Chinchilla
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- Pour les articles homonymes, voir Chinchilla (homonymie).

| Chinchilla | |||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Chinchilla domestique | |||||||||
| Classification classique | |||||||||
| Règne | Animalia | ||||||||
| Embranchement | Chordata | ||||||||
| Classe | Mammalia | ||||||||
| Sous-classe | Theria | ||||||||
| Infra-classe | Eutheria | ||||||||
| Ordre | Rodentia | ||||||||
| Sous-ordre | Hystricognatha | ||||||||
| Famille | Chinchillidae | ||||||||
| Genre | |||||||||
| Chinchilla Bennett, 1829 |
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| Taxons de rang inférieur | |||||||||
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| Références | |||||||||
| ITIS : (en) | |||||||||
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Le genre chinchilla, Bennett, 1829, regroupe de petits rongeurs nocturnes de taille moyenne de la famille des Chinchillidae, proches des Viscaches et originaires commes celles-ci de la Cordillère des Andes en Amérique du Sud. Le genre Chinchilla comprend officiellement deux espèces en péril sauvages et une espèce hybride domestique d'élevage.
Sommaire |
[] Nomenclature et systématique
Le mot chinchilla vient d’une tribu indienne des Andes, les Chincas. Chinchilla veut dire littéralement « petit Chinca ». Le nom est phonétiquement identique dans la plupart des langues. Il est aussi parfois appelé viscache des montagnes[1].
[] Taxinomie généralement admise
La classification la plus souvent retenue par les éleveurs et les chercheurs qui les étudient sur place (Jiménez, 1995)[2] :
- Genre Chinchilla, Bennett, 1829
- le chinchilla à queue courte, Chinchilla brevicaudata Waterhouse, 1848, syn. Eryomis brevicaudata, avec d'éventuelles sous-espèces.
- Le chinchilla à longue queue, Chinchilla lanigera (Molina, 1782), syn. Eryomis lanigera, avec d'éventuelles sous-espèces.
+ Le chinchilla domestique, Chinchilla laniger x chinchilla brevicaudata (Grau, 1986), syn. Eryomis eryomis, avec une grande variété de coloris.
[] Une taxinomie encore discutée
La taxinomie des chinchillas n'est pas bien fixée. La disparition peut-être totale d'une ou plusieurs espèces sauvages, comme le chinchilla royal (chinchilla géant à queue courte), ne permettra sans doute jamais de résoudre ce problème.
- Certains auteurs ne reconnaissaient autrefois qu'une seule espèce (Albert, 1901).
- Certains auteurs distinguent seulement deux espèces du genre : Chinchilla chinchilla et Chinchilla lanigera (Wilson et Reeder, 2005)[3].
- D'autres auteurs considèrent qu'il y a des sous-espèces du Chinchilla lanigera, Walker, 1968, ou du Chinchilla chinchilla, Man, 1978.
- Le Chinchilla costina, parfois cité comme espèce distincte, serait plutôt une apellation espagnole du Chinchilla lanigera ou éventuellement une sous-espèce [4].
- Les autorités les plus récentes reconnaissent deux espèces : Chinchilla laniger et Chinchilla brevicaudata (Cabrera 1961 ; Corbet et Hill 1980 ; Woods 1993 ; Monoz-Pedreros 2000). Une distinction qui se révèle en accord avec les données moléculaires récentes[5].
- En 2003 Valladares et Spotorno ont déposé une demande auprès de la Comission internationale de nomenclature zoologique pour que que l’on conserve le nom d’espèce Mus Laniger, Molina, 1782, à la place de Ch. laniger et Eryomis chinchilla, Linchtenstein, 1830, à la place de Ch. brevicaudata, en attente de réponse[5].
- Le Chinchilla domestique n'est pas toujours considéré comme une espèce à part entière. Parfois comme une espèce hybride (Grau, 1986). Dans le langage des laboratoires le nom Chinchilla laniger[6] désigne le chinchilla lanigera tout comme ses descendants d'élevage. La distinction doit être faite pourtant dans le cadre des règlementations internationnales car elles diffèrent selon qu'il s'agit d'individus sauvages protégés ou de spécimens d'élevage domestiques. [7]
[] Les espèces


[] Chinchillas sauvages
- Chinchilla brevicaudata Waterhouse, 1848.
- Chinchilla lanigera (Molina, 1782).
Ces animaux d'Amérique du Sud sont rares, ce sont des espèces protégées.
[] Chinchillas d'élevage
- Chinchilla laniger x Chinchilla brevicaudata
Ce chinchilla domestique résulte du croisement des espèces sauvages (Grau, 1986) dans le cadre de l'élevage en captivité. Il est toutefois plus proche de l’espèce Chinchilla lanigera que du Chinchilla brevicaudata.
Ce Chinchilla est le plus connu du grand public, des éleveurs, des fourreurs et des laboratoires. Il en existe de multiples variétés.
[] Les caractéristiques communes à tous les chinchillas
Les chinchillas sauvages ont presque tous disparu. De rares témoignages (A.E. Brehm, 1864, Jiménez, 1995) permettent toutefois d'avoir une idée de leur description et de leur comportement. Les chinchillas domestiques ont hérité les caractéristiques de leurs ancêtres. Pour plus de détails voir pages des espèces du genre.
Ces rongeurs de la taille d'un petit lapin (Jiménez, 1995) sont parfaitement adaptés à leur mode de vie dans un habitat hostile :

[] Animaux sociaux
Leur habitat est la Cordillère des Andes, au-dessus de 3.000 m et jusqu'à 6.000m d'altitude, dans les zones de rochers désertiques. Ils y nichent théoriquement en colonies familiales importantes, de plusieurs centaines d'individus. Les femelles sont plus grosses que les mâles et dominantes. Les avis sont partagés sur leur monogamie éventuelle [8].
Pour communiquer ils émettent une variété de sons et de petits cris[9], des grincements de dents, des jets d'urine ou libèrent une forte odeur en cas d'agression. Les conflits sont rares si leur habitat est assez vaste.
[] Animaux vulnérables
En tant que petits herbivores, les chinchillas sont des proies typiques. Leurs petites incisives de couleur orange et leurs membres aux doigts en partie atrophiées (antérieurs: 4 doigts et demi, postérieurs: 3 doigts et demi) qui sont munis de très courtes griffes ne suffisent pas à les protéger.
Leur salut est dans la fuite : les membres postérieurs, plus développés que les antérieurs et aux coussinets antidérapants, ainsi qu'une queue épaisse et touffue, leurs permettent de se tenir debout pour observer au loin, de sauter, bondir à la manière des kangourous et grimper sur les parois rocheuses pour fuir à grande vitesse à la moindre alerte (A.E. Brehm, 1864). La fourrure se détache en touffes de poils et la queue se casse facilement pour échapper aux rares prédateurs naturels (rapaces, renards, martres).

[] Animaux des déserts froids et rocheux
Ils ont une fourrure particulièrement dense qui limite l'évaporation dans ces régions où la température varie beaucoup entre le jour et la nuit. Lorsqu'un follicule chez l'homme porte un poil, un follicule chez le chinchilla porte plus de 50 poils (Meadow, 1969). C'est la fourrure la plus dense des espèces terrestres : 20.000 poils par cm². Dans ces territoires arides ils nichent dans les anfractuosités des rochers, entre les épineux, et entretiennent leur fourrure par des bains de poussière volcanique [8].
Ils trouvent un apport d'eau dans la rosée et leur alimentation variée qu'ils saisissent de leurs membres antérieurs préhensiles. Celle-ci est essentiellement végétarienne (herbe, cactus, fruits, etc.). Les chinchillas goûtent à tout végétal suceptible d'être commestible mais ils peuvent aussi à l'occasion consommer des insectes. Ainsi ils s'adaptent aux saisons et aux périodes de sècheresse.
Grace à une dentition à croissance continue et un tube digestif adapté - un caecum et un côlon particulièrement développés et favorables aux bactéries - ils résistent à ce régime très riche en fibres[1]. De plus ils sont caecotrophes: la réingestion de certaines crottes leur permet d'assimiler encore plus de nutriments et certaines vitamines B produites par les bactéries du caecum[10].

[] Animaux nocturnes
Ils ont des gros yeux noirs, de grandes oreilles avec des bulles tympaniques au développement considérable[11] et de longues vibrisses leur permettant de se repérer dans l'obscurité parmi les dédales de rochers.
[] Reproduction
Un chinchilla peut vivre une dizaine d'années dans la nature, jusqu'à 20 ans en captivité. Il se reproduit donc lentement comparativement aux autres rongeurs.
- La maturité sexuelle est atteinte à 8 mois.
- La gestation est de 111 jours au moins, ce qui est long pour un rongeur.
- Les petits naissent déjà couverts de poils et les yeux ouverts.
- Il n'y a en moyenne que 2 portées par an, de 2 petits seulement.
[] Origine et histoire
[] Origines préhistoriques
On retrouve des restes fossilisés en Amérique du Sud dans les couches de l'éocène supérieur, du pliocène et du pléistocène ce qui indique qu'ils ont vécu dans cette région depuis approximativement 50 000 000 d'années[12].
Les scientifiques pensent que les chinchillas sont les descendants directes du Megamys. Un animal préhistorique semblable au chinchilla, mais plus gros, dont on a découvert les restes en Argentine. Les chinchillas sont toujours restés sur le même territoire (la portion des Andes qui borde la côte ouest de l’Amérique du Sud) à cause des barrières naturelles et des prédateurs[13].
[] La chasse traditionnelle
C'est la fourrure extrêmement douce et fournie du chinchilla qui est cause à la fois de sa célébrité - c'est l'une des plus chères - et de sa perte, car il a été presque exterminé par une chasse intensive. La loutre de mer qui a la fourrure la plus dense de toutes - 170.000 poils par cm² - a subit un sort similaire pour les mêmes raisons[2].
Les chinchillas sauvages étaient à l’origine largement répandus dans les Andes centrales et les montagnes adjacentes. En 1864 on pouvait encore observer, dans les hautes Andes, des centaines de chinchillas peu farouches montant et descendant avec une rapidité étonnante les parois rocheuses escarpée (A.E. Brehm 1864).
A l'époque précolombienne, on peut affirmer que l’utilisation de la fourrure du chinchilla remonte bien avant l’Empire Inca. On le chassait aussi pour sa viande et comme animal de compagnie. Les chinchas l’utilisaient pour faire des vêtements et tissaient le poil de ces animaux pour réaliser des couvertures. Quand les chinchas furent vaincus par les Incas ces derniers en interdirent l’usage, sauf pour garnir les habits de cérémonie de leurs rois.[13]
Les conquistadors espagnols découvrirent la douceur de cette fourrure et commencèrent à exporter les peaux au XVIIIe siècle[2].
[] La chasse intensive
La chasse intensive par les « chinchilleros » débuta en 1828 dans le nord du Chili, atteignant entre 1900 et 1909 environ 1,5 millions d’animaux par an, et détruisant leur habitat du même coup, jusqu’à ce que la ressource soit presque tarie vers 1917. Les peaux étaient exportées en majorités vers les États-Unis, L’Angleterre, la France et l’Allemagne.[2]

[] Baisse des populations
Dès 1890 on prit conscience des risques d’extinction car le chinchilla se reproduit moins vite que d’autres rongeurs. En 1898 on règlementa la chasse, avec peu de résultat[2].
En 1900, le directeur du centre de recherché zoologique et botanique de Santiago, au Chili, demanda en vain au gouvernement la protection des chinchillas car on les jugeait encore assez nombreux[13].
En 1910, un traité fut signé par les principaux exportateurs interdisant la chasse et l’exportation des chinchillas, dont la seule conséquence fût l’augmentation du prix des fourrures[2].
Vers 1913, même en capturant un seul animal par mois, les chinchilleros gagnaient mieux leur vie que dans le mines[2].
Entre 1840 et 1916 plus de 21 millions de chinchillas furent tués (Gigoux, 1928). En 1929 une peau pouvait atteindre 170 US$. Les négociants en fourrure donnèrent même des instructions pour obtenir des peaux "à n'importe quel prix" (Allen 1942).
En 1929, bien que la loi de protection ait été décrétée, elle n’a été appliquée strictement qu’à partir de 1983 avec la création d’une réserve nationale au Chili. La chasse du chinchilla lanigera se poursuit jusque vers 1968, pour sa peau mais aussi pour le renouvellement génétiques des élevages de chinchillas qui se multipliaient à l'époque, ce qui contribua paradoxalement à faire baisser encore la population sauvage (Burton, 1987).[2]
[] Danger d'extinction
Le 3 mars 1973, le chinchilla est inscrit en annexe I de la CITES, dite aussi « Convention de Washington».
Il y est précisé : « Chinchilla spp. (Les spécimens de la forme domestiquée ne sont pas soumis aux dispositions de la Convention)».
En concéquence, pour les chinchillas sauvages seulement, « le commerce des spécimens de ces espèces doit être soumis à une réglementation particulièrement stricte afin de ne pas mettre davantage leur survie en danger, et ne doit être autorisé que dans des conditions exceptionnelles. »[14]
[] Espérances de survie selon les espèces
Le chinchilla est un cas typique de mise en péril, puis de tentatives de préservation des populations sauvages alors qu'il est peut-être déjà trop tard.
Les espèces sauvages bénéficient d'un niveau de protection et d'une politique de conservation spécifiques. Le Chinchilla brevicaudata est reconnu comme "en danger critique" et le Chinchilla lanigera "vulnérable" par l'IUCN qui reconnait pourtant que "la chasse aux chinchillas continue encore" et que le chinchilla à queue courte dont la fourrure est plus recherchée est toujours poursuivi (Thornback and Jenkins 1982)[15].
Malgré son statut d'animal protégé, la population des chinchillas sauvages ne cesse de décroître de nos jours. Sans doute à cause de l’action conjuguée de la perturbation de leur habitat, des prédateurs et des maladies (Jiménez, 1994).
L'élevage conservatoire n'a jusqu'à présent pas donné de résultats positifs. Les essais de réintroduction au Chili de chinchillas d’élevage (Mohlis 1983) ainsi que les tentatives d’introduction en Californie, Tadjikistan ou au Chili ont échouées jusqu'à présent (Jiménez, 2006).
Le chinchilla domestique est quant à lui largement répandu dans les élevages un peu partout dans le monde. Son statut de protection en tant qu'animal à fourrure diffère selon les pays.
L'espoir de sauver tous ces animaux réside aussi dans la découverte de produits de substitution comme l'Orylag, un lapin d'élevage dont la fourrure rappelle celle du Chinchilla.
[] Notes
- ↑ 1,0 1,1 Les chinchillas, site de la Clinique vétérinaire Brasseur
- ↑ 2,0 2,1 2,2 2,3 2,4 2,5 2,6 2,7 Jaime E. Jiménez, The extirpation and current status of wild Chinchillas, Departement of Wildlife Ecology and Conservation, University of Florida, Gainesville, Florida USA. 1995.
[pdf] (en) - ↑ Mammals [1]Mammal Species of the World (MSW) 2005 [2](en)
- ↑ [3] CITES (es)
- ↑ 5,0 5,1 A.E. Spotorno, C.A. Zuleta, J.P. Valladares, A.L. Deane et J.E. Jiménez, “Chinchilla laniger”. Publié par l’American Society of Mammologists dans “Mammalian Species” n° 758, pp. 1-9, 3 ill., 15 déc 2004. (en)
- ↑ Pr Thierry Roger, "Les bases de la taxonomie des animaux de laboratoire", Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon Lire le document
- ↑ La réglementation française par exemple considère le chinchilla domestique comme issu de l'hybridation des deux espèces sauvages : Chinchilla laniger x Chinchilla brevicaudata. Voir la liste des animaux domestiques selon la législation française
- ↑ 8,0 8,1 Maike Röder-Thiede, "Chinchillas". Collection Animaux, Petits Pratiques, Ed. Hachette, 2000.
- ↑ [4] descriptions et enregistrement de cris de chinchillas domestiques (en)
- ↑ Comparative mammalian brain collection (en)
- ↑ Chinchilla lanigera dans brainmuseum.org (en)
- ↑ [5] "Chinchilla" sur cueronet.com, site de l'industrie du cuir [6](es).
- ↑ 13,0 13,1 13,2 Scott Barnes, History of the Chinchilla August 2002. Sur le site mutation chinchillas (en)
- ↑ Annexe I de CITES
- ↑ Trade Chinchilla Endangered species handbook, 1983.(en) Site [7]
[] Voir aussi
[] Articles connexes
- Chinchilla domestique
- Chinchilla brevicaudata
- Chinchilla lanigera
- Liste d'espèces menacées
- Fourrure
- Désert
[] Liens externes
- (en)Jaime E. Jiménez, The extirpation and current status of wild Chinchillas, Departement of Wildlife Ecology and Conservation, University of Florida, Gainesville, Florida USA. 1995.
- (fr)www.cites.org Site oficiel de la CITES, convention de Washington.
- (en)www.wildchinchillas.org site de l'association à but non lucratif Save the Wild Chinchillas.
- (en)(de)Chinchilla library Banque de documents sur les chinchillas
[] Références
- Chinchilla dans catalogueoflife.org (en)
- Chinchilla dans Mammal Species of the World (MSW) (en)
- Référence ITIS : Chinchilla Bennett, 1829 (en)
- Référence AnimalDiversityWeb : Chinchilla (en)
- Référence CITES : genre Chinchilla (fr+en) (sur le site de l’UNEP-WCMC)
[] Bibliographie
- Maike Röder-Thiede, "Chinchillas". Collection Animaux, Petits Pratiques, Ed. Hachette, 2000.
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