longue portée 6 700 km (cote Ouest des États-Unis, une grande partie de l'Asie). En cours de développement.
[] Installations nucléaires
- Pyongyang : un réacteur de recherche.
- Pyongsan : une usine de combustible nucléaire.
- Sunchon : une usine de combustible nucléaire.
- Yongbyon : deux réacteurs nucléaires, un réacteur de recherche, deux usines de combustible nucléaire.
- Pakchon : une usine de combustible nucléaire.
- Taechon : un réacteur nucléaire.
- Sinpo : deux réacteurs nucléaires en construction.
[] Économie
[] Transports
[] Société
Comme en Corée du Sud, la société est marquée par l'héritage du confucianisme (lequel implique le respect des parents, des aînés et des professeurs), mais aussi par une culture socialiste.
Chaleureux et accueillants, les Coréens sont socialement conservateurs dans le domaine des mœurs (sources : voir notamment "Lonely Planet" sur la Corée et Robert Willoughby, "The Bradt Travel Guide. North Korea").
À la différence des pays capitalistes, les différents statuts sociaux de la société nord-coréenne fortement hiérarchisée s'expriment moins dans les différences de salaires que dans l'attribution par l'État des biens de base (logement, nourriture, vêtements, biens de consommation). La libéralisation des prix et des salaires depuis 2002 tend toutefois à remettre en cause l'organisation sociale traditionnelle.
La mise en place d'un régime de démocratie populaire après 1945 a renversé les rapports sociaux, plaçant l'ancienne aristocratie yangban et les collaborateurs japonais en bas de l'échelle sociale, tandis que les ouvriers et les anciens résistants étaient promus.
Dans un contexte où les liens familiaux et professionnels constituent des réseaux de sociabilité essentiels, la division de la Corée a été douloureusement ressentie comme une sanction imposée à un pays qui ne faisait pas partie des États vaincus, à la différence de l'Allemagne. La guerre de Corée a aussi affecté de nombreuses familles coréennes. La réunification constitue un objectif majeur pour tous les Coréens qui forment un peuple très homogène.
[] Culture

Le cinéma nord-coréen est encore méconnu à l'étranger, il existe cependant une petite production de films, axés notamment sur l'Armée et les vies des dirigeants Kim Il Sung et Kim Jong Il.
[] Éducation
L'enseignement est gratuit et obligatoire en Corée du Nord pendant onze années, de 6 à 17 ans, et est sanctionné par l'obtention d'un diplôme de fin d'études secondaires. Selon les données officielles et d'autres sources extérieures (CIA, The World Factbook [13]), le taux d'alphabétisation (99%) est aussi élevé qu'en Europe et en Amérique du Nord.
Les matières de base de l'enseignement sont le coréen, les mathématiques, le sport, le dessin, la musique, les sciences, ainsi que l'étude des idées du juche, la pensée de Kim Il Sung, fortement valorisée.
Les élèves coréens portent un uniforme composé d'un pantalon bleu, d'une chemise blanche et d'un foulard rouge, et doivent se présenter ainsi le matin dans la cour des écoles pour réciter un serment de fidélité à Kim Jong Il, lui jurant "fidélité jusqu'à la mort". Ce serment a été montré notamment dans le documentaire britannique Les demoiselles de Pyongyang, réalisé en accord avec les autorités nord-coréennes.
Deux langues étrangères sont étudiées au cours de l'enseignement secondaire (principalement, le russe ou l'anglais en première langue, auxquels s'ajoutent notamment le japonais et le mandarin en seconde langue). L'institut des langues étrangères de Pyongyang dispense également des cours de français, espagnol, allemand et arabe, même si l'enseignement du français semble en déclin par rapport aux années 1970.
La principale université du pays est l'université Kim Il-Sung. Les 280 établissements d'enseignement supérieur du pays accueillent 300.000 étudiants. Comme dans les autres pays socialistes, les étudiants sont rémunérés. À partir des années 1960 des étudiants étrangers ont été accueillis (notamment maliens, angolais, vietnamiens, russes et ressortissants d'Europe de l'Est), la Corée du Nord ayant alors conduit dans ce domaine une plus grande politique d'ouverture que la Corée du Sud (quelques-uns de ces anciens étudiants se sont d'ailleurs établis en Corée du Nord).
Créé le 26 janvier 2005, le fonds d'enseignement de Corée (signe anglais : KEF, cité par l'agence officielle de presse de la Corée du Nord: [14]) vise à encourager une aide financière et matérielle non gouvernementale au développement de l'enseignement en Corée du Nord.
[] Tourisme
[] Conditions générales de voyage

[] Accès au pays
Il n'y a pas de restriction d'accès à la Corée du Nord, sous condition d'obtenir un visa, les journalistes de leur côté devant disposer d'un visa spécifique. Ainsi, des touristes disposant d'un passeport américain sont entrés en Corée du Nord en 1995, 2002 et 2005. Cependant, les citoyens sud-coréens doivent obtenir une autorisation des deux gouvernements coréens pour entrer en Corée du Nord : plusieurs Sud-Coréens qui s'étaient rendus en Corée du Nord ont été emprisonnés à leur retour chez eux, pour violation de la loi sud-coréenne sur la "sécurité nationale", qui interdit les contacts avec le Nord.
[] Conditions de séjour
Plusieurs agences de voyage se sont spécialisées dans l'organisation de circuits touristiques en Corée du Nord, les voyages effectués à titre individuel étant interdits aux étrangers (à l'exception notable des Chinois).
Les groupes étrangers doivent tous être accompagnés par un guide, un interprète et chauffeur dans l'ensemble de leurs déplacements, ce qui limite fortement les contacts avec la population :
« Il serait en effet imprudent de laisser un guide seul avec des étrangers. Tout est calculé au millimètre. Tout est fait pour diminuer autant que possible les contacts avec la population. (...) Lors des repas, les touristes demeurent isolés. Ils mangent soit dans leurs immenses hôtels de luxe déserts, soit dans une petite pièce, à l'écart de la population. Il est vrai qu'ils jouissent de copieux banquets, difficiles à imaginer sur les autres tables nord-coréennes. [14] »
.
Des témoignages plus récents font toutefois état d'un assouplissement des conditions de séjour en Corée du Nord et de la possibilité de contacts accrus entre les Coréens et les étrangers : ayant recueilli des témoignages de Nord-Coréens à Pyongyang et à la frontière chinoise, la journaliste Juliette Morillot précise, dans "Evadés de Corée du Nord", que « tous [les] entretiens ont été menés en coréen, directement, sans intermédiaire » (op. cit., p. 15). Pour leur part, les membres de l'association coréano-belge "Korea is one", lors de leur voyage en Corée en août 2005, ont pu retrouver longuement les fermiers de la ferme d'Ontchon (source : [15]).
[] Lieux touristiques notables
Selon Philippe Pons, journaliste au "Monde", « bien que l'idéologie et la vénération des dirigeants accaparent l'attention du visiteur, la Corée du Nord possède des biens culturels dignes d'intérêt et de splendides paysages naturels. C'est le cas du massif Myohyang, une des cinq montagnes sacrées de la péninsule, hérissée de pics entre lesquels s'ouvrent des vallées encaissées. »[15]
De fait, les principales richesses touristiques de la Corée du Nord sont ses paysages naturels (notamment ceux du Kumgangsan et du Mont Paektu) ainsi qu'un important passé historique : plusieurs États de la Corée ancienne, notamment les royaumes de Koguryŏ et de Koryŏ, avaient leurs principaux centres dans le nord de la péninsule. Près de Kaesong se trouve le tombeau du roi Kongmin, trente-et-unième roi de la dynastie Koryŏ (1352-1374). Les tombes royales du Koguryŏ sont inscrites au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO.
Les voyageurs peuvent également découvrir les réalisations du régime socialiste, en particulier, dans la capitale Pyongyang, des fresques et des monuments révolutionnaires. Les circuits touristiques comprennent aussi des visites dans la zone démilitarisée, dernier endroit au monde où est palpable l'atmosphère de la guerre froide.
Si on visite le pays entre la mi-août et la mi-octobre, on peut assister à une représentation du spectacle d'Arirang.
[] Une région prioritaire pour le tourisme : les monts Kumgang
En 2002, la région autour de Kumgangsan, proche de la frontière sud-coréenne, a été désignée comme une région destinée au tourisme où les Sud-Coréens n'ont pas besoin de permissions spéciales. Des tours opérateurs privés y amènent des milliers de Sud-Coréens chaque année. En 2005, plus d'un million de Sud-Coréens avaient ainsi visité les "monts Kumgang" au Nord depuis l'ouverture de ce circuit sept ans plus tôt.
En juillet 2005, la compagnie sud-coréenne Hyundai a obtenu l'accord du gouvernement nord-coréen pour ouvrir plus de régions (telle que le Mont Paektu et Kaesong) au tourisme.
[] Sport
La Corée du Nord a remporté 8 médailles d'or, 12 d'argent et 30 en bronze aux differents Jeux Olympiques (reconnue par le Comité international olympique (CIO) depuis 1957).
En 2000, 2004 et 2006 lors des cérémonies d'ouverture des Jeux Olympiques les deux Corée ont défilé ensemble mais étaient séparées pour les épreuves sportives. Les délégations du Nord et du Sud ont à nouveau défilé ensemble lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Turin le 12 février 2006. Il est envisagé de constituer une seule équipe nationale commune aux deux Corée aux Jeux Olympiques d'été de 2008 (source : [16]). Le 27 novembre 2006, la Corée du Sud a accepté la proposition de la Corée du Nord que les deux équipes défilent ensemble lors de l'ouverture des Jeux asiatiques (source TSR.ch [17]). Une rencontre entre les comités olympiques des deux Corée a eu lieu, à Lausanne, le 5 septembre 2006, dans l'objectif de constituer une seule équipe coréenne aux Jeux olympiques de Pékin. A cette occasion, "le CIO se félicite que le sport et l’idéal olympique puissent amener à la constitution d’une équipe unifiée et souhaiterait remercier les deux délégations de leur engagement et de leurs efforts pour atteindre cet objectif" (source : site officiel du mouvement olympique [18]).
La victoire de la Corée du Nord sur l'Italie lors de la coupe du monde de football de 1966, a fait l'objet d'un film de Dan Gordon qui a rencontré en octobre 2002 les joueurs nord-coréens du match de 1966. Le film, intitulé "The game of their lives" ("Le match de leurs vies") a été projeté en Corée du Nord et en Corée du Sud et a reçu le prix du meilleur documentaire sportif de la télévision britannique (voir l'article [19] et le site en anglais du film [20]). Pour la première fois, une nation asiatique arrivait en phase finale d'une coupe de monde de football. L'équipe féminine de football espoir (moins de 21 ans) est devenue championne du monde après sa victoire 5-0 contre la Chine le 3 septembre 2006 (source : FIFA [21]). Dans un pays où le football est très populaire, le stade Rungnado à Pyongyang compte 150 000 places, ce qui en fait un des cinq plus grands stades au monde.
Un des principaux sports nationaux est, comme en Corée du Sud, le taekwondo. Du 22 au 29 août 2006, la Corée du Nord accueille les seconds jeux internationaux d'arts martiaux, avec plus de 1 000 participants d'une soixantaine de pays.
Lors des championnats du monde 2006 féminins de tennis de table, les Françaises se sont inclinées contre les Nord-Coréennes (3-0).
Les spectacles de gymnastique de masse d'Arirang sont également propres à la Corée du Nord.
[] Références
[] Notes
- ↑ source : (dans le Petit Robert des noms propres, édition mise à jour en mai 2004, ISBN 2-85036-823-7)
- ↑ source : The Korea Times
- ↑ source : nk.chosun.com
- ↑ source : The Korea Times
- ↑ source : [1] (site apparemment non accessible)
- ↑ source : UNEP news, revue interne au PNUD : sur le site "Korea is one"
- ↑ [2] et UNEP news, revue interne au PNUD : sur le site "Korea is one"
- ↑ source : site de Triangle Génération Humanitaire
- ↑ source : le site "Korea is one"
- ↑ source : le site "Korea is one"
- ↑ "Evadés de Corée du Nord", op. cit.
- ↑ Le Monde du 8 juillet 2006
- ↑ Source : la wikipedia anglophone
- ↑ Ilaria Maria Sala, « Regard filtré sur la Corée du Nord » dans Le Monde diplomatique, novembre 1999, p. 14
- ↑ article paru le 12 octobre 2005, à lire ici
[] Sources officielles nord-coréennes
Les éditions en langues étrangères de Pyongyang éditent, notamment en français, des ouvrages officiels sur la Corée du Nord dont :
- Panorama de la Corée, 1982, Éditions en langues étrangères (Pyongyang)
[] Autres sources
Le lecteur pourra se reporter notamment au site du Ministère de la réunification de Corée du Sud (en anglais), ainsi qu'à l'unique guide de voyage exclusivement consacré à la Corée du Nord, également en anglais :
- Willoughby R., North Korea. The Bradt Travel Guide, Bradt Travel Guides LTF, Royaume-Uni, 2003.
En outre, un court métrage britannique, A state of mind (Les demoiselles de Pyongyang), décrit, en évitant de porter tout jugement, la vie quotidienne en Corée du Nord en suivant la préparation de deux fillettes gymnastes pour le spectacle de gymnastique de masse Arirang qui s'est tenu à Pyongyang en 2003 (source : International Herald Tribune [22]).
Une étude d'un universitaire australien marxiste, professeur honoraire à la Research School of Pacific and Asian Studies près l’Université nationale d’Australie, et par ailleurs coordinateur de Japan Focus :
- Gavan Mc Cormack, « Target North Korea : Pushing North Korea to the Brink of Nuclear Catastrophe », Nation Books, 2004. Voir par ailleurs l'article du même auteur publié par "Japan Focus" : [23].
Une étude sud-coréenne :
- Sung Chul Yang, The North and South Korean political systems : a comparative analysis, 1999, Elizabeth, NJ : Hollym, ISBN 1-565-91105-9
Une étude d'un Français d'origine coréenne :
- Cheong Seong Chang, Idéologie et système en Corée du Nord, de Kim il-sông à Kim Chông-il, L 'Harmattan, Paris, 1997.
Enfin, d'autres études ont été écrites par des auteurs militant ouvertement pour un changement de régime à Pyongyang :
- A. Destexhe, Corée du nord. Voyage en dynastie totalitaire, L'Harmattan, ISBN 2747513238
- M. Breen, Kim Jong-il, Dictateur nord-coréen, St Honoré Média, ISBN 2-9522228-0-0
- P. Grangereau, Au pays du grand mensonge, voyage en Corée du Nord, Payot, ISBN 2228897426
- Kang Hyok et P. Grangereau, Ici, c'est le paradis ! : une enfance en Corée du Nord, 2004, M. Lafon, ISBN : 2-7499-0038-7
- Kang Chol-Hwan, Les Aquariums de Pyongyang, Robert Laffont, ISBN 2221091019
- P. Rigoulot, La Corée du Nord : État voyou. Pour une présentation de cet ouvrage, voir : un entretien avec Pierre Rigoulot, ainsi qu'un article paru dans La Lettre de Corée dont Pierre Rigoulot est rédacteur en chef.
- P. Rigoulot, « Séoul-Pyongyang : Radioscopie d'un naufrage », dans Politique internationale, n°94, hiver 2001-2002.
Le récit d'un séjour en Corée du Nord, principalement à Pyongyang, a été fait sous forme de bande dessinée par un réalisateur de dessins animés québécois ayant travaillé quelques mois en Corée du Nord :
- G. Delisle, Pyong Yang, éd. L'Association, 2002, ISBN 2844141137 (existe aussi en langue anglaise aux éditions Drawn and Quarterly).
[] Voir aussi
[] Liens externes
[] Sites officiels nord-coréens
- (fr)"Naenara" (en coréen : "mon pays") Site officiel de la Corée du Nord (Les nouvelles de Pyongyang)
- (ko) Le portail officiel de la Corée du Nord
- (en) The Korean Central News Agency, site d'informations, hébergé au Japon
- (fr) : discours prononcé par le Chef de la Délégation du Parti du Travail de Corée à l'occasion du 1er anniversaire de la Déclaration de Pyongyang (« Le peuple coréen n'abandonnera jamais son régime socialiste. »)
[] Sites d'associations d'amitié avec la Corée du Nord
- (fr) Site trilingue de l'association d'amitié Suisse-Corée "Comité Suisse pour la Réunification Pacifique et Indépendante de la Corée"
- (fr) Site trilingue de l'association d'amitié belgo-coréenne "Korea is one"
- (fr) Comité international de liaison pour la réunification et la paix en Corée
- (en) Site validé par le gouvernement nord-coréen et conçu par un Espagnol se disant consul honoraire de la République populaire de Corée
[] Sites officiels sud-coréens
- (fr) Site officiel de l'ambassade de Corée du Sud en France, comportant également des articles sur la Corée du Nord
- (en) Ministère de la réunification de Corée du Sud
[] Sites d'organisations internationales et autres sites
- (fr) Rapport de l'ONU (2004) sur la famine en Corée du Nord
- (fr) Site Internet d’Amnesty International
- (fr) Site Internet de l'ONG Première Urgence [24]
- (fr) Rapport annuel 2005 de Reporters sans frontières
- (fr) [http:collectif-asah.org/infospays/asie/coreedunord/ Corée du Nord sur le Portail Humanitaire : Actualité / droit de l'homme / Catographie / ...]
- (en) CIA factbook
- (en) Agence Koryŏ Tours spécialisée dans les voyages en Corée du Nord
- La catégorie Corée du Nord de l'annuaire dmoz.
- Guide de voyage sur la Corée du Nord de Wikitravel
- La résolution 1718 du Conseil de sécurité
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