Arles
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| Arles
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|---|---|
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| Pays |
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| Région | Provence-Alpes-Côte d'Azur |
| Département | Bouches-du-Rhône (sous-préfecture) |
| Arrondissement | Arrondissement d'Arles (chef-lieu) |
| Canton | chef-lieu de 2 cantons : Canton d'Arles-Est et canton d'Arles-Ouest |
| Code INSEE | 13004 |
| Code postal | 13200 |
| Maire Mandat en cours |
Hervé Schiavetti 2001-2008 |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette |
| Latitude | 43° 40’ 35’’ Nord |
| Longitude | 04° 37’ 40’’ Est |
| Altitude | 0 m (mini) – 57 m (maxi) |
| Superficie | 75 893 ha = 758,93 km2 |
| Population sans doubles comptes |
52 600 hab. (2004) |
| Densité | 66,0 hab./km2 |
Le Lion d'Arles
Arles (en occitan provençal : Arle [ˈaʀle] selon la norme classique ou la norme mistralienne) est une commune française, située dans le département des Bouches-du-Rhône et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, située sur un axe Nîmes (à 27 km à l'Ouest) - Marseille (à 80 km à l'Est).
Ses habitants sont appelés les Arlésiens.
Sommaire
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[] Devise
Ab ira leonis, urbs Arelatensis hostibus hostis et ensis
[] Géographie
[] Situation

Arles est sur le Rhône, là où commence son delta, et constitue donc la porte de la Camargue. La ville initiale construite sur un rocher dominant la rive gauche du Grand Rhône (coordonnées géographiques : 43° 40’ 41’’ N, 4° 37’ 46’’ E) s'est développée ensuite à l'ouest, sur la rive droite (quartier de Trinquetaille) puis au Sud (quartiers du Vieux-Bourg, de la Roquette et de Barriol) et au Nord (quartiers Montplaisir et du Trébon). La présence de marais à l'Est a limité son développement dans cette direction. La ville d'Arles est fortement marquée par la présence du Rhône qui coupe la ville en deux et qui reste encore même de nos jours, une menace lors des crues.
La commune d'Arles est la plus étendue de toutes les communes de France métropolitaine. Avec environ 759 km², elle est plus étendue que le Territoire de Belfort (102 communes), et autant que Paris et les trois départements de sa proche banlieue réunis (124 communes).
Son territoire comprend trois espaces naturels remarquables :
- au nord, les Alpilles,
- au sud, la Camargue dont elle possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu'Arles),
- et à l'est, la Crau.
Outre la ville proprement dite, au nord de la commune, Arles inclut de nombreux bourgs et hameaux éloignés, notamment Salin-de-Giraud et Raphèle-lès-Arles ainsi que Moulés et Mas Blanc.
[] Climat
[] Un climat de type méditerranéen
Arles est soumis au climat méditerranéen avec une longue période estivale, chaude et sèche, des hivers doux, un ensoleillement important et des précipitations irrégulières. Son climat comporte des particularités liées à la situation géographique de la ville au sud du couloir rhodanien entre Cévennes et Alpes du Sud. Ainsi les automnes, et dans une moindre mesure les périodes avril-début mai, sont arrosés avec des précipitations brèves mais conséquentes et les hivers parfois rigoureux à cause du Mistral, vent violent et froid qui donne aux paysages arlésiens leur luminosité exceptionnelle.
Les pluies méditerranéennes sont liées à des dépressions qui se forment sur le golfe de Gênes ou au large des Baléares. Des vents d'Est à Sud-Est chauds, chargés d'eau puisque traversant la Méditerranée, rencontrent l'obstacle des Cévennes, ou moins souvent, des Alpes, s'élèvent au contact de l'air froid d'altitude en cumulo-nimbus parfois énormes et éclatent en orages brutaux. Ces orages, qui se produisent généralement en automne, peuvent provoquer des précipitations de 200 mm par jour et parfois plus. La pluviométrie mensuelle présente également une grande variabilité. La localisation des pluies varie selon l'implantation respective de l'anticyclone et de la dépression et leur intensité dépend du volume de nuages créé par l'humidité des vents et bien sûr des différences de températures.
En hiver les températures descendent fréquemment sous zéro sur des périodes pouvant dépasser parfois plusieurs semaines. On peut rappeler les hivers 1956, 1962-63, 1985-86 avec des records autour de –15°.
[] Chiffres clés
Températures
| Janv | Févr | Mars | Avri | Mai. | Juin | Juil | Août | Sept | Octo | Nove | Déce |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 3 | 4 | 6 | 8 | 12 | 16 | 19 | 19 | 15 | 12 | 7 | 4 |
| 11 | 12 | 16 | 18 | 23 | 27 | 31 | 30 | 26 | 20 | 14 | 11 |
| Station d'Arles | |||||||||||
Pluviométrie
pluviométrie : 524 mm/an, une des plus faibles de France
nombre de jours de pluie : environ 60 jours/an
| Janv | Févr | Mars | Avri | Mai. | Juin | Juil | Août | Sept | Octo | Nove | Déce |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 56 | 33 | 23 | 49 | 36 | 31 | 27 | 34 | 66 | 70 | 58 | 41 |
| Station d'Arles | |||||||||||
- ensoleillement : > 2900h /an
- nombre de jours de gel :
[] L'urbanisme
Tout en subissant de nombreux plans d'urbanisme, de l'antiquité à l'époque contemporaine, le centre ville de la cité, fixé géographiquement dès la fin du XIIe siècle, a su conserver une richesse patrimoniale qui en fait un des lieux touristiques les plus fréquentés de Provence. Les quartiers phériphériques de la cité plus récents, hormis celui de Trinquetaille, reflètent les aménagements entrepris aux XIXe et XXe siècles et les transformations sociales de la cité..
[] Antiquité
La ville a été aménagée dès l'époque grecque, mais le premier plan d'urbanisme connu remonte au Ier siècle avant JC, sous l'empereur Auguste. Il structure encore de nos jours le centre ville. Remaniée plusieurs fois sous les flaviens, le Haut Empire à l'époque des Antonins, l'empereur Constantin et les empereurs de l'Antiquité tardive, la cité garde une incomparable trace de son riche passé romain, puisqu'elle devint résidence impériale. La ville se dote aussi dès les IVe et Ve siècles de lieux cultuels chrétiens qui se substituent aux temples romains.
Au plus fort de son expansion, vers le premier quart du Ve siècle la ville est probablement plus peuplée que de nos jours.
[] Moyen Âge
Le Haut Moyen Âge est une période d'insécurite et d'épidémies. La cité se réorganise dans une enceinte réduite en exploitant comme carrières les monuments de la ville et en transformant l'amphitéâtre en place forte lotie.
La fin du Xe siècle marque le début d'un renouveau économique au cours duquel Arles va se développer hors de ses murailles; de nouveaux quartiers appelés bourgs se construisent ainsi à proximité immédiate de la ville qui va à la fin du XIIe siècle les intégrer dans de nouveaux remparts entourant une cité agrandie, dont les limites sont encore visibles de nos jours au travers des vestiges de l'enceinte médiévale et des boulevards entourant la vieille ville. La fin du XIIe siècle se caractérise également par un embellissement urbain avec de nombreuses églises romanes.
Après l'installation de la première dynastie Angevine en Provence (1250), le déclin politique (au profit d'Aix, capitale du Comté), économique (concurrence de Marseille), ecclésiastique (Arles devient une succursale de la papauté installée à Avignon) de la cité et surtout la terrible peste de 1348 qui tue plus du tiers des arlésiens stoppent brutalement le développement de la communauté. Pendant plus de deux siècles, la ville va vivre enfermée dans ses murs avec comme principales préoccupations urbanistiques, l'amélioration du bâti religieux et l'entretien des remparts sollicités jusqu'aux Guerres de Religion.
[] Temps modernes
La ville se transforme initialement dans la qualité du bâti et le réaménagement du centre ville :
- restructuration de la Renaissance : agrandissement de la place en face de l'église Saint-Trophime (l'actuelle place de la République),
- construction au XVI et XVIIe siècle, des hôtels particuliers de nobles et de bourgeois enrichis par l'exploitation de domaines agricoles en Camargue et en Crau,
- rénovation du bâti diocésain lors de la Contre-Réforme,
- édification de l'Hôtel de Ville à la fin du XVIIe siècle,
À compter de 1679, une politique d’alignement est entreprise par les consuls. Cette politique d’alignement qui se poursuit jusqu’à la Révolution, modifie considérablement l’aspect du centre-ville.
[] Depuis la Révolution
La ville redécouvre son passé et ses monuments qui sont progressivement dégagés. Elle s'agrandit au delà de son enceinte médiévale, s'industrialise et se dote de nombreux équipements publics lui permettant de se transformer de gros bourg agricole en une ville ouvrière, puis touristique.
Le XIXe siècle voit ainsi la réalisation d'importants travaux d'aménagement urbain : dégagement et restauration des monuments romains (arènes, théâtre antique) dès les années 1820-1830, construction d'édifices publics (postes, écoles, théâtre, ...) et de nouveaux ponts sur le Rhône, aménagement de lieux publics (jardins, cours des Lices), réalisation des infrastructures ferroviaires de la ligne PLM vers 1845-1850, édification des quais après les inondations catastrophiques de 1841 et 1856 et percement de nouvelles voies (rue Gambetta, ...).
Au XXe siècle, l'urbanisme arlésien se concentre sur le lotissement de nouveaux quartiers résidentiels à la périphérie de la ville médiévale (Trébon, Montplaisir, Alyscamps, Barriol, ...) et sur les travaux de reconstruction à la suite des bombardements de 1944 (quartiers de la Cavalerie, Trébon, Trinquetaille). Des infrastructures routières sont également réalisées à partir des années 1975 (nouveau pont, voie auto-routière, ...) afin d'améliorer le transit automobile urbain et inter-urbain.
[] Projets
A la date du 29 avril 2003, les projets définis par la municipalité s’articulent autour d’une meilleure adaptation de la cité aux voies de circulation automobiles, d’un développement des activités et des zones d'habitation, et d’une amélioration des équipements. On peut citer ainsi :
- la création d’une autoroute de contournement de la ville avec à terme la possibilité de réaménager la RN113 en voie urbaine pour supprimer la coupure entre le centre-ville et les quartiers périphériques.
- les aménagements des entrées de la ville : désenclavement des quartiers et nouvelles activités
- l'aménagement des anciens ateliers de la SNCF en articulation avec la nouvelle ZAC des Minimes dans le quartier des Alyscamps : équipements universitaires, habitat, hôtel d’entreprises, espaces de loisirs et équipements culturels d’une part et création d’un nouveau quartier d’autre part
- les nouveaux équipements (Médiapôle, nouveau collège Frédéric Mistral, ...) et la réhabilitation du parc social.
[] Les quartiers
On distingue traditionnellement les quartiers de la vieille ville, c'est-à-dire ceux situés à l'intérieur de l'enceinte médiévale, des quartiers périphériques pour la plupart d'un développement plus récent.
[] La Cité

L’ancien quartier de la Cité est situé au centre de la ville, entre les quartiers du Méjan et de la Roquette à l’ouest, de l’Hauture à l'est et de Portagnel et de la Cavalerie au nord-est. Au nord, il s’étend jusqu’au Rhône et au sud il est limité par le boulevard des Lices.
Le quartier de la Cité est le centre politique et religieux de la cité depuis l’Antiquité. Cette dénomination, d’origine médiévale, est désormais rarement utilisée; on l'appelle maintenant quartier de l'hôtel de ville en référence à l’un de ses édifices les plus connus.
Quartier aménagé dès le premier plan d’urbanisme romain du 1er siècle av. JC à l’intersection des voies majeures de la cité : le cardo (nord-sud) et le decumanus (est-ouest), il reçoit au Ve siècle le siège épiscopal (cathédrale Saint-Etienne) transféré de l’Hauture en bordure du forum.
Il devient à la fin de l’Antiquité et durant le Haut Moyen Age un refuge pour la population décimée par les épidémies de peste qui abandonne les quartiers périphériques à la suite des invasions menaçant la cité. Le tracé des murailles est resserré et s’appuie sur les monuments (théâtre antique, l’amphithéâtre). Ce quartier se métamorphose ainsi en une citadelle pour une région ravagée. De cette période date la notion et le nom du quartier de la Cité.
A la fin du Xe siècle, la sécurité revenue, la ville se développe et de nouveaux quartiers, les « bourgs » apparaissent au delà des remparts. Ces nouveaux quartiers encadrent alors peu à peu celui de la Cité.
Le cœur de la Cité se transforme ensuite progressivement, notamment à la Renaissance et aux XVIe et XVIIe siècles avec de riches hôtels particuliers.
Toutefois, l’opération d’urbanisme la plus spectaculaire, demeure la construction de l’hôtel de ville conçu par l’architecte arlésien Jacques Peytret aidé de Jules Hardouin-Mansart et les divers réaménagements de ses alentours, jusqu’à offrir la place de la République que nous connaissons actuellement.
Au XIXe siècle de nombreux notables s’y installent et la rue Gambetta est percée à la suite d’une vaste opération immobilière; le quartier accueille à cette époque la sous-Préfecture et le siège de nombreuses banques.
Aujourd’hui, c’est un quartier qui se distingue à la fois par sa richesse architecturale et par son animation notamment lors de la Féria, ce qui explique qu'il soit aussi prisé des Arlésiens que des visiteurs. Comme l’ensemble du centre ville, il fait partie du secteur sauvegardé.
[] L'Hauture
Le quartier de l’Hauture (ou Auture) est situé sur la plus haute proéminence de la ville surplombant la plaine deltaïque environnante. Au sud-est du centre historique, il est limité au nord par les quartiers Portagnel/Cavalerie, à l’ouest par la Cité, à l’est par le Mouleyres et au sud par le boulevard des Lices.
Il s’agit du plus vieux quartier d’Arles. Occupé dès le VIe siècle avant JC par des indigènes qui commercent avec la colonie grecque de Marseille, il s’organise au IVe siècle av. JC en une proto-cité salyenne.
L’urbanisation du quartier commence avec la fondation de la colonie romaine, en 46 av. JC. Dès cette époque sont construits le théâtre et une première enceinte encore visible surtout dans son tracé Est où se trouvent les restes de la porte d’Auguste, entrée monumentale dans la ville de la voie Aurélienne reliant Arles à l’Italie. Aux siècles suivants, le quartier va être remanié, notamment à l’époque flavienne avec la construction de l’amphithéâtre et le remodelage des fortifications. Au début du IVe siècle, la première cathédrale paléochrétienne de la cité y est érigée à son extrémité sud-est.
Sous l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge, le quartier est délaissé au profit de celui de la Cité qui accueille la nouvelle cathédrale Saint-Etienne. De son côté, l’amphithéâtre fortifié va désormais servir d’ultime forteresse aux arlésiens.
A partir du XIIe siècle, le quartier se réorganise autour de l’église Notre-Dame-de-la-Major. Avec ses nombreux jardins, c’est le quartier des paysans et des bergers de la Crau qui en modèlent son urbanisme par un bâti modeste fait de petites maisons simples et de rues étroites encore visibles de nos jours.
A compter de la Renaissance, le quartier échappant aux transformations de la ville, à l’exception du développement de l’abbaye de Saint-Césaire et à la création du château d’eau au XXe siècle, va conserver son caractère rural et artisanal et son petit habitat ancien et individuel.
Aujourd’hui l’Hauture, comme l’ensemble du centre ville figure dans le périmètre du secteur sauvegardé. La richesse de son passé, son agrément et la tranquillité de ses petites rues en font un quartier très prisé des touristes.
[] Le Méjan

Le quartier du Méjan (« du milieu ») loti entre les quartiers de la Cité à l’est et au sud, de la Roquette à l’ouest et du Rhône au nord occupe une surface modeste du centre historique; son habitat qui se distingue peu des quartiers voisins en gomme son identité historique.
Son histoire remonte en effet à la renaissance médiévale de la ville. Au début du XIIe siècle, zone intermédiaire entre les habitants du nouveau quartier le Bourg-Neuf (le quartier actuel de la Roquette) dépendant des Porcelet et de ceux de la Cité, il est l’objet d’un conflit armé. Le Bourg initialement vainqueur annexe ce quartier dans ses propres fortifications avant que le Bourg lui-même ne soit intégré à la ville à la fin du XIIe siècle.
Autour de la paroisse Saint-Martin, c’est un quartier commerçant avec ses marchands, notamment Toscans, ses quais où arrivent les bateaux qui descendent le Rhône et ses Juifs. Il abrite en effet la juiverie de la cité jusqu’au début du XVIe siècle, date à laquelle ceux-ci sont chassés de Provence en 1501. C’est également dans ce quartier que s’installe l’ordre mendiant des Dominicains qui y bâtissent un monument remarquable, l’église des Dominicains, le plus vaste édifice gothique de la ville.
Aujourd’hui, avec l’arrivée de la maison des éditions Actes Sud, le quartier a pris une orientation culturelle. Le quartier du Méjan s’inscrit également dans le périmètre du secteur sauvegardé.
[] La Roquette, appelé autrefois le Vieux-Bourg ou Bourg des Porcelet
[] Cavalerie/Portagnel, appelé autrefois le Bourg-Neuf

Le quartier de la Cavalerie date du XIe siècle. A la suite du développement économique et urbain de la cité, il s'étend vers le nord et prend alors le nom de Bourg-Neuf. Il dépend de la puissante famille des Baux qui le dote bientôt de remparts. Les Templiers s'y installent vers 1140; une partie du quartier et la seule entrée de la ville toujours fortifiée, la Porte de la Cavalerie, gardent encore aujourd'hui le souvenir de cette présence.
Ce quartier joue pendant longtemps un rôle important en matière de commerce et d’artisanat. Au Moyen Âge de nombreuses auberges sont situées à proximité de la Porte de la Cavalerie et les immigrés arrivés du nord, surtout les Savoyards autour des années 1420 - 1450, s'y installent sitôt la porte franchie.
Le quartier subit une profonde mutation au milieu du XIXe siècle avec la création de la gare ferroviaire (1848) de la ligne Paris Lyon Marseille (PLM)[1], travaux qui vont structurer profondément l'urbanisme nord et est de la ville.
Bombardé en 1944, le quartier se transforme à nouveau : dans sa partie sud épargnée (partie Portagnel, en référence à la porte Agnel), on y retrouve la trame ancienne, avec les ruelles bordées de maisons étroites, la place Voltaire et l'église Saint-Julien; dans sa partie nord (partie Cavalerie, en référence à la commanderie des Templiers), aux abords de la place Lamartine [2] à proximité de laquelle se trouvait la Maison Jaune de van Gogh, place désormais transformée en rond-point, on observe les reconstructions de l'après-guerre. Au nord, les ponts supportant les voies de chemin de fer marquent la frontière avec le quartier du Trébon / Montplaisir.
[] Les quartiers périphériques
Au nord : les quartiers du Trébon et de Montplaisir

Le Trébon[3], au nord d’Arles, est dès l’antiquité une terre agricole. Au XIIe siècle, il s’urbanise à proximité immédiate de la ville et bénéficie au XVIIe siècles des travaux d’assèchement du hollandais Jean Van Ens. Le quartier se peuple ensuite lentement et ce n’est qu’après 1960 que le quartier trouve sa physionomie résidentielle actuelle, avec un important parc d’habitat collectif.
Le quartier voisin de Montplaisir, situé au nord-est d’Arles, a lui aussi connu un développement relativement tardif, essentiellement rural. Il n’est loti qu’à partir du début du XXe siècle, principalement avec de nombreuses résidences pavillonnaires et doté dans les années 1960, de plusieurs équipements (église, école, cimetère).
Aujourd’hui, ces deux quartiers sont complétés au nord de l’agglomération par une vaste zone industrielle. Au recensement de 1999, avec plus de 9 000 habitants, ils représentent environ un quart de la population urbaine de la commune d’Arles.

A l'est
- Les Alyscamps/Bigot
- Mouleyrès/Griffeuille
Au sud
- Chabourlet
- Barriol/Plan-du-Bourg
- Fourchon
A l'ouest, sur la rive droite du Grand Rhône, à la tête du delta et de la Camargue.
[] Les campagnes arlésiennes
Les campagnes arlésiennes sont très étendues et représentent la majeure partie du territoire communal. Elles sont organisées en quatre ensembles naturels bien distincts :
- au nord, la plaine du Trébon et les Alpilles,
- à l'est, la Crau,
- et au sud, la Camargue dont la commune d'Arles possède la plus grande partie de la superficie (avec les Saintes-Maries-de-la-Mer, deuxième plus vaste commune de France métropolitaine, moitié moins étendue qu'Arles).
[] La plaine du Trébon
[] Les Alpilles
Les Alpilles arlésiennes, qui correspondent au sud de ce petit massif, commencent à partir du monastère de Montmajour, bâti sur un ilôt surplombant une plaine marécageuse asséchée à plusieurs reprises sous les romains, au Xe siècle puis au XVIe et XVIIe siècles et enfin au XIXe siècle. Elles longent du nord à l'est, les villages de Fontvielle, avec le moulin de Daudet, du Paradou, de Maussane-les-Alpilles et de Mouriès.
Il s'agit essentiellement d'une zone rocailleuse vallonnée avec un habitat clairsemé, principalement orientée vers le tourisme et des productions agricoles comme les plantations d'oliviers.
[] La Crau
La Crau est une zone alluviale constituée par la Durance avant que celle-ci ne soit capturée par le Rhône vers 70000 av JC, située à l’est d’Arles et s'étend jusqu'à l'étang de Berre.
La Crau arlésienne comprend les villages de Pont-de-Crau, Raphèle et Moulès et jouxte à l'est la commune de Saint-Martin-de-Crau. Elle s’étend sur environ 20.000 hectares de terres agricoles consacrés aux cultures maraichères et frutières, à la production de foin AOC et à l'élevage ovin.
L’importance des cultures fruitières (environ 3.000 hectares de pêchers et d'abricotiers ) et maraîchères, la plupart sous serres, classe ce territoire parmi l’une des principales régions européennes exportatrices de primeurs.
Le foin de Crau, qui bénéficie d’une AOC, contribue également à la renommée du territoire d’Arles-Crau. 100.000 tonnes y sont produites annuellement sur environ 13.000 hectares de prairies.
La Crau depuis toujours terre pastorale, élève aujourd’hui plus de 100.000 moutons qui transhument chaque année de la plaine vers les alpages. La race ovine la plus répandue est le Mérinos d'Arles. La renommée de l'agneau Crau-Alpilles tient à son mode d'élevage : en plein air, à l'herbe et aux céréales produites sur place.
[] La Camargue
La Camargue arlésienne, terre deltaïque, dépend administrativement du canton-ouest de l'arrondissement d'Arles. Elle s'étend environ sur 40.000 hectares du nord au sud-est du delta du Rhône et sur la rive gauche du Grand-Rhône. Elle est limitée au nord et à l'ouest par le Petit-Rhône, au sud par la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, le Vaccarès, la Méditerranée et la commune de Fos et à l'ouest par le canton-est d'Arles (la plaine de la Crau). Elle comprend les villages de Gimeaux, Saliers, Albaron, Le Paty, Gageron, Mas-Thibert, le Sambuc et Salin-de-Giraud.
Véritable île, seuls cinq ponts et un bac la relient au Languedoc et au reste de la Provence : le pont de Saint-Gilles, les deux ponts de Fourques et les deux ponts d'Arles au nord, et le bac de Barcarin au sud.
En raison des risques d'inondation, son habitat est clairsemé, constitué principalement de mas et de quelques villages pour la plupart très anciens batis sur les ségonaux ou des buttes artificielles datant généralement de l'époque romaine. L'agglomération la plus importante Salin-de-Giraud, la seule à avoir une vocation industrielle, est récente : elle n'a été créée qu'en 1856 pour loger la population exploitant les salins.
Pendant longtemps, de l'époque grecque au XVIIIe siècle, les arlésiens y construisent des tours pour contrôler le commerce et les navires remontant les bras du Rhône.[4]
La Camargue arlésienne est structurée du nord-ouest au sud-est en fonction de la nature des terrains et de leur salinité. On trouve ainsi des terres céréalières, maraichères et d'élevage, des rizières, des zones marécageuses et des salins.
Des efforts sont faits pour labelliser et qualifier les productions de Camargue. L’AOC Taureau de Camargue reconnaît la qualité de la viande des taureaux élevés dans le delta. Malgré les difficultés récentes, la filière riz (11.200 ha sur la commune d’Arles en 2003) se développe grâce à une nouvelle usine réalisée par Sud Céréales en 2005.
Le village de Salin-de-Giraud et ses salins, avec Solvay et le groupe Salins est le pôle chimique d'Arles. Le groupe Solvay est spécialisé dans la production de carbonate de chaux et de principes actifs pharmaceutiques. Le groupe Salins extrait chaque année presque un million de tonnes de sel destinés à l'alimentation humaine, animale ou à l'industrie chimique[5].
Contrairement à la commune voisine des Saintes-Maries-de-la-Mer, la Camargue arlésienne n'a pas encore des activités touristiques très développées. En effet, elle ne bénéficie ni d'un village littoral ni d'accès très aisés à la mer [6]. Pourtant, sa plage dite d'Arles reçoit un tourisme populaire et le site de Beauduc, composé de cabanes construites illégalement [7], quelques résidents à l'année et des estivants locaux. Cet isolement toutefois a été un argument essentiel lors de la création du Parc naturel régional de Camargue, qui attire avec les marais environnants les amateurs ornithologistes.
L'avenir économique de cette région dépend de l'aménagement de la Camargue : la gestion des ressources, notamment de l'eau douce du Rhône entre des acteurs aux intérêts parfois opposés (producteurs de riz et exploitants des salins, par exemple), en sera un défi majeur.
[] Économie
[] Les activités
L'économie arlésienne, favorisée dès l'Antiquité par la proximité du Rhône puis par la ligne ferroviaire Paris-Lyon-Marseille (PLM) créée au milieu du XIXe siècle, n'a pas bénéficié dans les années 1960 des grandes politiques d'aménagement comme Fos à l'est et le littoral languedocien à l'ouest. De plus, elle reste à l'écart du nouveau tracé TGV Paris-Marseille qui passe par Aix. Toutefois, située au carrefour des axes rhodanien et méditerranéen, la ville offre un potentiel très diversifié à conforter.
Arles, troisième ville des Bouches-du-Rhône, n'est avec 18.640 emplois[8] que le cinquième pôle d'emploi du département. Les emplois arlésiens sont en grande majorité des emplois de services : les services représentent en effet plus de 75% des emplois. L'agriculture intensive et l'industrie en difficulté n'offrent de leur côté qu'un peu plus de 4.000 emplois salariés. Depuis 1999, l’emploi salarié privé progresse plus rapidement.
Dans le cadre de son développement, Arles a participé en janvier 2004 à la création de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette. Cette communauté peuplée de 75.939 habitants (recensement 1999) regroupe outre Arles, 4 autres communes : Boulbon, Saint-Martin-de-Crau, Saint-Pierre-de-Mézoargues et Tarascon.
[] Agriculture
L’agriculture de la commune d’Arles constitue un support pour de nombreuses activités industrielles. Elle bénéficie de conditions climatiques exceptionnelles (300 jours d'ensoleillement annuel) et d’un savoir-faire hérité d'une longue tradition.
Elle se caractérise par la traçabilité de sa production (ce qui lui permet d'être dès aujourd'hui en phase avec les attentes des acteurs de la chaîne alimentaire soucieux de sécurité), le choix de la productivité avec des cultures intensives en Camargue, au nord de la cité entre Arles et Tarascon et en Crau du côté de Saint-Martin-de-Crau et le choix de la qualité par des AOC (Foin de Crau, Taureaux de Camargue) et une IGP (Riz de Camargue).
Elle s’organise principalement autour des productions suivantes : les fruits et légumes, le riz et les céréales, le foin de Crau, la viande (taureaux, ovins), la transformation et la conservation.
Arles dans le cadre de la Communauté d'agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette propose également des productions agricoles complémentaires telles que celles associées aux olives (olives, huiles) ou à la vigne de la vallée des Baux.
[] Industrie
Les activités industrielles d'Arles qui représentent environ 2.000 emplois salariés concernent principalement les secteurs de la chimie, des construction mécaniques, de la papeterie et des industries alimentaires.
[] Services
Les services représentent la majorité des emplois. Sous-préfecture, la ville offre plus de 2.600 emplois dans l'administration, et 4.300 dans l'éducation ou la santé. En tant que ville touristique, elle bénéficie également d'un équipement commercial conséquent qui propose plus de 2.700 emplois. Enfin presque 4.900 emplois sont liés aux autres services marchands : assurances, banques, activités immobilières…
Arles est le siège de la Chambre de commerce et d'industrie du Pays d’Arles. Elle gère le port fluvial d’Arles ainsi que le Palais des Congrès.
[] Démographie
[] Structure de la population
Voir analyse INSEE de 1999
En 1999, le recensement INSEE montre que la ville d'Arles est légèrement plus féminisée et plus agée que la moyenne nationale (respectivement 51,8% de femmes contre 51,4% et -8,8% de plus de 75 ans / 14,6% entre 60-74 ans- contre -7,7% de plus de 75 ans / 13,6% entre 60 et 74 ans-).
La population active ayant un emploi s'élève à 17.057 dont 7.320 femmes, ce qui montre un emploi fortement féminisé. Ces emplois situés à 78% dans la commune correspondent essentiellement à des emplois salariés (14.563). Globalement la population active ayant un emploi, et ce dans toutes les catégories, a diminué entre 1990 et 1999. En ce qui concerne les modes de transport, les arlésiens privilégient la voiture particulière (13.095), la marche à pied (1.861) et les deux roues (981). Un nombre important d'arlésiens (977) travaille sur le lieu même de leur résidence.
/… voir aussi structure socio-culturelle, niveau de formation .../
[] Évolution démographique
[] Évolution récente
Contrairement à certaines agglomérations voisines, la population d'Arles est restée pratiquement stable depuis 1975, reflétant ainsi la relative stagnation économique de la cité.
| 1962 | 1968 | 1975 | 1982 | 1990 | 1999 | 2005 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 41 932 | 45 734 | 50 059 | 50 513 | 52 058 | 50 500 | 52 600 |
| Nombre retenu à partir de 1962 : Population sans doubles comptes | ||||||
[] Évolution historique
- 310 : 12 000 habitants
- 420 : 40 000 habitants (voire 80 000 habitants)
- 1160 : 8 000 à 10 000 habitants
- 1200 : 10 000 à 12 000 habitants
- 1337 : 12 000 habitants
- 1440 : 5 000 habitants
- 1719 : 23 000 habitants
- 1721 : 14 000 habitants
[] Histoire
- Voir aussi : l'article détaillé sur l'Histoire d'Arles.
[] Avant les Romains
[] Avant le IIe siècle av. JC
Occupé dès le Xe siècle av. J.-C. par les Ligures, puis après la première migration celte par les Celto-Ligures, le site d’Arles est fréquenté par des commerçants méditerranéens, Rodiens, Phéniciens et Etrusques.
Avec la fondation de Marseille (600 av. J.-C.), les contacts commerciaux se transforment vers la fin du Ve siècle av. JC; la ville s'organise ainsi d'abord en emporion grec puis en colonie appelée Théliné[9].
Lors de la poussée celte du début du IVe siècle av. J.-C., la cité revient sous domination autochtone et reprend son patronyme d'Arelate [10].
La cité va dès lors entretenir des relations mouvementées avec sa voisine Marseille. Historiquement, les auteurs Polybe et Tite-Live situent le passage du Rhône par Hannibal (fin de l’été 218 av. JC) à proximité d’Arles qui participe peu après à la fédération des Salyens fondée vers 200 av.JC par une aristocratie locale s'opposant à la cité État Marseillaise.
[] Création de la Narbonnaise
Au cours du IIe siècle av. J.-C., Marseille lutte contre les Salyens et les peuples de la Provence orientale, d'abord seule (début du IIe siècle av. JC) puis avec l'aide de Rome (182 av. JC, 152 av. JC et 125 av. JC/122 av. JC). Arles subit des dégats importants de manière quasi-concomitante avec une importante crue du fleuve (vers 175 av. JC). Les quartiers périphériques méridionaux au sud de l’enceinte primitive sont alors abandonnés.
Après l'écrasement de la confédération en 122 av. JC, les Romains s'installent en Provence. Arles comme les autres cités de la Provence, à l'exception de Marseille se trouve probablement rattachée à la colonie de Narbonne fondée en 118 av. JC, bien que certains historiens incluent dès cette époque la cité arlésienne dans la zone d'influence de Marseille.
La Provence est rapidement aux prises avec des peuples du Nord de l'Europe qui battent les armées romaines à la bataille d'Arausio (Orange) en 105 av. JC. Pour interdire aux troupes barbares l'accès de l'Italie, le consul Marius intervient dans la région d'Arles où il fait creuser pour des raisons logistiques, un large fossé appelé Fosses Mariannes à l'embouchure du Rhône. Il écrase finalement les Teutons en 102 av. JC, puis les Cimbres en Gaule cisalpine en 101 av. JC. Après ces victoires, Marius abandonne l'usage de la nouvelle voie d'eau aux Marseillais qui étendent ainsi leur influence sur Arles, désormais port à la fois fluvial et maritime.
[] Epoque romaine
[] Fondation de la colonie
Au cours de la première moitié du siècle, quelques éléments archéologiques laissent supposer un nouveau repliement de l'habitat à la suite de plusieurs révoltes salyennes matées par Marseille et Rome.
La chance d'Arles survient lors de la Guerre Civile en 49 av. JC quand la cité soutient Jules César contre Marseille. En récompense de cette aide, la cité devient une colonie romaine (46 av. JC)[11]. Un moment compromise par l'assassinat de César qui permet à Marseille de remettre en cause cette création, la fondation trouve un nouvel élan grâce à Octave, le futur empereur Auguste. La titulature officielle de la colonie, formulée sous le règne d'Auguste, exprime cette filiation : COLONIA JVLIA PATERNA ARELATE SEXTANORVM.
A cette date, un plan d'urbanisme monumental est lancé portant sur l'aménagement de vastes espaces publics et la construction des trois édifices majeurs : le forum, l'arc du Rhône et le théâtre. La fortune initiale de la ville date de cette époque.
[] Arles gallo-romaine
Dès le début du Ie siècle, Strabon en 18 signale le rôle commercial de la cité[12] et un peu plus tard Pline l’Ancien[13] mentionne Arelate Sextanorum (Arles colonie des Sextaniens). Une voie romaine, déjà construite, unit Arles à Vienne et Lyon.
La ville bénéficie également d'un nouveau plan d’aménagement urbain à la fin du Ier siècle en raison de expansion de la cité liée au développement économique et commercial. Ce nouveau projet nécessite la modification du tracé nord de la première enceinte romaine pour permettre la construction des arènes dans les années 80.
Au IIe siècle, la ville s'enrichit avec la construction du cirque romain (vers 150) au sud-ouest de la ville. Le cœur de la cité est également remodelé et au sud le rempart est percé tandis qu'un quartier suburbain se développe dans le prolongement du cardo, et qu'un nouvel établissement thermal est créé. À Trinquetaille, sur la rive droite du Rhône, l'occupation limitée du Ier siècle se transforme en un vaste quartier résidentiel doublé d'un quartier artisanal et commercial.
Arles est aussi le centre d'une région agricole céréalière très importante qui exporte ses blés à Rome.
Si la légende chrétienne situe vers 220-240 la présence de saint Trophime le premier évêque d'Arles, l'existence de l'Église arlésienne est toutefois avérée dès 254 dans une lettre papale d’Étienne Ier.
La tradition historique (Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs) [14] rapporte également que les faubourgs de la ville auraient été incendiés et pillés peu après par des troupes barbares (Alamans) conduites par un certain Chrocus dans le contexte des invasions de la seconde partie du IIIe siècle[15], ce que semble confirmer l'archéologie[16]. Peut-être que des travaux de fortification, à l'instar de ceux entrepris dans de nombreuses cités[17] sont alors réalisés.
Le développement urbain ne reprend que sous Constantin, avec une nouvelle croissance politique et administrative. En effet, au début du IVe siècle, la cité devient la résidence favorite de l'empereur Constantin qui envisage un moment d'en faire une capitale d'Empire.
Ayant reconnu la religion catholique[18], cet empereur organise en véritable chef de l'église un concile dans la cité[19], le 1er août 314 pour y faire condamner le donatisme. Un autre suit en 353, à l'instigation de son fils Constance II, qui consacre le triomphe temporaire de l'arianisme. C'est de cette époque que datent les premiers sarcophages paléo-chrétiens arlésiens[20]. Dans son ouvrage recensant les 17 villes les plus importantes de l'Empire, le poète Ausone souligne également la richesse et le commerce de la cité.
A la fin de ce siècle (ou au début du Ve, selon d'autres sources), les Romains en font le siège de la préfecture du prétoire des Gaules qu'ils rapatrient de Trèves trop exposée sur les marches de l'Empire.
[] Arles, capitale des Gaules
/à résumer/
Après avoir transféré vers 403, la préfecture du prétoire d'Italie de Milan à Ravenne, l'administration impériale déplace en 407[21] celle des Gaules située jusque alors à Trèves sur Arles. La cité provençale connaît en conséquence une véritable renaissance un siècle exactement après Constantin Ier. En ce début de Ve siècle, Arles est au sommet de sa puissance : c’est une ville épiscopale, administrative, commerçante et fiscale. Sa population supérieure à celle de nos jours, aurait atteint d’après certains 80 000 habitants, ce qui en faisait alors la cité la plus peuplée de Gaule.
Toutefois, cette prospérité n’exclut pas les menaces d’invasions. Afin de les prévenir, un général romain Constantin III s’établit dans la cité en 407 jusqu'en 411. Il ambitionne de se faire reconnaître par l’empereur légitime Honorius qui, se sentant menacé, lui envoie en 411 une armée conduite par le patrice Constance. Après trois mois de siège, la ville se rend au cours de l’été et Constantin malgré une reddition négociée, est livré à Honorius et exécuté. Constance réside jusqu'en 414[22] dans la cité. Avec des forces militaires insuffisantes, il doit en effet faire à l'anarchie qui règne en Gaule et en Espagne avec des Wisigoths qui agissent en nomades [23]. Constance fait également le ménage à la tête de l'archevêché : l'évêque d'Arles Héros nommé par Constantin III est alors chassé, tout comme son collègue l'évêque d'Aix Lazare. À Arles, Heros est remplacé par l'ambitieux Patrocle (412-† 426).
Si Arles est une capitale, elle est aussi un évêché très influent. Les prélats d'Arles, conscients de l'importance de leur diocèse, sont sans cesse en conflit avec leurs collègues de Vienne ou de Marseille pour essayer d’asseoir la primauté de l’église d’Arles en Gaule. Ils y réussissent temporairement lorsque le 22 mars 417, Zosime qui vient d'accéder à la papauté élève l'Église d'Arles au rang de primatiale des Gaules en faveur de son évêque Patrocle. Toutefois ce privilège est de courte durée : il est annulé dès 418 par Boniface Ier, le successeur de Zosime.
Honorius renforce le rôle de la cité par un édit du 17 avril 418, reçu à Arles le 23 mai[24]: Arles est choisie comme lieu d'assemblée annuelle des sept-provinces, laquelle assemblée doit se tenir chaque année entre le 13 août et le 13 septembre, en présence du préfet du prétoire, des gouverneurs des provinces, des nobles revêtus de dignités officielles et des députés des curies. À cette occasion, l'empereur souligne l'importance commerciale de la cité : si avantageuse est la situation d'Arles, si grand le nombre des marchands qui s'y rencontrent, que l'on y apporte facilement les produits de tous les pays… Tout ce que les riches contrées de l'Orient, l'Assyrie délicate, l'Afrique fertile produisent de meilleur, tout cela se montre à Arles comme si la ville elle-même en était le pays d'origine.
À côté des chrétiens, la présence de juifs à Arles est attestée dès 425, lorsque l'empereur Valentinien III montant sur le trône de l’empire, fait parvenir un décret à Patrocle l’évêque de la cité et à Amatus le préfet des Gaules, dans lequel il stipule l’interdiction faites aux Juifs d’occuper des fonctions judiciaires, de servir dans l’armée et de posséder des serviteurs chrétiens. Cette présence est confirmée en 443 par les canons du concile tenu à Arles puis en 449 lors des funérailles de l'évêque Hilaire (429-449) (on entendit chanter les Psaumes en hébreu par les juifs d'Arles)
Sous l'épiscopat de cet entreprenant "moine-évêque", la ville se transforme. Le groupe épiscopal du IVe siècle est transféré du sud-est de la ville, vers le centre (actuelle place de la République) où la communauté chrétienne arlésienne commence la construction de la cathédrale Saint-Étienne qui deviendra plus tard Saint-Trophime. L'Église d'Arles, sans doute avec l’accord du pouvoir civil, n'hésite pas à piller les monuments romains en les utilisant comme carrières, comme par exemple le théâtre antique en raison de sa proximité avec la nouvelle basilique et de l'hostilité chrétienne aux comédiens. En 428, une anecdote rapporte à la fois la célébration annuelle du martyr de Saint Genès et l'écroulement du pont de bateaux d'Arles sous l'affluence des fidèles qui traversent d'une rive à l'autre « sans d'ailleurs, par miraculeuse protection, qu'il y eût de victimes » [25].
Au même moment, c'est-à-dire vers 430, apparaît le phénomène des habitations parasitaires, pour l'essentiel modestes, dans certains bâtiments et espaces publics. Deux hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène :
- La croissance de la population due au transfert de la Préfecture depuis Trèves et à l’installation d’administrations impériales,
- La recherche d’une protection améliorée auprès des remparts de la ville.
En effet Arles subit des assauts, en 425 quand le général romain Aetius oblige les Wisigoths à la retraite devant la cité, puis en 430. En 453, la cité est à nouveau attaquée par les Wisigoths qu'elle réussit à repousser grâce à la résistance et à la diplomatie de Tonance Ferréol, préfet du prétoire des Gaules[26]. Entre temps, au printemps 451, Aetius s’attarde à Arles pour obtenir des renforts pendant ses préparatifs contre Attila qu'il vaincra en juin devant Orléans, puis en septembre lors de la bataille des champs Catalauniques, près de Troyes.
[] La fin de l'Empire romain
/à résumer/
Après la mort de Aetius (454) et Valentinien III (455), les rois barbares fédérés ne sentent plus liés à l’Empire romain, et cherchent tous à agrandir leurs territoires. La ville d'Arles, pendant les vingt-cinq ans qui suivent, est ainsi mélée à de nombreux événements marquant la fin de l'Empire (455-480).
Le 9 juillet 455 à Arles (à Beaucaire, d’après d’autres sources), Avitus est proclamé empereur d’occident (455-456), avec l'appui du roi wisigoth Théodoric II. Mais cette action tourne court : ne pouvant se maintenir à Rome qu'il doit quitter à la suite d'un coup d’État, Avitus retourne se réfugier à Arles où après avoir rassemblé des troupes (il demande en vain l'assistance de Théodoric qui ne peut répondre à sa demande), il tente de reconquérir son titre en Italie. Lors de cette nouvelle campagne Avitus est capturé par le patrice Ricimer le 17 août 456, et bien qu'épargné (il est autorisé à devenir évêque de Plaisance le 17 ou 18 octobre 456), il craint toujours pour sa vie. C'est en essayant de trouver refuge en Gaule - probablement à Arles- qu'il périt assassiné quelques semaines plus tard.
Emblème de la richesse romaine, la cité continue de susciter de nombreuses convoitises. Elle est encore assiégée sans succès pendant deux ans (457-458) par le wisigoth Théodoric II et ne doit son salut qu'à l'intervention de l'empereur Majorien qui s'y installe dès 458. Il y réside jusqu'au printemps 461.
Les fastes romains se perpétuent alors : ainsi on signale des jeux du cirque organisés en janvier 461 par le consul Severinus en l'honneur de Majorien qui y prend part, et la même année, Sidoine Apollinaire souligne le luxe d'une réception chez un notable arlésien. Toutefois, la politique de Majorien se remarque par des mesures sociales, telles que des remises d’arriérés d’impôts, et elle essaie de limiter les accaparements de l’Église (captation d'héritage, mise au couvent des jeunes filles…), ce qui illustre les rapports de l'Église avec la société civile, y compris à Arles sous les épiscopats de Ravennius, Augustal ou Léonce. Sidoine Appollinaire nous dresse également une description du forum, encombré de colonnes et de statues et de l'atmosphère politique régnant alors dans la cité.
A partir de 471, les événements se précipitent. A cette date, l'empereur Anthémius essaye d'intervenir en Gaule pour contenir les Wisigoths en y envoyant une puissante armée. Son fils Anthemiolus en prend la tête, accompagné par trois généraux, Thorisarius, Everdingus et Hermianus. Ils rencontrent les troupes d'Euric près d'Arles où l'armée romaine est écrasée et tous les quatre tués.
Finalement, après avoir résisté à un nouveau siège en 472, la cité est prise par les Wisigoths en 473 ainsi que la ville de Marseille. Possessions temporaires, car après la cession de l'Auvergne aux troupes d'Euric, la Provence revient temporairement sous l'autorité romaine (475). A ce propos, il convient de souligner le rôle central de l'évêque d'Arles Léonce dans ces événements. Il participe, en effet, avec ses collègues évêques, Groecus de Marseille, Basile d'Aix et Fauste de Riez, aux négociations avec Euric à la demande de l’empereur Julius Népos. Les transactions ayant échoué, Euric poursuit ses conquêtes en se rendant d'abord maître d'Arles et de Marseille, et de là toute la partie de la Provence en deçà de la Durance au cours de l'année 476 (ou 480). Pour mémoire Euric, qui aimait la cité d'Arles, y meurt lors d'un séjour en novembre ou décembre 484.
Cette fin de siècle est marquée par le déclin d'Arles qui a vu ses campagnes dévastées et qui perd son rôle de capitale régionale (disparition du préfet du prétoire à Arles). Le réaménagement de la ville commencé dans les années 430, continue : au-dessus des cryptoportiques, un habitat prend possession du dallage du forum augustéen et il y a peut-être dès cette époque, un habitat dans les arènes comme au cirque. Ce déclin profite à Marseille qui connaît un regain d'activité, ainsi que le signale dès 475 Sidoine Appollinaire.
On peut donc dire qu'à la fin de ce siècle, la ville d'Arles et la Provence occupent sur le plan politique une position moyenne, voire de faiblesse. Elles vont ainsi devenir un objet de convoitise pour leurs voisins.
[] Haut Moyen Âge
[] La fin de la romanité
/à résumer/
Passée sous la domination du roi burgonde Gondebaud au plus tard en 499 ou 500, la ville repasse en 501 à l'occasion d'un conflit entre Francs et Burgondes sous le contrôle des Wisigoths; en effet, pour se défendre de son frère Godegisele et de Clovis qui l'assiègent à Avignon, Gondebaud doit s'allier avec le roi Wisigoth Alaric II qui profite de la situation pour récupérer la cité.
Après les Burgondes, les Francs associés et réconciliés avec Gondebaud et poussés par l'Église à intervenir contre les Wisigoths ariens, essayent à leur tour d'accéder à la mer. Ils font alors plusieurs tentatives pour s'emparer de la cité d'Arles :
- une première fois, par Thierry, fils de Clovis, (qui) après avoir remporté une victoire à Nîmes est battu près d'Arles, puis dans la plaine de Bellegarde probablement au début de 502 juste avant la mort de l'évêque d'Arles d'origine bourguignonne Eon, qui comme son successeur Cesaire rachète les prisonniers francs et burgondes aux Wisigoths,
- puis en 507-508, après la bataille de Vouillé et la mort du roi Alaric.
Lors de cette seconde tentative, la cité assiégée est secourue par les Ostrogoths de Théodoric le Grand. Après la libération de la ville, le roi Ostrogoth ravitaille les habitants, finance la restauration des remparts et prend la cité sous sa protection.
Les années 510-540 qui suivent correspondent à un période de tranquillité avec deux hommes illustres : le préfet du prétoire des Gaules Libérius (511-536) et l'évêque Césaire d'Arles (503-542), qui bien que suspecté à plusieurs reprises de trahison en raison de ses sympathies burgondes et franques, réussit à se justifier aussi bien devant Alaric à Bordeaux en 505 que devant Théodoric à Ravenne en 513.
Lors de ce voyage en Italie, Césaire reçoit du pape Symmaque le droit de porter le
